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Non, on n’est pas libres du tout au Cameroun !

Thu, 26 May 2016 Source: Echos du Cameroun

Selon notre confrère Gildas Mouthé de « l’Effort Camerounais »,le respect des libertés individuelles au Cameroun est une utopie: »Arrestations arbitraires, abus de pouvoir, non-respect des procédures légales, sont autant de déviances qui mettent en péril la vie de nombreux Camerounais.

Il ne se passe plus un jour sans que des actes de violation flagrante de la loi soient relevés ici et là sur l’étendue du territoire national.

Les commissariats, les gendarmeries et les palais de justice sont devenus des lieux de règlements de compte, des lieux où la vie de pauvres personnes se marchande, des lieux où, pour quelques billets de banque, des hommes et des femmes supposés assurer la protection des personnes et des biens, se transforment en mercenaires, en hors la loi et parfois en franc-tireur.

Ils ne se cachent plus pour réaliser leur triste besogne, ils agissent au vu et au su de tout le monde, narguant et méprisant leurs victimes, défiant les institutions, foulant au pied la loi.

Deux modalités semblent réguler les relations humaines dans la société camerounaise: le réseau relationnel d’une part, le capital matériel et financier d’autre part.

Au Cameroun des grandes réalisations, quelqu’un est quelqu’un derrière quelqu’un.

Il suffit d’être le frère d’un tel, d’avoir une relation dans les cercles du pouvoir pour décider de faire enfermer un innocent citoyen, dont le seul crime est de n’avoir pas une relation haut placée.

Lorsque de surcroit on possède de l’argent, l’on peut tout avoir, tout acheter, l’on peut même faire partir de Yaoundé deux gendarmes pour qu’ils aillent à Douala à plus de 300 kilomètres, enlever nuitamment, puis séquestrer un prêtre, un homme de Dieu, dont le seul crime est d’avoir apporté assistance à une âme en peine, à une personne en danger.

On peut, sans même un mandat d’amener, sans aucune preuve, sans aucune autorisation, parfois sans qu’une plainte n’ait été déposée, décider au nom de l’argent, de la corruption, des réseaux, de mettre en prison des citoyens honnêtes.

L’arrestation arbitraire, mieux l’enlèvement barbare du Père François-Marie Gnammi Kasco, le 24 janvier 2012, à 20 heures 52 minutes, remet au-devant de la scène, l’épineux problème du non-respect des libertés et surtout de la présomption d’innocence.

Elle met en perspective la violation des principes élémentaires d’interpellation du citoyen, notamment le respect de la dignité humaine.

Elle montre enfin la manifestation de l’abus de pouvoir et d’autorité dont font étalage certains hommes en tenue dans notre société.

Cette interpellation illégale nous donne aussi l’occasion de nous poser des questions alarmantes et inquiétantes pour une meilleure lisibilité de la situation : comment comprendre qu’on puisse interpeller une personne, et pas n’importe laquelle, un prêtre de Jésus-Christ dans la nuit, au mépris des dispositions du nouveau code de procédure pénal qui interdit les interpellations après 18 heures ?

Qu’est-ce-qui peut bien justifier le fait que le Père François-Marie Gnammi Kasco, ait été amené de force à Yaoundé, contre sa volonté, sans que son évêque n’ait été informé officiellement ?

Pourquoi l’avoir traité comme un vulgaire bandit ? Pourquoi avoir troublé sa quiétude et profané le presbytère de la paroisse ?

La société camerounaise serait-elle devenue iconoclaste au point de ne plus respecter les hommes de Dieu, au point de ne plus respecter la vie ?

Ces interrogations illustrent s’il en était encore besoin, le malaise ambiant qui prévaut au sein de la société camerounaise.

Tout cela montre que le Cameroun est un grand malade, qu’il souffre du laxisme de ses dirigeants, des injustices de toutes sortes, de la prolifération des sectes, de la perte des valeurs morales, des effets pervers du relativisme culturel…

Face à ce diagnostic implacable, le Cardinal Christian Tumi nous conseille une thérapie de choc : la remise à neuf du Cameroun ! Une remise à neuf qui passe par la crainte de Dieu et le respect de ses serviteurs ».

Auteur: Echos du Cameroun