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5 raisons pour lesquelles la guerre contre Boko Haram pourrait s’éterniser

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Tue, 21 Jul 2015 Source: Esther Ayissi

Muhammadu Buhari le nouveau président nigérian s’était donné un mois pour éradiquer la menace terroriste Boko Haram, mais à ce jour la secte islamiste semble reprendre son souffle. Dans un sujet qui barre sa Une de ce mardi 21 juillet 2015, le quotidien Emergence note qu’aucun acte majeur n’a été posé hormis une tournée de Buhari dans les pays du bassin du Lac Tchad, un sommet à Abuja réunissant les leaders desdits pays et le déplacement du quartier général des opérations de lutte contre Boko Haram, d’Abuja à Maiduguri.

A en croire le journal une des premières raisons pour laquelle la guerre contre Boko Haram pourrait s’éterniser est l’illisibilité de la stratégie d’Abuja : « On a également vu que Buhari a limogé tous les hauts responsables des armées de terre et de l’air, dont le chef d’Etat major mais alors… On s’ étonnait déjà de ce que le président nigérian ait déclaré qu’il viendra au Cameroun seulement après la fête du Ramadan, comme si les terroristes allaient mettre leurs attaques en veilleuse. Eh bien, entre temps, ces gens ont commis des attaques kamikazes à Fotokol au Cameroun. Et la secte se porte toujours aussi bien, puisqu’elle continue de sévir ».

Autre raison, d’après une source de l’International Crisis Group (ICG) citée par le journal : « Le redéploiement de Boko Haram est lié à son adhésion à l’organisation de l’Etat Islamique qui leur a envoyé des conseillers militaires et un peu d’argent. Ensuite, depuis trois mois qu’ils sont en retrait, ils ont eu le temps de recouvrer une portion de leurs forces ».

S’ajoutent à ce renforcement des forces terroristes, plusieurs zones d’ombres sur le front nigérian. « Les éléments de Boko Haram qui reprennent les villes du Nigeria jadis conquises par les troupes tchadiennes ne sont pas des fantômes, mais des êtres humains identifiables.

Ce qui signifie que cette secte a aussi une face conventionnelle (…) Idriss Deby le président tchadien sur Afrique Media déclarait ne pas comprendre comment des gens (Boko Haram) aussi mal entraînés, parvenaient à semer le chaos », s’inquiète le journal.

Quatrième raison : la démarche des partenaires, qui ne manque pas de semer quelques doutes. « Tandis qu’on a besoin d’aide militaire, les Américains nous envoient des gilets pare-balles, souligne le journal. Hier encore, Paul Biya a reçu le général américain de brigade, Donald Bolduk, commandant du commandement des opérations Afrique des USA qui, tout en réitérant l’engagement de son pays à soutenir le Cameroun, a promis la fourniture des équipements, sans que la nature de ces équipements soit spécifiée ».

Cinquième raison d’un prolongement probable du conflit selon le journal : l’inefficacité des négociations souterraines. La même source de l’ICG confie ainsi au journal : « Oui, des solutions souterraines, il y en a, mais ce n’est pas nouveau. Même sous les prédécesseurs de Buhari et même contre le Mend et les Bakassi Freedom Fighters, il y avait des négociations souterraines.

Nous savons juste qu’Olusegun Obasanjo a conduit à deux reprises des négociations avec la secte, puis ça a été le Tchad ; les négociations ont souvent porté sur un possible cessez-le-feu ou soit sur une amnistie de Boko Haram. Sauf que c’est difficile car il n’y a pas de consensus sur Boko Haram à ce sujet ».

Auteur: Esther Ayissi