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Pas de vrais changements sans grandes douleurs et détermination du peuple

Tue, 8 Sep 2015 Source: Leon Tuam

Pour éloigner le lecteur de la confusion, il conviendrait de s’attarder ici sur les vocables « Changements » et « douleurs », avant de diverger quelques pistes de ces changements auxquels soupire tant le peuple tout entier et de conclure.

D’ordinaire lorsqu’on parle du changement au Cameroun et en Afrique en général, la grande majorité d’yeux et d’oreilles ne perçoivent souvent que l’aspect politique. Ceci est lié à ce que l’espace africain et francophone surtout est resté sevré de vrais dirigeants patriotes totalement au service de leur peuple.

C’est pourquoi les changements économiques, culturels et comportementaux ou moraux, bien qu’essentiels dans la vie des peuples, sont si souvent délaissés ou relayés au second plan.

S’il appert que certains régimes au pouvoir en Afrique sont de grands obstacles qui paralysent l’éclosion économique et culturelle et sont appelés à être balayés avant toute chose, il faut cependant reconnaître que dans des pays que je dirais normaux, c’est en vérité l’économique qui détermine, oriente et façonne le politique et le culturel.

En ce qui concerne les « douleurs » ou les grands sacrifices qu’un peuple doit accepter pour se libérer des pauvretés et des dominations extérieures, d’aucuns se demanderaient quels types de douleurs faut-il encore au peuple de Um Nyobé qui a déjà tout bu sous la colonisation et sous deux régimes et en boit présentement dans sa partie septentrionale.

Les douleurs dont il est question ici doivent être communes, simultanées et prendre parfois l’allure d’un tsunami. Ceci n’est possible que quand l’immense majorité du peuple des quatre coins du pays comprendront bien l’escroquerie et le jeu du clan des jouisseurs et corrompus au pouvoir au Cameroun, leur alliance avec des réseaux ésotériques extérieurs, et des Groupes économiques de prédation maffieux comme celui de Bolloré.

C’est en ce temps-là que des énergies fusionneront et se mettront au service des luttes coordonnées mais douloureuses, très douloureuses, qui à la fois briseront l’arrogance des empires économiques de misère omnipotents installés chez nous et capables de noyer en un laps de temps tout le pays, et en étant alors capables de placer au pouvoir des dirigeants au service de la patrie.

Tâche bien difficile dans un pays où une bonne frange de ses fils et filles sans patriotisme le regardent comme un éléphant tombant vers lequel chacun muni d’une hache se précipite pour se tailler la plus grande quantité de viande avant qu’il ne soit trop tard.

Le dénouement de l’affaire du port en eau profonde de Kribi, la suspension d’Afrique Media, l’octroi ou l’accaparement des terres arables par des groupes étrangers, les salaires de misère aux employés par ces groupes, l’abus des forêts et le mépris de nos frères et sœurs qui y vivent, le FCFA, etc. font comprendre que le premier ennemi de notre peuple, c’est ceux-là qui viennent et veulent nous manipuler et tout avoir sans rien laisser à l’Etat et au peuple.

C’est une guerre horrible qui se livre contre les Camerounais avec l’appui d’autres Camerounais corrompus, pépinières de la corbeille des marionnettes futures. Le peuple doit s’organiser pour faire face à cette guerre, et c’est d’ici que viendront de fait les grandes douleurs de notre peuple. Si nous la perdons, nous sommes perdus. Si nous la gagnons, nous nous épanouissons.

Les vrais changements au Cameroun qui profitent au peuple engendreront des douleurs quand les patriotes seront en lutte :

* Pour la réappropriation des compagnies nationales privatisées ou bradées et terres ainsi qu’une réorganisation de la gestion des ports,

* Contre la destruction de nos forêts,

* Contre la corruption et le favoritisme avec des enquêtes profondes et de vrais tribunaux pour les détournements des biens publics,

* Contre le FCFA et les nouveaux pourcentages dans la vente des matières premières et nouvelles réglementations sur l’exploitation minière,

* Contre les absences au travail et autres types d’incivisme professionnel,

* Contre les salaires de misère, jeux d’argent et machines à sous,

* Pour la protection des produits locaux en empêchant l’envahissement du marché local par des produits importés,

* Pour limiter l’exportation de certaines matières premières brutes et exiger leur transformation sur place.

* Contre des accords signés ou imposés qui vont contre nos intérêts.

* Contre les pratiques du tribalisme et autres formes de discrimination.

* Pour l’abolition des mesures de l’équilibre régional qui freine plutôt l’envol du pays en tant qu’un tout.

Les enjeux sont colossaux. C’est un combat qui ne pourra se gagner ni avec les dirigeants actuels au pouvoir ni avec ceux qui pourraient nous être imposés après Paul Biya si rien de grand à présent ne s’entreprend. Toutefois ils seront vertement combattus.

Ceux qui croient que Biya s’en va bientôt en 2018 se trompent. Il bradera davantage et restera ou pour que l’un des siens reste. Les rêveurs peuvent continuer de rêver, et que ceux des Camerounais qui attendent le pouvoir des mains de la France ou de l’occident continuent eux aussi de rêver ; ils seront déçus.

Le vrai changement politique qui aidera à des transformations économiques et culturelles qualitatives et quantitatives au Cameroun tarde à venir mais arrivera au bout des douleurs atroces et indescriptibles. C’est inévitable car nous avons enfin tout compris. La seule voie qui nous reste est bien celle des grandes douleurs ou des grands sacrifices.

Nous avons tout compris. Des gens au pouvoir au Cameroun il ne faut rien espérer, malgré les mensonges de certains medias locaux. Vient le jour où des Camerounais ou groupes de Camerounais seront prioritaires et non les Bolloré. Les traîtres et pilleurs du pays s’exileront d’eux-mêmes, tremblant devant les voix et pas lourds des patriotes et souverainistes camerounais.

Auteur: Leon Tuam