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Il y a des Malickas qui sont si souvent abusées par des tontons Martin - Nadia Fotso

Nadia Et Mimb Nadia Fotso et Camus Mimb

Mon, 28 Jun 2021 Source: Nadia Fotso

Dans une tribune publiée sur sa page Facebook, Nadia Fotso, l'une des filles du milliardaire feu Victor Fotso revient sur l'affaire Malika. L'écrivaine dénonce l'hypocrisie des Camerounais qu'elle appelle les populations du pays de 'coller la petite' et lance un appel à toutes les filles abusées dans le silence et la douleur, un peu comme Malika.



Le Cameroun est obsédé par Martin Camus M en faisant semblant de plaindre la petite Malicka B alors qu’il est le pays de Coller la petite où les enfants pauvres, orphelins ou abandonnés sont exploités au quotidien, au vu de tous sans la moindre compassion.

Dans trop de foyers au Cameroun, il y a des enfants, des Malickas qui travaillent sans salaire et sont si souvent abusés physiquement et sexuellement par des tontons Martin qui savent qu’elles sont des proies faciles. Elles seront toujours blâmées pour ce qui leur arrivera et on saura toujours dire qu’elles savent ce qu’elles font et qu’elles ont provoqué avec leur corps d’enfant afin d’obtenir des bonbons.

Je le dis dans Défigurée et je l’ai redit trop de fois sans être comprise, le Cameroun est un pays physique pas érotique dans lequel Malicka et tant d’autres n ‘ont pas droit au plaisir, à la jouissance mais doivent se contenter d’être un objet des mâles baisés qui ne croient pas au plaisir féminin et font donc du sexe une obsession sale qui légitime la perversité si elle est rentable…c’est pour cela qu’on sexualise si facilement les enfants en grande partie les petites filles.

Baiser est physique est comme quasiment tout au Cameroun une question de rapport de force : Njitap peut violer Fotso parce que son mari Je la dis que partage la fortune volée de son père avec des gens influents qui affirment sans rougir pour justifier l’acte que le Dernier Bamiléké aimait être violé par une chèvre sans tripes qui est pourtant batoufemme. ah Malicka, Maptué te plaint car tu es condamnée à n’être qu'un être en soi et on ne te laissera jamais être maîtresse de ton corps encore moins de ta vie !

Martin Camus M a donc pleuré devant des journalistes et remis sa vie à dieu en demandant pardon… Snif…Oye, tout est réparé, des confrères ont créé un comité de soutien qui fera beaucoup de bruit pour rien et l’avocate de Shakiro fera tout pour que l’affaire ne fasse pas trop de remous mais pourtant devrait dire qu’il vaut mieux Shakiro que Njitap et oui que Martin Camus M ! Malicka sera plaint sans jamais être aidée et vite oubliée...après tout le Cameroun est le pays du Je la dis queisme où les porcs prennent des avions privés et utilisent la religion comme bouclier en sachant très bien que travailler, faire c’est prier au moins deux fois…Comme Bandjoun, le Cameroun est amnésique et consomme des drogues dures et douces pour érotiser son impuissance et sa décadence….

J’imagine Malicka B à 40 ans et j’ai déjà mal au cœur…ses avocats auront disparu... Martin Camus M aura refait sa vie et les Camerounais affirmeront qu’il a payé sa dette et qu’il faut pardonner alors qu’au lieu de se retirer des réseaux sociaux et s’exhiber alors qu’il n’est qu’un frustré sexuel qui a sauté sur la chair fraîche parce qu’il pensait qu’elle était cadeau, il aurait dû/pu prendre l’engagement de s’occuper de sa victime jusqu’au moins ses 21 ans.

Le Cameroun, c’est cela ! Le pays qui se concentre sur le trivial pour ne pas confronter les vraies tares de ses sociétés. Beaucoup de connaisseurs lorsqu’ils comprennent mon combat me disent avec tristesse, «vous sous-estimez la méchanceté des camerounais !» Je leur réponds que c’est plus grave : je refuse de croire en une méchanceté camerounaise ou inculture Bandjoun qui serait innée qui justifierait et légitimerait le Je la dis queisme !

Le Cameroun n’est pas que le pays de Njitap, il est d’abord et surtout celui de Fotso Victor ; il n’est que celui de Martin Camus M , il est d’abord et surtout la patrie machiste de Malicka B, il n’est pas que le pays de Calixthe Beyala et Gaston Kelman mais est avant tout la terre ingrate de Mongo Béti et d’Achille Mbembe. Il n’y a pas de fatalité et il suffit de pas être inculte ou obsédé par le doigt qui montre le mal, les blessures, les imperfections et les cris de l’autrice de Défigurée pour refuser le Je la dis queisme en préférant la parole au silence, l’action à l’inaction mais surtout la réflexion à l’hystérie permanente qui vulgarise l’inacceptable pour se contenter de lamenter la banalité du mal sans la penser et la combattre.

Jésus n’est pas l’amour de ma vie…dieu n’existe pas et de toute façon n’est pas camerounais ! Cher Martin Camus M, donnez non pas votre vie à dieu mais 5 ans de votre salaire à Malicka pour qu’elle ait une chance de devenir autre chose que votre victime. On va à dieu en délaissant les femmes et les hommes lorsqu’on ne croit pas/plus en l’humain.

Fotso construisait des églises parce que ce n’était plus pour lui possible de croire aux Bandjouns comme il croyait en Bandjoun… c’était un aveu, une preuve d’un désespoir et d’un chagrin fous que personne, peu savaient voir…Jésus ne pouvait rien pour lui et n’a pas pu lui éviter la plus cuisante défaite pour un vieux Bamiléké : être trahi et détruit par sa chair. Mais ce n’est pas grave, il avait mieux, il avait une mère !

Malicka a-t-elle une Maptué ?

Auteur: Nadia Fotso