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Guerre Ambazonie: comprendre l'acharnement contre Ayuk Tabe et Compagnie

Biya Ayuk Tabe Camerount Ambazonie Paul Biya et Sisiku Ayuk Tabe

Sun, 4 Feb 2018 Source: Ane Di

Je suis un camerounais anglophone et je suis un fervent défenseur d'un système fédéral de gouvernement bien structuré, semblable au modèle canadien où la province francophone minoritaire du Québec est reconnue comme un peuple au sein de la nation du Canada.

J'écris ce message en français parce que j'ai réalisé que presque tous les Camerounais francophones y compris au plus haut niveau, qui ont commenté la crise anglophone; en particulier l'arrestation récente et la déportation présumée de Sisiku Ayuk Tabe, sont très ignorants sur la nature et les principaux acteurs de la crise anglophone.

Donc, en toute objectivité, j'estime que j'ai le devoir de clarifier au mieux possible l'opinion publique francophone, afin d'éviter que la situation ne s'apparente à un mauvais nom donné à un chien pour qu'on puisse le pendre.

Veuillez m’excuser pour des erreurs en francais mais pense c’est comprehensible pour les lecteurs.

Ce n'est plus un secret qu'à partir de 1961, les anglophones camerounais ont un problème profondément enraciné, qui doit être résolu. Si vous n'êtes pas un anglophone, il est difficile pour vous de comprendre à quel point cette étape de la crise est pénible pour tous les anglophones, y compris ceux qui prétendent que tout va bien.

En un mot, le problème ne concerne pas les routes, les hôpitaux, l'électricité, etc., don’t souffrent tous les Camerounais. C'est plutôt un problème profondément enraciné dans la perception que le patrimoine anglo-saxon avant l'indépendance de 1961 devenu grave en 1972, est progressivement détruit au profit d'une assimilation francophone.

Dans ce contexte, les anglophones perçoivent qu'ils sont aussi victimes de la marginalisation institutionnalisée. Si vous considérez la situation dans la province francophone du Québec au Canada, vous vous rendrez compte de la similitude frappante dans les deux cas. La seule différence est que la question a été résolue au Canada pacifiquement.

Sur des forums sur Facebook, des Camerounais anglophones , je suis connu pour etre un critique acharné contre les sécessionnistes, y compris Le Interim Governing Council (le Conseil de gouvernement intérimaire ) d'Ayuk Tabe. Je suis un grand partisan de l'avocat Nkhongo Agbor Balla, qui est fédéraliste. À plusieurs reprises dans mes commentaires sur Facebook, j'ai accusé Ayuk Tabe et ses partisans de vendre des rêves à la population et j'ai souvent parlé d'Ambazonia comme une République sur Facebook.

Cela dit, je veux apporter quelques éclaircissements ici. Ayuk Tabe est un tout nouveau venu sur la scène de la lutte anglophone et même en tant que leader pro sécessionniste. Il était inconnu lorsque la récente vague de la crise a commencé avec les avocats et les enseignants.

Avant cette récente crise, la secession n'était favorisée que par une poignée d'anglophones. La très mauvaise gestion de la crise, surtout avec l'arrestation des membres du Consortuim et d'autres anglophones qui réclamaient le fédéralisme, a donné l'occasion aux pro sécessionnistes à l'étranger de prendre le dessus sur les reclamations legitimes qui a pousser beaucoup plus d'anglophones à se radicaliser et a devenir pro sécessionnistes.

Cette opportunité a propulsé Ayuk Tabe au premier plan grâce à son leadership du SCACUF (Southern Camerons Ambazonia United Front) qui s'est transformé pour devenir the Interim Governing Council dont il est devenu le Président. Les principaux objectifs de ces mouvements étaient de rechercher la restauration de l'indépendance du Southern Cameroons par des moyens diplomatiques et la désobéissance civile.

La raison pour laquelle ils ont renforcé l'appel aux villes mortes et aux boycotts scolaires, qui avant eatait lancé par le Consortium aujourdhui interdit Ils appelent aussi au dialogue sur les termes d'une séparation pacifique avec La République du Cameroun. Ils ont également essayé d'obtenir un soutien pour leur cause à travers l'ONU et d'autres moyens diplomatiques et juridiques. Dans la mesure où le SCACUF et, plus tard, le Interim Governing Council dirigé par Ayuk Tabe ont reconnu qu'ils ont le droit de se défendre, rien n'indique qu'ils aient été impliqués dans des attaques armées récentes au Cameroun.

Plutôt, le plan à long terme pour certains dans ce mouvement est de construire une force de combat complète qui pourrait être capable de capturer et de conserver le territoire et de ne pas s'engager dans la guerre dans le marquis qui se déroule dans les régions anglophones du Cameroun aujourd'hui. Les discours, les apparitions télévisées, les interviews de presse, les articles de journaux, les sites web, les messages sur Facebook, etc. peuvent confirmer ce fait.

Je précise que je ne soutiens pas Ayuk Tabe, mais parce que je percevoit que parmi les francophones, même ceux qui sont au niveau de la direction, soit par ignorance ou par intention, ont donné une mauvaise réputation à Ayuk Tabe lui sans prendre les faits en considération.

Aujourd'hui, la plupart des anglophones sont tout à fait conscients qu'il n'a rien à voir avec les récentes attaques de style marquis, contre l'armée camerounaise. Son mouvement s'est jusqu'à présent concentré sur la promotion des villes mortes , le boycott des écoles et l'appel au dialogue sur les termes d'une séparation pacifique de La République du Cameroun. Ils ont également tenté de se faire soutenir par les Nations Unies et d'autres moyens diplomatiques et juridiques.

J'ai aussi réalisé que beaucoup de francophones croient qu'il n'y a qu'un seul mouvement pour la sécession dirigé par Ayuk Tabe et que tout ce qui est perçu comme un mal venant de la lutte est à cause d'Ayuk Tabe. Par conséquent, il est un terroriste, il a besoin d'être pendu, brûlé vif, etc. pour avoir coordonner l'attaque contre les soldats camerounais, brûler les écoles, appeler à la sécession, etc.

Parmi toutes ces accusations, la seule qui puisse être prouvée contre lui dans un procès équitable est l'appel à la sécession qui peut être défendu dans n'importe quelle Cour par le fait que lui et ses camarades ont le droit de croire au droit à l'autodétermination et aussi par le fait que beaucoup d'autres avant lui ont appelé à la sécession pendant leur séjour au Cameroun et ils ont été arrêtés mais plus tard libérés.

Je dois aussi préciser que le SCNC (Southern Cameroons National Conference ) n'a jamais prêché la violence comme un moyen d'indépendance pour le Sothern Cameroons. Des factions plutôt dissidentes du SCNC et de nouveaux groupes pro-militaires ont récemment vu le jour à la suite de la récente crise.

Les principaux promoteurs de l'indépendance du Sothern Cameroons par tous les moyens, y compris militaires, sont Lucas Cho Ayaba et Akwanga Ebenezer.

Lucas Cho Ayaba est le chef de la Ambazonian Governing Council et le commandant des forces de défense d'Ambazonia (ADF ( Ambazonian Defence Forces). Récemment, il est apparu dans une vidéo virale dans laquelle il revoyait ses troupes Amazonien à Dadi dans a d'Akwaya, dans la Departement de Manyu, peu avant le début des attaques sur les soldats camerounais.

Sur son mur Facebook, il proclame des annonces de certaines attaques au Cameroun avant qu'elles ne deviennent publiques, en utilisant le slogan # I have been briefed” («J'ai été informé»). Il est également l'initiateur du slogn ” block by block, neighbourhood by neighbourhood” sauvegarder la patrie du Sothern Cameroons. Il a été un activiste pour la cause du Sothern Cameroons Cameroons pendant des décennies.

Akwanga Ebenezer, qui a créé le groupe dissident du SCNC appelé Southern Cameroons Youth League (SCYL) à la fin des années 90, est actuellement le promoteur de la SOCADEF (Southern Cameroons Defense Forces). Il vit actuellement aux États-Unis. Il a fait les urnes des media après son évasion spectaculaire de la prison de Nkoldengui pour se retrouver à Abuja, à la fin des années 90. Il a été un activiste actif pour l'indépendance de Sothern Cameroons pendant des décennies.

Selon ses dires, ses forces de la SOCADEF sont actuellement en action dans le Cameroun anglophone, pour chasser les forces d'occupation de la République du Cameroun. Sa rhétorique sur son mur Facebook parle d'elle-même.

Avec l'escalade de la situation, de nombreux autres groupes armés ont émergé en avant parmi lesquels les Ambazonian Tigers apparemment sans de chaîne de commandement liée à Sisiku Ayuk Tabe.

Des attaques ont également eu lieu par des individus non identifiés qui ne semblent appartenir à aucun groupe armé connu.

Il est donc évident que de la Sothern Cameroons qui souhaitent obtenir son indépendance à travers une approche militaire ne sont pas en très bons termes avec le SCACUF devenu Interim Governing Council de Sisiku Ayuk Tabe qui se concentre principalement sur une approche pacifique .

Tandis que les groupes de défense demandent des fonds pour soutenir la résistance, Sisiku Ayuk Tabe et son gouvernement demandent un financement pour une approche diplomatique et l'embauche d'avocats et de lobbyistes pour encourager le rétablissement du statut d'Etat pour le Southern Cameroons. Son goupe demandent ausii des fonds du public pour l'assistance aux réfugiés qui se trouve au Nigeria.

La bonne chose avec l'ensemble de la situation est que toutes les preuves pertinentes pour un éventuel procès sont disponibles sur Facebook et d'autres sources en ligne, accessible a tout le monde.

En un mot, rien ne prouve que Sisiku Ayuk Tabe et les autres dirigeants arrêtés aient encouragé ou parrainé des attaques contre l'armée camerounaise. Plutôt dans une déclaration publique, il s'est montré préoccupé par les meurtres de soldats camerounais dans la région de Mamfe et a présenté ses condoléances a leurs familles. Pour ces actes il à etait critiqué par certains leaders des groupes armée, comme etant en signe de faiblesse vis-à-vis l'ennemi.

En un mot, je conclurai mon cas en citant que selon le Code Pénal camerounais, pour qu'un acte soit considéré comme un acte de terrorisme, l'individu concerné est supposé avoir commis ou menacer de commettre des actes considérés comme tel.

À mon avis, il sera difficile dans un véritable tribunal de relier Sisiku Ayuk Tabe et son équipe à des actes de terrorisme et à des crimes similaires. Toutes les preuves pertinentes sont disponibles en ligne pour ceux qui souhaitent faire leurs devoirs. Ces accusations sont une distraction comme pour donner un mauvais nom à un chien pour le pendre et être loué pour cela, tout en évitant le vrai problème.

Par conséquent, à mon avis, Sisiku Ayuk Tabe n'est pas un terroriste mais le leader du mouvement sécessionniste qui cherche à obtenir un État par des moyens pacifiques.

Les actes des autres secessionistes ne doivent pas lui être attribués simplement parce qu'il est le chef de la faction sécessionnistes le plus en vue.

Cette crise anglophone a commencé avant qu'Ayuk Tabe n’entre en scène et si elle n'est pas résolue, elle ne fera que s'aggraver avec ou sans lui, car les reclamations reviens aux peuples anglophones te non a qui que ce soit.

Il faut rappeler que le problème anglophone n'est pas nouveau et que la genèse date de 1961. Cependant, l'anglophone le plus éminent qui a initié la quête de la Sécession était le premier Batonier du Cameroun , Barrister Fon Gorji Dinka en 1984 qui appelait le Territoire du Southern Cameroons, pour la premiere fois Ambazonia. Il l'a fait au Cameroun, Il a été arrêté à Yaoundé et plus tard les accusations ont été portées contre lui mais il a ete libere apres. Il est toujours en vie et vit en exil à l'étranger.

Nous avons aussi eu la SCNC dont la philosophie de base était d'obtenir l'indépendance à travers la Force des arguments et non les arguments de la force (c'est-à-dire par des moyens pacifiques). Le SCNC a eu des leaders importants qui vivaient au Cameroun comme, le Chef Ayamba (paix a son arme), Albert Mukong (paix a son arme). La Judge Ebong à la fin des années 90 a annoncé la séparation du Southern Cameroons en direct sur Radio Buea Il a été arrêtée et libérée plus tard.

La récente vague de protestations est due à la douleur très profonde dont souffrent les anglophones depuis 56 ans, qui a explosé maintenant à cause de la mauvaise gestion de la situation. Ne vous méprenez pas, tous les anglophones sont très en colère maintenant, même ceux qui prétendent.

Les modérés peuvent vouloir une amélioration du statu quo de la crise anglophone, les anglophones objectifs croient en un véritable dialogue menant à une fédération donnant un statut particulier au patrimoine des anglophones, certains sont peuvent accepter soit le fédéralisme ou la sécession, alors que certains ont été radicalisés et reconnaisent l'indépendance comme seule option pour le Southern Cameroons.

À mon avis, et en tant qu'anglophone, je crois que la création d'une véritable fédération et l'établissement d'un comité de vérité et de réconciliation / d'amnistie, est la seule façon de résoudre pacifiquement ce problème; sinon j'ai peur de dire que le Cameroun sera le prochain Rwanda.

Auteur: Ane Di