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Opinions Wed, 22 Jun 2016

Examens officiels : Au-delà des sanctions !

Depuis plus d'une quinzaine d'années, chaque session annuelle des examens officiels et surtout des concours d'entrée dans les grandes écoles est l'objet de soupçons de fraudes, d'irrégularités sur l'organisation et de falsifications des résultats.

En d'autres termes, tous les candidats admis ne seraient pas toujours les plus méritants selon les critères académiques d'une part et d'autre part, en ce qui concerne exclusivement les concours, du point de vue de la péréquation de l'équilibre régional.

Les soupçons ne sont pas toujours dénués de tout fondement. En ce qui concerne les examens officiels, les fraudeurs sont sous le collimateur du ministère des Enseignements secondaires, comme l'attestent les sanctions administratives prises et publiées à leur encontre. Il en est ainsi, par exemple, de celles décidées le 27 octobre 2015 par le MINESEC à l'encontre de 46 candidats et examinateurs interdits de salles d'examen durant les trois prochaines sessions. Le problème apparaît plus préoccupant pour les concours. Rappelons, pour étayer cette préoccupation récurrente, qu'en 2002, 2004 et 2006, pour n'évoquer que les sessions de ces années-là, des résultats des concours d'entrée à l'Ecole nationale d'administration et de magistrature (ENAM), institution la plus prisée au regard du nombre exponentiel de candidats, furent purement et simplement annulés pour diverses irrégularités tandis que certains candidats furent interdits temporairement de se présenter auxdits concours, convaincus de « fraudes ».

Il serait superfétatoire de revenir sur le cas du concours d'entrée à l'Institut des Relations internationales du Cameroun (IRIC) qui a fait couler beaucoup d'encre sur les résultats de la session de l'année dernière. Pourtant, chaque année, par diverses méthodes de sensibilisation, les membres du gouvernement concernés, notamment le MINESUP et le MINESEC, ainsi que la Commission nationale anti-corruption (CONAC) mettent en garde les éventuels fraudeurs : pas de « gombo », pas d'intervention ou de « parapluie », pas de « bord ». Sont-ils écoutés et compris ? Rien n'est moins évident.

Que le législateur se montre attentif à la répression de la fraude aux examens et concours situe la préoccupation non seulement dans la perspective de la sanction des fraudeurs, mais aussi de la sauvegarde de la qualité de ces étapes académiques et de la formation des cadres de notre pays. Les dispositions pertinentes du code pénal ancien réprimaient aussi la fraude aux examens et aux concours. Voilà pourquoi, au-delà des sanctions administratives, la répression juridictionnelle des fraudes aux examens et concours fait l'objet d'une réflexion profonde. Le législateur veut sans doute aller plus loin et frapper fort.
Auteur: Essama Essomba