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Afrique Média : Miel succulent des uns, quinquina des autres

Mon, 10 Aug 2015 Source: Leon Tuam

La chaîne de télévision panafricaine Afrique Média dont les locaux de Yaoundé viennent d’être scellés et certains de ses journalistes suspendus, ne cesse d’être l’objet d’admiration et d’adoration et en même temps d’attaques soigneusement organisées et coordonnées de l’extérieur et de l’intérieur de la part des étrangers comme des Africains.

Face à un monde où des agresseurs puissants bien outillés utilisent des medium et journalistes sans âme qui désinforment et se prostituent de façon éhontée, face à ces agresseurs qui mordent ou qui pour mordre sont les premiers à s’ériger en victimes, Afrique Media est venue et devenue l’arme nucléaire africaine qui effraie l’occident maffieux et ses pantins africains.

Nous sommes arrivés à une époque dans le monde où ce sont les justes et les victimes qui sont interpelés de justifier leurs actes. Les injustes quant à eux, pour ne pas dire les criminels, ont toujours des justifications déjà bien préparées pour endormir les peuples sur leurs crimes. Et le plus souvent, ces derniers sont moins blâmés, tandis que les justes vont être châtiés.

C’est exactement ce qui se passe dans cette affaire Afrique Media. Des pantins locaux joignant leurs voix, actes et bénédictions à ceux des oppresseurs extérieurs trouvent que les plus malhonnêtes et criminels sont Afrique Media et ses journalistes. Ils croient que ces derniers sont racistes et incitent à la haine quand ils dénoncent leurs crimes et escroqueries.

Pour ces traîtres à l’Afrique, il faut fermer la bouche, fermer les oreilles et les yeux pour laisser agir ceux qui, pour le contrôle des richesses et tapis à l’ombre, font enlever, violer et massacrer des Africains au Mali, au Soudan, au Tchad, au Niger, au Nigéria, au Cameroun, aux Congo, en RCA, etc.

Pour ces derniers, les medium occidentaux et leurs journalistes sont parfaits. Ils ne disent que la vérité. La vérité sur les massacres des africains ; la vérité sur la Traite Négrière, sur l’esclavage et la colonisation occidentale en Afrique ; ils ne disent que la vérité sur les guerres des Soudan, des Congo, de la Libye, de la Côte d’Ivoire ; la vérité sur les guerres d’Iraq, du Yémen, de la Syrie, de la Palestine.

Ils ne disent que la vérité sur l’Ukraine et sur les raisons de la pauvreté qui dans ce monde si riche humilie et réifie l’immense majorité des populations de tous les continents du monde. Ils ne disent que la vérité sur la ponction

barbare des richesses des autres peuples, la vérité sur le FCFA et la Françafrique. Ces medium et journalistes occidentaux ne disent que la vérité, la vérité. Woï ! Ces medium et journalistes occidentaux font bien leur travail. N’est-ce pas, pantins africains ?

Mais je l’ai dit et redit dans mes écrits. C’est une grosse erreur et même un crime de la part des Patriotes africains de ménager les Africains qui sont traîtres au continent. Si l’Afrique veut vraiment se libérer et être souveraine, elle doit traiter ses traîtres et fossoyeurs comme Paris, Washington, Londres, Pékin, Tel-Aviv, Moscou, etc. traitent les leurs.

Ces jours, ces esprits taris d’inspiration qui ne peuvent se faire lire qu’en pondant des épîtres contre Afrique Média sont des Traîtres à l’Afrique ; ceux aussi qui font fermer Afrique Média sont de grands traîtres à l’Afrique.

Combien de fois a-t-on vu fermer France24, BBC, CNN, TV5, etc. pour leurs conduites et mensonges qui ont mis tant d’âmes au tombeau et orchestré tant de souffrances et pauvretés dans le monde ? Les valets africains ne veulent donc pas que l’Afrique frappée et humiliée pleure ! Pauvres Africains que l’Histoire n’assagit jamais !

Je ne veux pas ici blanchir Afrique Média ; je ne veux pas dire que je suis entièrement d’accord avec cette chaîne panafricaine, surtout quand elle fait la part trop belle aux gens comme Paul Biya. Mais Afrique Média reste un grand monument africain ; elle demeure l’arme de guerre la plus efficace jamais connue et expérimentée dans la lutte pour la libération de l’Afrique.

Ancien étudiant du Parlement Estudiantin du Cameroun des années 1990s, je me reconnais, tout comme la majorité écrasante d’anciens Parlementaires, dans cette lutte que mène A.M. et ce pour ces quelques raisons :

Les leaders du Parlement avaient beaucoup travaillé en vue de regrouper nombre de syndicats estudiantins et scolaires d’Afrique autour d’une Centrale Panafricaine des Etudiants pour des actions d’ensemble dans les pays africains contre les oppresseurs et dirigeants-valets locaux, mais s’étaient heurtés à un moment à l’opposition des leaders étudiants comme Guillaume Soro.

Ces Parlementaires prônaient le boycott des produits français et d’autres pays occidentaux qui soutenaient les dirigeants-valets leur permettant de continuer de vassaliser et piller le continent. Ils voyaient aussi en des religions importées un danger pour l’Afrique, si à la longue elles n’étaient contrôlées et contenues.

Ils encourageaient les Camerounais de songer à n’importer et consommer que des produits qui leur étaient nécessaires et n’avaient pas de substitutions sur place. C’était une tâche ardue et difficile parce que l’Internet et le téléphone mobile n’étaient pas à leur portée.

Ces jeunes-là se battaient aussi pour la refonte du système éducatif au Cameroun et en Afrique, se battaient pour l’érection au Cameroun et en Afrique des grandes universités et Ecoles bien équipées et répondant aux réalités et besoins du continent, et surtout des hôpitaux de référence où toutes les maladies pouvaient être soignées. C’est au fort de leur lutte que précipitamment se créèrent certaines universités camerounaises actuelles.

En conclusion, Afrique Média est en train de mener le véritable combat de la libération africaine ; un combat où se reconnaît l’Afrique continentale et diasporique consciente et patriote. C’est un combat courageux, noble, dur, dynamique et louable requérant assez de pragmatisme et que nous devons soutenir, faisant fi des jactances et médisances de certains hiboux qui, pour des miettes, veulent voir l’Afrique sempiternellement à genoux.

Afrique Média est arrivée au stade où ni la marche-arrière ni l’arrêt ne sont plus possibles. Elle n’a qu’un choix : Avancer, et avancer ; marcher gaiment sur les cailloux et épines qu’on met sur son chemin pour rendre plus coriaces ses talons car, ses ennemis ne vont pas reculer. Ce sont des pointes de fer qu’ils préparent, et elle les piétinera et les écrasera pour continuer sa marche glorieuse.

Cette décision traitresse qui frappe Afrique Media doit être rapidement levée. Le régime de Paul Biya doit savoir qu’en la suspendant, il se jette lui-même une épaisse nuit sur la face et donne l’occasion aux forces de régression aux aguets de le happer rapidement et l’ingérer.

Hors, les Camerounais avertis soupirent après un Cameroun du futur aux mains des dirigeants patriotes progressistes et souverainistes. Le Cameroun sera le cimetière des oppresseurs extérieurs

Auteur: Leon Tuam