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Comme Nganang, il y a 7 ans Mboua Massock luttait pour le départ de Biya

Le Nationaliste Mboua Massock Mboua Massock ma Batalong

Thu, 15 Feb 2018 Source: Juliette.abandokwe.over-blog.com

Rencontré après sa déportation, le rebelle moral parle de son combat. Il exige le départ de Biya avant 2011.

“Je ne marche pas contre la modification de la Constitution. Mais je marche pour le départ de Paul Biya. Qu’il parte du pouvoir parce que c’est lui qui favorise la corruption, la gabegie, les détournements des deniers publics. Alors pourquoi attendre 2011 ? Il faut qu’il parte maintenant ”, a révélé dimanche dernier, 17 février, Mboua Massock ma Batalong qui a reçu le reporter du Messager dans un des salons du “ Pavillon du devoir national ”, son domicile à P.K. 13 à Douala. “ J’ai vu un capitaine de gendarmerie boxer mon fils. C’est regrettable. Qu’on me trouve un autre pays alors si on ne veut plus me voir à Douala ou au Cameroun. Parce que je ne comprends pas que quand Paul Biya parle, les gens applaudissent et quand moi je veux parler on m’empêche, on m’arrête et me jette dans la forêt à une centaine de kilomètres de la ville. Nous sommes pourtant cohéritiers de ce pays. Faï Yengo Francis est qui pour supprimer les libertés aux Camerounais jusqu’à nouvel avis ? Qu’il soit alors rassuré d’une chose. Je ne suis pas contre Paul Biya. Mais c’est Paul Biya qui est contre moi. Car je ne développe que des thèses nationalistes et les vrais patriotes qu’ont été Um Nyobe, Moumié, Ouandié et autres ”, confie-t-il.

Mboua Massock ma Batalong n’est pas à sa première initiative. On lui attribue “ l’opération de réveil et de résistance du peuple ” baptisée “ Villes mortes ” basée sur la désobéissance civile et civique afin d’exiger l’expression démocratique au Cameroun, en 1991. Le 16 novembre 1995, il a rendu public un plan d’actions de résistance pour la “ naissance d’une nouvelle république ”. Entre autres, il demandait aux Camerounais d’exiger qu’il soit inscrit dans la Constitution que les maires et gouverneurs soient élus par des élus locaux afin de gérer en toute indépendance les localités et les régions ; que la Constitution soit approuvée par référendum et qu’il y ait également un gouvernement consensuel de l’espoir pour conduire la transition, c’est-à-dire la mise en place des structures constitutionnelles nouvelles. L’adoption d’un calendrier électoral complet et d’un véritable code électoral, ainsi qu’une bonne révision de la liste électorale et de la baisse du prix du pain à 85 Fcfa (celui-ci était passé de 100 à 150 Fcfa), faisaient également partie de ses exigences.

Toujours en lutte pour la libération

Après l’adoption de la Constitution par l’Assemblée nationale et sa promulgation par le chef de l’Etat le 18 janvier 1996, Mboua Massock ma Batalong commet le “ Livret du combattant n° 0003 ” en février 1996 pour attirer l’attention du peuple camerounais sur le fait que depuis 36 ans (1960), le Cameroun a déjà changé 4 fois sa Constitution. L’auteur de cette brochure de 56 pages faisait observer au peuple camerounais que la nouvelle Constitution comporte des articles qui lui sont défavorables. Il engageait alors les Camerounais à exiger l’application sans délai des prescriptions favorables au peuple, et d’exiger la suppression des articles négatifs. Le 15 janvier 2000, Mboua Massock ma Batalong initie et engage le “ Grand-pas-du Millénaire ”, une marche à pieds de près de 3 000 Km à travers 7 des 10 provinces du Cameroun, en 9 itinéraires, 22 tronçons et 90 trajets. Il entendait, au cours de ce “ pèlerinage populaire ”, visiter des sites historiques de l’expression du nationalisme camerounais, honorer la mémoire des patriotes, sensibiliser la population sur les concepts de paix et de non-violence. Il s’agissait également de créer une nouvelle synergie de développement de la conscience nationale dont l’un des fondements est la participation de tous à la construction d’un Etat-nation. Il ne réalisera pas ce projet jusqu’au bout. Il fut arrêté à Boumnyebel.

Malgré ces intimidations, pour Mboua Massock ma Batalong, la lutte de libération du Cameroun continue. Il vient de le faire savoir dans une “ Lettre ouverte à ma tribu ”. Dans cette correspondance rédigée le 4 février 2008, le rebelle moral pense que le Cameroun est divisé en deux tribus distinctes : la tribu des riches ou peuple de privilégiés et la tribu des démunis ou du peuple victime. Son combat actuel est placé sous le signe de la lutte des classes.

“ Pour la tribu du peuple victime, le débat sur la révision ou non d’une quelconque Constitution loin d’être sans intérêt, n’est que secondaire ; l’enjeu central pour nous étant l’urgence du changement, ici et tout de suite, … ” Mboua Massock ma Batalong qui a inauguré une série de manifestations depuis le 16 février 2008, est formel. “ Que la solidarité de tous soit la garantie de la sécurité de chacun. Car celui qui veut du miel doit avoir le courage d’affronter les abeilles ”, scande-t-il.

Auteur: Juliette.abandokwe.over-blog.com