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Chronique: la grandeur de l'humilité !

Ludovic Lado 'Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser'

Mon, 2 Sep 2019 Source: Ludovic Lado

Désormais, ma chronique de la semaine, reviendra sur quelques faits d’actualité à la lumière de la Parole de Dieu. J’en retiens deux pour la semaine qui s’achève : le phénomène DJ Arafat au niveau africain et la querelle des doctorats entre Camerounais.

En effet, quand je scrute la parole de Dieu de ce dimanche, elle est dominée par un seul mot : L’HUMILITE. Dans la première lecture nous lisons : « Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser…La condition de l’orgueilleux est sans remède ». Ç’est le conseil de Ben Sirac le Sage qui rajoute : « La condition de l’orgueilleux est sans remède, car la racine du mal est en lui. » Dans l’évangile, Jésus dit à ses disciples : « Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. » Voila les paroles de sagesse qui devraient humaniser notre existence au quotidien mais qui tombent souvent dans les oreilles de sourds. Qu’il s’agisse de la tragicomédie de DJ Arafat ou de la querelle des doctorats entre leaders d’opinion camerounais, le maitre mot c’est L’ORGUEIL, l’orgueil vide des vivants.

On pourrait en effet, au regard du passé de DJ Arafat, dire qu’il a été élevé dans son art de son vivant, car, en lui, « le pétrole du village est en effet devenu Kérozen » ; de zero, il est devenu un « héros » de la musique populaire en Afrique. Bref, il a été élevé de son vivant aux yeux des hommes et il est mort comme il a vécu. Mais, comme d’habitude, les vivants ont récupéré ses obsèques pour leur propre vaine gloire, sans honte. Que de vanités ! Obsèques ou théâtralisation des pathologies d’une société, tout est mélangé ! Tout est fini comme il fallait s’y attendre, par la profanation de son corps. De quoi se demander : tout ça pour ça ? Quand on se souvient qu’au pied de la croix de Jésus que tout le monde avait abandonné alors qu’il avait passé toute sa vie à faire du bien aux autres, il n’y avait que trois femmes et un homme, on comprend que les obsèques aux grandes foules en soi ne veulent rien dire. Une fois mort, les vivants font ce qu’ils veulent de vous, et surtout pour eux-mêmes, leur propre gloire. Tant qu’on est vivant, il faut se préoccuper de bien vivre, d’être humain. La manière de mourir et d’être enterré importe peu.

Quant à la querelle des diplômes, c’est un autre épisode de camerouniaiseries. C’est le comble de la misère africaine : la diplômite. La course aux diplômes inutiles. Si les diplômes pouvaient changer la face de l’Afrique, on n’en serait plus là. Au contraire, ce sont les docteurs et les agrégés qui minent l’Afrique. Voila un pays comme le Cameroun qui sombre, chaque jour qui passe, dans la violence et l’arbitraire. Pendant ce temps, ses fils et filles qui prétendent lutter pour le changement se préoccupent de qui est le plus diplômé. A la limite, on s’en fout. Diplômé ou pas diplômé, qu’est-ce que ça change à la situation au NO/SO du Cameroun. Comme nous le savons, ce qui plombe le combat pour le changement au sein de l’élite intellectuelle camerounaise, c’est aussi le nombrilisme qui se résume à ceci : qui est le plus grand ? Qui est le plus intelligent ? Qui est le plus diplômé ? Pendant ce temps, le régime Biya ruine le Cameroun ! Nos égos sont devenus plus importants que le Cameroun.

La véritable grandeur, c’est celle ceux et celles qui font du bien sans faire du bruit. Tous ces médecins qui sauvent des vies au quotidien loin des medias, ces enseignants qui font rêver leur élèves, ces mamans qui dans le silence portent la croix de leurs enfants, ces bienfaiteurs anonymes, etc. en effet, comme le dit l'évangile de ce dimanche, "Cela te sera rendu à la résurrection des justes." Ben Sirac le Sage est clair : « Qui est sensé médite les maximes de la sagesse ; l’idéal du sage, c’est une oreille qui écoute. » Le problème est qu’avec les réseaux sociaux, on n’a pas le temps de l’écoute. Tout le monde parle même si c’est pour ne rien dire. En effet, quand on ne sait pas se taire pour écouter, on ne sait pas parler! Bonne semaine à tous et à dimanche prochain!

Auteur: Ludovic Lado