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Succession de Paul Biya : Que Franck Biya joue franc jeu

Frank Emmanuel Biya, Le Fils Du Président Paul Biya Franck Emmanuel Biya

Jeu., 6 Oct. 2022 Source: Saint-Eloi Bidoung

Les « Frankistes » sont-ils francs ?

Des mouvements s’agitent depuis quelques mois pour nous imposer une monarchie. Celui dit des « Frankistes » est le plus agité. Nous nous demandons s’ils jouent franc-jeu ou alors s’ils jouent le jeu de Franck Biya.

Franck Emmanuel Biya n’a mandaté personne pour créer des mouvements l’appelant vivement à la succession de Paul Biya, son père. Franck Emmanuel Biya ne s’est jamais prononcé officiellement ou publiquement sur des ambitions à la « Brutus » qu’on lui affecte. Peut-être qu’il le fera le « moment venu ». Mais pourquoi ces « mouvements » font-ils autant d’agitation autour de ce jeune qu’ils présentent eux-mêmes comme un homme « discret. » ?

A mon avis, il ne s’agit pas ici d’ambitions encore cachées de celui qui n’a pour l’instant aucun rang protocolaire dans le République, qui se fait aider ouvertement par des mouvements intrépides pour la succession sans passer par la case candidature. La preuve, dans une édition du magazine panafricain Jeune Afrique de mai 2021, un très proche de Franck Emmanuel interrogé sur des confidences éventuelles du fils du Président de la République au sujet des mouvements qui prétendent le soutenir déclarait : « Il ne connait pas ces gens. Ils ont agi de leur propre initiative, il n’a rien à voir avec eux. » Alors ?

Coups francs indirects

Il s’agit donc d’agitations d’individus qui nous présentent leurs ambitions personnelles et leur soif de gains et d’intérêts financiers. Oui, l’argent n’est pas loin. D’ailleurs ce sont des visées financières qui ont conduit à des factions au sein des « supporters » de Franck Emmanuel Biya. Depuis que ce mouvement a été créé, quel est leur impact sur le terrain en dehors de réunir les jeunes du Rdpc ? À part quelques dons dans certains orphelinats des membres « Franckistes », des banderoles impromptus. On subodore qu’ils attendent des « subventions » d’Etoudi ou de Monaco. Nous sommes en fin de règne et chacun veut tirer la couverture sur sa tête. Dans cette ambiance de fin de règne, la flambée d’initiatives similaires se justifie par la quête de royalties et autres financements occultes. Pour preuve, le mouvement des « Frankistes » s’empressent de démentir la collecte des fonds qu’on lui prête. Dans un contexte travesti de part et d’autre par une controverse autour de ces collectes de fonds. Une telle initiative, en ce moment, aurait simplement confirmé tout l’opportunisme et le dilettantisme d’un tel « mouvement. » Pour attraper le gibier, mieux vaut se cacher dans les fourrées.

L’épouse d’un très respectable professionnel de la mode, qui se présente comme « coordinatrice nationale » de l’un de ces mouvements agités, le relevait dans une interview au journal Repères il y a quelques temps, alors que bruits violents fissuraient l’édifice. Elle a dit : « Ces bruits nous font voir la violence dans les propos de certaines personnes susceptibles de présider aux destinées du Mouvement et donnent tout simplement l’occasion aux observateurs de se faire une idée de ce qu’ils sont. Ils démontrent en plein jour qu’ils avaient d’autres ambitions que le projet pour lequel nous travaillons avec cette jeunesse active et conquérante pour mettre en place toutes ces conditions. Je suis en train d’abattre ce travail avec cette jeunesse et ça crée déjà des ouvertures. »

Avant de poursuivre plus loin « Mais je me pose une question : pourquoi ces gens n’arrivent pas à mesurer la hauteur d’une mission qui nécessite une bonne maîtrise des aptitudes utiles à son pilotage ? Il s’agit donc d’une initiative à but lucratif. Leur « poulain » étant réputé franchement fortuné et peut-être aussi franchement généreux. Une initiative qui se cache sous un enduit d’affection et d’estime maladroitement exprimés à l’égard de Franck Emmanuel Biya. Même si Franck Emmanuel Biya, autour de qui se trame cette série de science-fiction politique s’est montré défavorable face à ce groupe de soutien, un certain Alain Fidèle Owona, qui se présente comme le « coordonnateur du mouvement Frankiste », invité sur un plateau télé a soutenu « avoir choisi Franck Biya que nous avons identifié dans le cadre de I’ alternance générationnelle dont le chef de l’État parle ». Et voilà !

Coups francs directs

Mesdames et messieurs les « Frankistes », sachez que celui que vous voulez envoyer directement à Etoudi, sans passer par des élections présidentielles libres et transparentes, est au parfum de tout ce qui se passe dans ce pays jusqu’à la hausse des prix dans les marchés. Mais il demeure dans l’inertie. Alors qu’il peut faire agir son père ou les membres du Gouvernement qui lui font allégeance. En quoi nous sera-t-il utile, une fois Président ? Puisque c’est votre souhait, votre franc souhait.

Sachez aussi qu’entre les fidèles de Paul Biya et les nouveaux « soutiens » de son fils, le mystère demeure. Tant il est vrai qu’une validation que pourrait accorder le chef de l’État à son fils va provoquer un malaise profond dans le cercle restreint du pouvoir. Ce cercle mystérieux et hautement criminogène, où les uns et les autres caressent le rêve de devenir à leur tour président de la République. Quitte à tuer tout concurrent potentiel.

En conclusion temporaire, je redis que des opportunistes ou des idéologues intéressés réunis autour des « mouvements Frankistes » nous présentent le fils du chef de l’Etat comme une « opportunité » dans le cadre de l’alternance à la tête du pays. Chez les bantous, on ne parle pas de la succession du chef tant que celui-ci est encore vivant. Les « Frankistes » semblent ne pas le savoir. S’ils le savaient, alors ils joueraient franc-jeu.

Auteur: Saint-Eloi Bidoung