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Et si le kidnapping de Batibo était une mise en scène ?

Marcel Namata Diteng Souspréfet Marcel Namata Diteng, Sous-préfet du département de Momo

Sun, 11 Feb 2018 Source: Max Dominique Ayissi/Ebugnti

Ce dimanche 11 février, aux environs de 10h30, un groupe d’hommes armés a attaqué la place des fêtes de Batibo. Enlevant le sous-préfet et son chauffeur et tuant trois gendarmes.

Ebugnti a appris ce soir que les deux hommes avaient été libérés, sans en connaître ni le contexte ni les conditions. Un heureux dénouement en somme, en attendant la confirmation de cette liberlibér.

Au-delà de l’émoi et la colère qu’un tel « exploit » a pu provoquer chez les camerounais et le moral des forces de sécurité, l’on est en droit de se demander dans quelles conditions de sécurité une telle déculottée des forces de défense camerounaises a pu se produire.

Comment est-il possible que l’on ait préparé un tel événement public dans le contexte actuel sans envisager ce scénario et donc prévoir un dispositif sécuritaire adéquat ?

D’où sont sortis les hommes armés pour prendre aussi facilement d’assaut une place des fêtes ? Quand on sait que ces sites sont choisis de manière stratégique, très souvent au cœur de la ville avec un maximum de visibilité en termes de sécurité.

Dans l’environnement particulier du Nord-ouest et le contexte du terrorisme sécessionniste, comment les accès à un lieu événementiel de cette sensibilité ont-ils pu ne pas être sécurisés ?

Était-ce un déficit de personnels et comment cela peut-il se justifier ? À moins qu’il ne s’agisse d’un autre type de défaut tout aussi inquiétant, celui de stratégie.

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Un auto enlèvement ?

À moi qu’il ne s’agisse d’une mise en scène. Sauf conjonction extraordinaire d’incompétences et de défauts en tous genres, ce qui s’est passé à Batibo pourrait bien être du type.

Le sous-préfet Namata est en effet, selon nos sources, le gendre de Ni John FRU NDI. Il aurait épousé une de ses filles.

Or, le président du Social Democratic Front (SDF) et son parti politique ne cachent pas leur soutien au mouvement sécessionniste et son activisme terroriste.

Ce parti tente même depuis des mois de contraindre le gouvernement à négocier avec la nébuleuse terroriste sécessionniste.

A-t-il pu mettre en scène son propre enlèvement pour mettre en exergue la vitalité de la nébuleuse sécessionniste et mettre le gouvernement au pied du mur ?

En est-il lui-même l’instigateur ou son entourage familial y a-t-il joué un rôle ? Les questions sont nombreuses. Et elles ne manquent pas de pertinence. Si tant est que l’on veuille y réfléchir.

L’urgence d’un assainissement

L’on sait que la nébuleuse sécessionniste a des sympathisants au sein de l’appareil administratif, voir militaire. Les faux manuels scolaires édités en début d’année scolaire ou encore la fausse alerte qui a récemment semé la panique dans le Sud-ouest en sont quelques exemples.

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Il ne s’agit pas seulement de la sympathie fanfaronne des plateaux de télévision ou des studios de radio, mais de gens qui sont infiltrés dans tous les secteurs de la vie publique nationale et éparpillés jusqu’au-delà de la zone de belligérance.

Si ce kidnapping révélait des complicités, il sonnerait comme une urgence pour le gouvernement d’en tirer toutes les conséquences (si cela n’a pas encore été fait) et assainir les services publics.

Tout au moins les plus vitaux, à la fois pour la restauration de l’autorité de l’État, mais aussi pour la sécurité des forces de l’ordre et de sécurité

Auteur: Max Dominique Ayissi/Ebugnti