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Inventer, créer et réaliser, Paul Biya aux ministres

Fri, 23 Oct 2015 Source: MAKON ma PONDI

Servir l’Etat au niveau gouvernemental relève sous tous les cieux d’un privilège indéniable. Les fonctions ministérielles confèrent à ceux qui y accèdent un manteau enviable d’auréole, de considération et de crédibilité. Surtout dans ce pays nôtre, le Cameroun, mosaïque de communautés, de cultures, de confessions religieuses qui tendent chacune, dans sa sphère, à s’identifier aux heureux élus.

C’est ce qui explique dans une large mesure l’intérêt, voire l’engouement populaire qui entourent la formation de chaque nouvelle équipe gouvernementale. Car, en effet, l’ascension sociale des uns et des autres implique également familles biologiques ou politiques, ainsi que des alliés de toute nature.

Cependant, au-delà de ces considérations presque périphériques, il y a l’essentiel : le service du pays, de la République, de ses concitoyens. Pour que les conditions de vie de ceux-ci soient constamment adoucies. Ce qui implique un combat acharné et sans relâche contre la pauvreté et l’immobilisme. L’homme étant, en dernier ressort, le bien-fondé, la finalité de toute véritable politique de progrès social. En termes d’épanouissement individuel et collectif.

Seulement voilà : que le président Paul Biya ait trouvé à réitérer le 15 octobre dernier sa directive en faveur d’un « gouvernement de mission » ne peut, ne saurait apparaître comme un fait anodin. D’autant que la prescription du chef de l’Etat a été ponctuée de jalons et repères des plus clairs: « inventer, créer et réaliser ».

Cela peut laisser comprendre que ceux qui sont en charge de mettre en œuvre la politique « telle que définie par le président de la République » ne sont pas toujours suffisamment pénétrés des enjeux et de l’urgence d’une action féconde. Au service du peuple de qui Paul Biya tient son mandat. Un mandat qu’il a placé en 2011 sous le signe des Grandes Réalisations.

Or, cet objectif s’accommode mal du dilettantisme, de l’expédition des affaires courantes. Dans l’attente d’on ne sait trop quoi. Alors que l’élu de la nation – qui délègue seulement certains de ses pouvoirs aux membres du gouvernement – lui, a placé le curseur sur la construction d’un Cameroun fort.

Bien plus, il en a fait un impératif reposant sur des priorités bien définies : consolidation de la paix et de l’unité nationale, amélioration du fonctionnement des institutions, stimulation de l’économie, modernisation de l’administration pour plus d’efficacité et une meilleure redistribution des ressources…

Il importe, dès lors, que ceux que le président de la République a investis de sa confiance s’approprient sans hésitation, sans apathie, les exigences de modernisation du Cameroun dans le contexte d’un monde moderne marqué par une concurrence farouche entre nations. Les cas sont légion, ces dernières années, où il a fallu systématiquement recourir à l’arbitrage de la« haute hiérarchie » pour résoudre des problèmes pour le moins courants.

D’où l’interpellation présidentielle : « inventez, créez, réalisez » pour satisfaire les légitimes attentes du peuple camerounais. Qui ne peut plus se satisfaire de discours creux. D’autant moins que les Camerounais savent que leur pays a été généreusement doté par la nature en termes de ressources diverses. Dans ces conditions, les personnalités qui forment le cabinet Yang III ont l’obligation de réussir.

Il s’agit pour les ministres et autres hauts commis de l’Etat qui les accompagnent dans ce « gouvernement de mission » de revenir aux basiques du service public : servir et se consacrer au service, avec désintéressement, réserve, discrétion professionnelle, dans un respect irréprochable de l’intérêt général. Le maçon sera jugé au pied du mur.

Auteur: MAKON ma PONDI