1
MenuWallOpinions
Articles

Scandale d'Etat: comment Ngoh Ngoh et Ayem Mauger ont fait perdre 400 milliards au Cameroun

Paul Biya Ferdinand Ngoh Ngoh Amougou 1000 milliards de Fcfa perdus du fait de la boulimie financière de ces deux hommes

Tue, 12 Jan 2021 Source: BORIS BERTOLT

C’est un scandale d’Etat comme de multiples autres qui émaillent le séjour de l’actuel secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh (l’homme à la punk) et le Conseiller aux affaires économiques Ayem Mauger au Palais. 1000 milliards de Fcfa perdus du fait de la boulimie financière de ces deux hommes.

Le 14 décembre 2020, Paul Biya créé la Société Nationale des Mines (SONAMINE). Les missions de SONAMINE sont, entre autres, en liaison avec les autres administrations et organismes compétents : réaliser l’inventaire des indices miniers, conduire des études relatives à l’exploration et à l’exploitation des substances minérales, mener des opérations d’achat et de commercialisation des substances minérales pour le compte de l’Etat, mener des activités d’exploitation et d’exploration des substances minérales, gérer des questions relatives aux sites miniers, participer au suivi des contrats passés entre l’Etat et les sociétés minières, contribuer à la transparence dans le secteur minier. Mais si pour certains, il s’agit d’une innovation, il n’en est rien. Car le projet de création de la SONAMINE avait été transmis à Paul Biya depuis 2017 par le premier ministre Philemon Yang dont les services avaient travaillé en partenariat avec le ministre des mines, de l’industrie et du développement technologique de l’époque, Ernest Ngoua Boubou. Ce projet a été bloqué par « l’homme à la punk » et son mauvais génie Ayem Mauger qui avaient pris le contrôle sur l’octroi des permis d’exploration et d’exploitation des mines au Cameroun.

En effet en fin 2017, un conflit éclate entre Ernest Gwaboubou et Ferdinand Ngoh Ngoh autour du gisement de bauxite de Mini-Martap. Ce gisement dont le potentiel est estimé à 554 millions de tonnes,doit faire du Cameroun le 2ème producteur de la bauxite en Afrique, derrière la Guinée Conakry. Pour l’exploration qui devait se dérouler en quatre phases, l’Etat avait dépensé près de 400 milliards Fcfa sur la Cameroon Alumina (CAL) qui à terme devait bénéficier du contrat d’exploration. La CAL était le fruit d’un joint-venture entre l’Américain Hydromine, l’émirati Dubal Alumina et l’Indien Hindalco, n’ayant pas pu conclure une convention minière avec l’Etat camerounais, après plusieurs années de négociations. CAL veut poursuivre l’exploitation mais elle n’est pas jugée fiable par les autorités camerounaises qui estiment que l’entreprise n’a même pas versé sa cote part dans l’exploration. Les négociations échouent pourtant les estimations sont sur la table.

C’est à ce moment qu’entre en jeu les australiens de Canyon Ressources qui tentent de négocier auprès du ministre Gwaboubou l’exploitation. Le ministre des mines s’y oppose en indiquant que non seulement CAL n’avait pas achever l’exploration, mais qu’il n’était pas possible à l’Etat du Cameroun d’octroyer un permis d’exploitation si une entreprise ne pouvait pas rembourser l’argent investit par le Cameroun dans l’exploration. C’est alors que Ferdinand Ngoh Ngoh intervient et instruit Ernest Gwaboubou d’octroyer ce permis d’exploitation aux australiens. La situation se crispe entre les deux. Ernest Gwaboubou insiste que les australiens paient les 400 milliards de Fcfa dépensés par l’Etat. Il saisit le premier ministre Philemon Yang. Après revue du dossier, les services techniques de Philemon Yang donnent raison au ministre des mines.

Philemon Yang en personne écrit à Paul Biya, lui fait part de la situation et indique clairement que l’Etat ne peut pas octroyer de permis d’exploitation sans rentrer dans ses dépenses. C’est ainsi que Paul Biya instruit Ngoh Ngoh de mettre un terme à toute entreprise de passation de permis d’exploitation sur le dossier concernant la bauxite de Mini-Martap. « L’homme à la Punk » vit cette situation comme un affront. Il s’engage à faire partir du gouvernement Ernest Gwaboubou mais en mars 2018, il adresse une correspondance à Gwaboubou lui signifiant que tout permis d’exploration ou d’exploitation au Cameroun devra désormais requérir le visa de la présidence de la République. C’est-à-dire son VISA. Il dépossède ainsi le ministre des mines d’une partie de ses compétences. Ferdinand Ngoh Ngoh côte le dossier à son mauvais génie : « Ayem Mauger ». C’est désormais par lui que tous ceux qui veulent y compris les permis d’exploitation des carrières doivent passer.

Pour humilier une fois de plus le ministre des mines, en septembre 2018, Ferdinand Ngoh Ngoh le contraint à inaugurer le lancement de la dernière phase d’exploration par .... les australiens sur instructions de Paul Biya. Même s’il ne s’agissait pas d’exploitation, les australiens entraient officiellement dans la danse et disaient investir.... 6 milliards fcfa.

Pour remplacer Ernest Gwaboubou du gouvernement, Ferdinand Ngoh Ngoh abat une carte extrêmement tactique. Il propose, Gabriel Dodo Ndoke, qui était Directeur Administratif et Financier à la Chambre de l’Agriculture, des Pêches, de l’Elevage et des Forêts du Cameroun. Il a travaillé avec Mongui Sossomba que Chantal Biya considèrait comme un « père » et est reputé proche d’Oswalde Baboke, directeur adjoint du cabinet civil. Le tour de passe passe est joué. Le 4 janvier 2019 le 20h tombe. Ernest Gwaboubou est chassé du gouvernement et est remplacé par Gabriel Dodo Ndoke, nouveau ministre des mines. Ce dernier n’est pas fou. Il sait à qui rendre compte à Don et vito Corleone.

Auteur: BORIS BERTOLT

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.