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Cameroun en urgence: Où est notre plan vigipirate ?

Opinion Icon Feature

Tue, 28 Jul 2015 Source: Bazou Batoula

De mes souvenirs des bancs lycéens du Kameroun, le prof disait que la réflexion devrait toujours précéder l’action. Face aux attentats perpétrés sur le sol camerounais, nous constatons que des mesures drastiques viennent d’être prises pour répondre à cette menace. L’interdiction du commerce ambulant en est un exemple.

Le commerce ambulant est une activité informelle qui occupe, nourrit et fournit d’autres services à la communauté économique nationale. C’est qu’on le veuille ou non un dossier « structurel » à notre économie. L’interdire en situation « conjoncturelle », il faut le noter me reste au travers de la gorge.

Mais, comme on dit, ils ont sûrement mesuré l’impact de cette mesure sur l’abdication de cette nébuleuse. J’ai dit « mesuré », mais par expérience dans notre cher Cameroun, ne nous y trompons pas : On n’a jamais été intéressé par les mesures.

Voilà bientôt deux années que le pays est attaqué de l’extérieur. Donc, le minimum est de penser qu’il peut y avoir réplique des gestes de la secte d’ailleurs à ici. Si une attaque survient, il y a donc une réponse à celle-ci. Une sorte de mécanisme de gestion de crise sécuritaire avec des degrés et des déclinaisons divers.

Dans certains pays, on a même gradué les niveaux de menaces (faible, sérieux, critique) ou (jaune, orange, rouge). Et à chaque grade de menaces suit automatiquement une déclinaison d’ordre sécuritaire en signe de réponse. Peut-on me dire qu’en deux anneés, le Cameroun est subitement étonné d’être attaqué par un attentat ? Qu’est ce que ces experts de la gendarmerie Française ont foutu au Cameroun s’ils ne peuvent pas répliquer chez nous leur système de gestion de risque sécuritaire ?

On dit qu’il y a attentat, mais on constate que des gens ont des torches, que les phares des véhicules et motos éclairent les lieux « carrefours ». Oui vous me voyez venir, ENEO fait partie des entreprises qui faciliteront les attentats au Cameroun, car autant la nuit est la période du diable, autant ENEO allonge cette période au propre comme au figuré.

Lorsqu’un pays est touché, j’ai vu à la télé le chef de ce pays monter très vite au devant de la scène pour rassurer, pour consoler, pour menacer. Je préfère penser que le Président du Cameroun est dans une sorte de stratégie dans sa communication de grave crise. Car comme tout citoyen en ces moments difficiles, comme tout enfant de Maroua, je suis en droit de regarder mon Chef, mon Père et lui dire « Papa Président, sauve moi ». J’espère qu’il ne me décevra pas.

A la suite des mesures prises, je crois qu’il faille urgemment ré-allumer les lampadaires dans nos rues et dans nos villes. Je crois que le Chef de l’Etat doit sortir de son silence pour parler au Peuple. Sa place n’est pas en arrière, mais bien au devant.

Je crois que s’il n’y a pas encore au Cameroun un Système structuré de Gestion de Crise Sécuritaire, il n’est pas tard pour le mettre sur pieds le plus rapidement possible et sortir très vite de l’amateurisme qui nous caractérise. Enfin, trouver les points de chutes pour tous les Camerounais que les mesures urgentes vont de facto mettre en situation de précarité.

Pour le reste, nous devons nous aussi apprendre à vire avec la menace, avons-nous d’ailleurs le choix ? Peuple de Maroua, Peuple du Cameroun, puissions nous trouver de la force pour contenir nos colères, pour panser nos plaies, pour s’auto-protéger, pour s’auto-surveiller, pour porter un fardeau de plus, celui de la vie en situation d’insécurité. Courage !

Auteur: Bazou Batoula