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Discours : l’imprévisible Biya a encore frappé !

Biyasilencieux Paul Biya a annoncé un dialogue national dans les prochains jours

Wed, 11 Sep 2019 Source: ESSOMBA ABENA Timothée

Un homme de patience, de tempérance et d’endurances, imprégnées, de spiritualité et d’humanité au séminaire puis au lycée général Leclerc ; un produit de la méritocratie républicaine fruit d’un parcours exemplaire dans les prestigieuses écoles françaises. Voilà mon Paul Biya. Après un séjour studieux et fructueux en France, il rentre au pays natal, bardé de diplômes, une Licence en Droit Public, un Diplôme de l’Institut d’Etudes politiques de Paris, un parchemin des Hautes Etudes d’Outre-mer et un Diplôme d’Etudes Supérieurs de Droit Public.

Pointilleux et méticuleux à l’ombre du Président Ahmadou Ahidjo, il va gravir une par une les marches du pouvoir. Chargé de Mission à la Présidence en 1962, Secrétaire Génal du Ministère de l’Education et de la Culture en 1965, Directeur du Cabinet Civil de la Présidence de la République en 1967, Directeur du cabinet Civil cumulativement avec ses fonctions de Secrétaire Général de la Présidence en 1968, Ministre Secrétaire Général de la Présidence en 1969, Ministre d’Etat Secrétaire Général de la Présidence en 1970, Premier Ministre en 1975, jusqu’au sommet de la Pyramide Président de la République en 1982.

Une longue marche de 20 ans !

Avant de franchir la dernière marche de cette échelle du pouvoir, Paul Biya échappe à un dernier piège byzantin. Le 04 novembre 1982 alors que le Président Ahidjo informe les Barons du Régime de son intention de démissionner, quelques heures avant son message à la Nation, des apparatchiks du pouvoir, inconsolables et incrédules demandent au successeur constitutionnel Paul Biya de conduire une délégation auprès du Président Ahidjo, pour qu’il revienne sur sa décision. Paul Biya dans une incroyable maitrise de soi, alors que le destin lui tend les bras accepte de conduire cette improbable équipe, où se côtoient, Charles Assale porte parloe, Hamadou Hayatou, Moussa Yaya, Sabal Eko. Peine perdue, Ahidjo est inflexible. Plus rien n’entravera la marche de l’histoire jusqu’au samedi 6 novembre 1982. Paul Biya prête serment, il a 49 ans.

D’une élégance raffinée, il porte beau, il est l’homme du renouveau. C’est le temps des jours heureux, hausse des salaires, recrutement des 1500, réinstauration de la démocratie, mais l’avenir et le passé s’entrechoquent.

L’état de grâce se tasse, c’est la montée des périls jusqu’à l’irréparable, la tentative de Coup d’Etat dans la nuit du vendredi 6 avril 1984, l’aventure tourne court, les loyalistes prennent le dessus, mais la trajectoire du renouveau en prend un sérieux coup. Le Cameroun panse ses plaies, on se prend à rêver des lendemains qui chantent, mais une crise économique impitoyable s’installe et contrarie les bons plans du Président, le pays n’a pas d’autre choix que de se livrer aux remèdes de Cheval du FMI. Le programme d’ajustement structurel et son lot de ‘’dé flattés’’ de ‘’désargentés’’ et de ‘’conjoncturés’’. D’autres nuages s’amoncellent, avec les vents d’Est qui soufflent sur les années de braise.

L’opposition qui rêve de changement s’empare de la rue, sort de véritables armes de destruction massive avec le cocktail explosif des villes mortes, de désobéissance civile, de carton rouge, de casses, le Cameroun danse sur un volcan. Le régime étouffe, mais Yaoundé respire, alors le Cameroun vie et le Renouveau survie à un ‘’chassement’’ avant l’heure. Même les chasseurs de lion finissent par être domptés. Le président Biya après avoir répondu « que la Conférence Nationale Souveraine est sans objet », très intelligemment, il a su imposé ‘’la tripartite’’.

Ce n’était pas une chose simple, mais il a pu rassembler énormément de gens et de groupes qui comptent, pour les convaincre que la tripartite était la solution. L’opposition était fortement opposée à la tripartite sous la forme présentée, mais Paul Biya a été suffisamment habile pour fracturer cette opposition. Paul Biya réélu le 11 octobre 1992 au terme de l’élection présidentielle la plus disputée jusqu’ici de l’histoire politique du Cameroun, s’engage donc à ré-enchanter les camerounais. Mais l’histoire balbutie ! Comme dans un mauvais rêve, le conflit de Bakassi éclate, les Conseillers de l’ombre se pressent, Paul Biya éconduit les va-t-en-guerre qui veulent une confrontation et ignore les caméléons qui lui proposent une négociation en tête à tête avec le Nigéria. Paul Biya préfère la ‘’force du Droit au droit de la force’’, en portant l’affaire devant la Cour Internationale de Justice, le 19 mars 1994.

Paul Biya Héros de la Résolution pacifique du conflit de Bakassi, a le triomphe modeste. D’autres se chargeront de lui rendre hommage. « Cet évènement de par sa nature, de par le résultat que l’on a obtenu, mérite que l’ensemble de la Communauté Nationale le salue et que nous ne laissions pas les autres exalter ce que nous même, nous avions su produire grâce au Chef de l’Etat, Son Excellence Paul Biya. Un Homme d’Etat qui a su déployé sa sagesse, sa patience, sa ténacité et resté permanemment sur la brèche jusqu’à ce que les résultats escomptés soient obtenus » dira alors le juriste, Pr Maurice Kamto. Bakassi retrouvé, le Président n’a pas de répits, il doit livrer une autre bataille qui transforme les finances Publiques en Tonneaux de Danaïde, la Corruption.

Paul Biya lui-même prêche pourtant par l’exemple, il n’a rien oublié du commandement du séminaire : « garde la règle et la règle de te gardera ». De nombreux disciples ne suivent malheureusement pas le bon exemple du Maitre, le peuple veut s’inviter au banquet des fruits de la croissance. Les émeutes de la faim éclatent 25 au 29 février 2008, il fait la part des choses, il met en garde les ‘’apprentis sorciers’’ qui veulent tirer les marron du feu et tance son gouvernement d’une question cinglante : « qu’avonsnous fait pour répondre aux aspirations légitimes du peuple camerounais » ? Le Président apporte une réponse, ce sera le Septennat des grandes ambitions, suivront les grandes réalisations.

Le Cameroun est transformé en un immense chantier, Port en Eaux Profondes de Kribi, deuxième Pont sur le Wourri, Barrage de Nlom-Pangar, axee lourd Garoua-BoulayeN’Gaoundéré, route Bamenda-Batibo, le pays se transforme à vue d’œil et semble lancé comme un train à grande vitesse vers son émergence. Et voilà que surviennent, un, puis deux, puis trois chocs, coup sur coup, la guerre contre Boko Harram, la chute des cours du pétrole, la crise dans les régions du Nord et du Sud-Ouest. C’est dans ce contexte que Paul Biya est réélu triomphalement le 7 octobre 2018, face à une opposition en ordre dispersé, trop sure d’ellemême et qui, commet l’erreur de se méprendre sur un sphinx d’une dimension supérieures. Biya est quelqu’un de bien formé sous plusieurs angles. Revenu en 1962 au Cameroun, après ses études et nommé chargé de Missions à la présidence, il va s’écouler deux décennies avant qu’il ne devienne Chef de l’Etat.

Et depuis qu’il est chef de l’Etat il s’est écoulé trois décennies. Donc en termes d’expérience politique, il semble que sur le marché national, il n’y ait pas mieux. Donc tout ceci peut expliquer le fait qu’il résiste aux épreuves, parce qu’il les comprend, parce qu’il sait les gérer, parce qu’il sait se projeter. 36 ans après, Paul Biya vogue vers un septennat des grandes opportunités. Et dire qu’on ne vendait pas chère sa peau. Lorsque qu’il accède au pouvoir en 1982, on ne lui donne pas 6 mois d’existence « même pas trois » dira lui-même. Comment ne pas croire, devant ces situations extrêmement difficiles que Dieu est derrière, l’homme définitivement du 6 novembre.

Auteur: ESSOMBA ABENA Timothée
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