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Ecole: faut-il séparer filles et garçons ?

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Mon, 5 Sep 2016 Source: BADJANG ba NKEN

Parmi les plus récurrentes, l’usage ou non du fouet à l’école, le renvoi ou non des filles enceintes, l’envoi ou non des enfants à l’internat, la réduction ou non du nombre de livres scolaires, le recours ou non à des répétiteurs, l’instauration ou non des cours de remise à niveau.

A côté de ces sujets, un débat qui avait cours, il y a quelques années, refait surface. Il s’agit de la séparation ou non des garçons et des filles à l’école. En d’autres termes faut-il encourager ou combattre la création des établissements scolaires unisexes ? Le débat sur la séparation ou non des filles d’avec les garçons à l’école paraîtra certainement absurde, voire insensé pour de nombreux jeunes Camerounais des régions francophones qui n’ont connu de la maternelle à l’université que des classes mixtes.

Il faut cependant jeter un coup d’œil dans le rétroviseur, dans l’histoire du Cameroun post-colonial pour se rendre compte que dans la partie anglophone du territoire national, tous les établissements scolaires secondaires créés avant 1962 étaient privés confessionnels et unisexe. 237online.com C’est le cas de Sasse College (catholique) et de Cameroon Protestant College de Bali créés respectivement en 1939 et 1949. Ces collèges étaient réservés aux garçons.

Queen The Rosary College Okoyong et Saker Baptist college, Limbe qui n’accueillaient que des filles furent respectivement créés en 1957 et 1961. C’est en 1962 avec la création du premier établissement d’enseignement secondaire public, Cameroon College of Arts, Science and Technology (CCAST) Bambili que l’on découvre dans cette partie du pays des classes mixtes. Dans la partie francophone du pays, on a également eu, dans le passé, certes dans une faible proportion, des établissements réservés uniquement à un sexe.

On citera entre autres le collège Liberman de Douala, le collège Vogt de Yaoundé et Saint Jean de Mbanga pour les garçons; le collège de la Retraite de Yaoundé, le collège Terrenstra de Bertoua, le collège Stinzi d’Obala, le collège Moderne de Douala et le collège Chevreuil de la même cité pour les filles. Le principal argument des partisans des établissements unisexe pour justifier leur choix est d’ordre moral.

Il faut, pensent-ils, laisser les garçons et les filles évoluer séparément au secondaire, pour éviter qu’ils ne soient constamment confrontés à la tentation. Car, c’est pendant qu’ils sont au secondaire qu’ils font généralement des crises d’adolescence et de puberté, alors qu’ils ne maîtrisent pas toujours les notions élémentaires pour se prémunir des grossesses non-désirées, des maladies sexuellement transmissibles (MST) et du Sida.

En les séparant à l’école, estiment les partisans des établissements unisexe, les garçons et les filles se consacrent mieux à l’essentiel, à savoir leurs études. Quant aux adversaires des établissements unisexes, ils soutiennent que cette pratique procède de l’hypocrisie. Selon eux, le fait de séparer garçons et filles à l’école ne règle aucun problème. Car, qu’ils soient du même établissement scolaire ou non, les élèves de sexe masculin et féminin finissent par se retrouver pendant les congés et vacances et peuvent, loin des regards des enseignants et parents, libérer leur libido et faire, par conséquent, ce qu’ils veulent.

Les partisans des lycées et collèges mixtes défendent l’idée selon laquelle il ne sert à rien de séparer les garçons des filles qui se sont côtoyés à la maternelle et au primaire pour des raisons morales. Et qu’il vaut mieux les préparer à faire face à l’avenir, en n’érigeant pas la sexualité en tabou. En d’autres termes, en les aidant à s’armer contre les MST et autres fléaux sociaux. A mieux réussir leur socialisation dans un monde de plus en plus complexe.

Auteur: BADJANG ba NKEN