0

[ALERTE]: une nouvelle mutinerie en préparation à Kondengui

Kondengui Mutinerie1.png Une mutinerie s’est déclenchée à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui en juillet dernier

Sat, 16 Nov 2019 Source: Anonyme

Au lendemain de la mutinerie du 22 juillet dernier à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui, les médias et le gouvernement nous ont rabâché les oreilles avec des promesses fortes qui annonçaient des mesures en vue de décongestionner les prisons -l'une des principales raisons de la mutinerie est la surpopulation carcérale suivie des conditions de détention exécrables qui jusqu'aujourd'hui n'ont pas été résolues.

Sauf que après cette mutinerie sans oublier celle de Buea, nous avons mené des enquêtes et avons constaté que le respect des procédures judiciaires annoncé comme mesures prises par le ministère de la justice et le président de la République n'est juste qu'ici qu'une illusion, un leurre et une lueur. La surpopulation carcérale est toujours à son comble. L'absence de célérité dans les procédures judiciaires est patente. Rien n'avance en dehors des décrets présidentiel qui ont abouti à la libération de 333 prisonniers anglophones et certains militants du MRC.

Pour donner l'impression qu'on est en train de vider les prisons, les autorités ont plutôt procédé au transferement des détenus. À la prison de Kondengui par exemple, au moins 50 personnes y sont écrouées par semaine contre au plus 10 qui sont libérées. À chaque mètre un détenu y est maintenu. Cette prison qui est censée contenir 800 personnes mais elle regorge jusqu'à présent plus de 5000 personnes. 80 % des détenus sont des prévenus c'est-à-dire des personnes qui attendent leur jugement en instance. D'aucuns y attendent depuis 3 ans, 5 voire 10 ans.

Tout ceci s'explique par le laxisme et la corruption des magistrats qui débouchent à la lenteur des procédures judiciaires. Par exemple, Paul CHOUTA, webjournaliste pour le compte du site d'information camerounweb.com est en détention sans jugement depuis 6 mois aujourd'hui pour le motif de diffamation dont la peine maximale est de 6 mois.

Le 08 octobre passé qu'il était supposé se rendre à son audience pour la 6ème fois au TPI centre administratif de Yaoundé, son affaire n'a été inscrite au rôle et il n'a pas été extrait de prison parce que, a dit le procureur, son dossier physique se trouvait à la cour d'appel. Or selon nos sources à la cour d'appel, son dossier y est arrivé le 28 octobre, soit 20 jours après le jour de l'audience. Cette affaire est ainsi classée sans suite.

Sur les 20% qui restent, 10% y sont en attente d'un jugement en cassation c'est-à-dire qu'ils attendent un verdict de la cour suprême qui intervient en dernier lieu après le jugement en instance et un recours en appel. Ils sont nombreux dans ce registre.

C'est le cas par exemple de l'ancien secrétaire d'Ètat auprès du Ministre des travaux publics en charge des routes, Paulin ABONO. Depuis près de 8 ans aujourd'hui, après avoir obtenu en appel la réduction de sa peine de 30 ans d'emprisonnement ferme suite à une condamnation du 19 mars 2008 au TGI de Bertoua à 12 ans, il a introduit en 2012 un pourvoi en cassation à la cour suprême qui est resté sans suite depuis près de 8 ans aujourd'hui. Dans 4 mois il aurait purgé la peine de 12 ans d'emprisonnement ferme.

Au regard de tous ces griefs sus cités, des prisonniers envisagent d'ici entamés de nouvelles mutineries qui seront plus révélatrices que les précédentes. Le Ministre de la Justice et la présidence de la république sont ainsi interpellés avant que le pire n'arrive.

Auteur: Anonyme