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Conférence anglophone: qui a réellemnt peur du Cardinal Tumi ?

Tumi Cardinal Camerounais A 24 heures de l’échéance, un flou persiste

Tue, 20 Nov 2018 Source: BEN OWAY

L’initiative

Au départ, il y a eu l’annonce du 25 juillet dernier. Ce jour là à Douala, le cardinal Christian Tumi qu’accompagnent le révérend George Babila Fochang de la Presbyterian Church in Cameroon, l’imam Alhadji Mohammed Aboubakar de la mosquée centrale de Buea et l’Imam Turkur Mohammed Adamu de la mosquée centrale de Bamenda, informent le public de la tenue, les 29 et 30 août d’une conférence générale anglophone pour la paix au Cameroun. Le but de ces assises est de faire taire les armes afin de trouver une solution définitive à la situation sociopolitique et sécuritaire au Nord-Ouest et au Sud-ouest.

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La déclaration commune

Dans leur déclaration commune, le cardinal Christian Tumi et les autres hommes d’église qui impulsent cette initiative, demandent au gouvernement de «créer des conditions favorables à la tenue de ladite conférence». Parmi ces préalables, il est question, entre autres, de la facilitation du retour des déplacés et des réfugiés de la crise anglophone, du dépôt des armes, tant par l’armée camerounaise que par les sécessionnistes, ainsi que de la libération de toutes les personnes arrêtées dans le cadre de la crise anglophone. S’en est suivie une levée de boucliers au sein de l’opinion publique. La presse a fait des choux gras pour dénoncer cette sortie « inopportune » en cette période de campagne électorale. Le cardinal Tumi étant soupçonné de rouler pour l’opposition politique. D’aucuns allant de le taxer de langue avec le mouvement sécessionniste qui réclame l’indépendance de la zone anglophone.

La fin de non recevoir

Le gouvernement par la voix de Issa Tchiroma Bakary, ministre de la communication porte parole va opposer une fin de non recevoir à ce projet. «on ne peut pas se permettre de placer au même niveau l’armée républicaine dont la mission régalienne est la protection des frontières de notre nation, de l’ordre républicain, des hommes et de leurs biens (...), qui aujourd’hui se bat et se déploie pour la protection de l’intégrité territoriale de notre nation, la mettre au même niveau que des bandes armées. Des terroristes qui tuent, qui égorgent, qui brûlent des écoles, qui commettent un crime imprescriptible : celui qui consiste à empêcher aux jeunes Camerounais, aux futurs dirigeants de notre nation d’acquérir des savoirs indispensables pour la gouvernance».

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L’incertitude

Finalement, la conférence sera reportée au 21 et 22 novembre après la tenue de l’élection présidentielle. Les unes après les autres, les réunions de préparation vont se succéder à l’évêché de Douala. Un budget de 32 millions sera voté. Et puis, on apprendra que le secrétaire de la conférence Simon Munzu, personne ressource et ancien fonctionnaire de L’ONU a démissionné. Motif : des menaces du mouvement séparatiste sur sa vie. Malgré son remplacement par Elie Smith, journaliste activiste, la situation va s’enliser. A la veille présumée de la conférence, le sujet va faire les manchettes de la presse. Graves menaces sur la conférence anglophone. Ou bien, la conférence anglophone renvoyée. Et pour cause, le double jeu de l’administration qui refuse de donner une autorisation écrite à la tenue de la conférence. Toute choses qui ont crées un émoi au sein de l’opinion « Il fallait s’y attendre, le pouvoir de Yaoundé a toujours redouté le cardinal Tumi en raison de ses positions contre l’establishment en place à Yaoundé » C’est logiquement que toute initiative prise par ce prélat n’est pas bienvenue.

Auteur: BEN OWAY
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