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Voici comment le régime Biya a bradé le sous-sol camerounais

Paul Biya Ministres 1 Les entreprises françaises sont de retour au Cameroun dans les BTP

Sun, 17 Jun 2018 Source: Albin Njilo

Après le dernier rapport d’Amnesty international sur la crise anglophone, le ministre Camerounais de la communication Issa Tchiroma Bakary et par ailleurs PCA de la CRTV a organisé une conférence de presse au cours de laquelle il invitait les Camerounais a plus de vigilance, selon lui, les puissances étrangères étaient dans un complot pour chasser le président Biya du pouvoir afin d’installer un dirigeant qui viendra brader les immenses richesses du pays.

Qu’est-ce que le régime Biya n’est pas prêt à bader ou céder aux puissances extérieures ?

Sécurité

En Octobre 2015 , alors que le Cameroun venait de signer un accord de coopération militaire avec la Russie et bien avant avec la Chine, après avoir modifié les accords de défenses avec la France sur la présence militaire française dans le pays, pour la première fois de l’histoire du pays, le régime Biya accepte d’implantation sur son sol d’une base militaire américaine. Depuis cette base secrète militaire américaine installée à Garoua, toute la frontière Nord du Cameroun est scannée par les USA.

En 2016, la Russie signe un accord avec la Guinée Equatoriale lui donnant le droit de survoler ses cotes guinéennes faisant partie de la zone D du golfe de guinée dont le commandement est à Douala, la Russie pourrait désormais stationner sur les côtes guinéennes avec ses navires de guerres.

En Octobre 2017, le Cameroun a mis tous les trois centres opérationnels de surveillance côtière (COSCO) Douala, Kribi et Limbe, sous le contrôle par le commandement Afrique des Etats-Unis (AFRICOM) qui a équipé de matériels. Depuis le mois de Juin 2017, la surveillance de l’espace aérien camerounais est confiée à Thales qui « traque à la seconde près »tout le ciel camerounais.

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Qui veut déstabiliser le Cameroun et pour quelles ressources ?

En 2015, au plus fort de la guerre contre Boko Haram, nous évoquions une tentative de déstabilisation du Cameroun par les forces étrangères, des connivences révélées sur le terrain entre la secte terroriste et l’attitude de certaines puissances. Cette dénonciation avait provoqué un sentiment de solidarité de la part des camerounais qui ont fait bloc contre l’ennemi extérieur, c’est ce sentiment que le ministre camerounais de la communication cherche à instrumentaliser à travers une manipulation sur une volonté des puissances de faire partir le président Biya pour faire main basse sur nos richesses.

Ces puissances ne supportaient pas le rapprochement entre la Chine et le Cameroun, Hilary Clinton lors d’un séjour en Zambie avait été claire en menaçant les pays africains qui iraient traiter avec les chinois.

La tentative de rapprochement entre la chine et le Cameroun ayant échoué à cause de la mauvaise gouvernance, le Cameroun a été blacklisted par les banques chinoises qui depuis la fin d’année 2017, ne décaissent plus un sou, cette chine qui finançait 70 % des projets d’infrastructures du pays.

Comment le régime Biya a bradé les richesses et sous-sol du Cameroun aux occidentaux

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Chemin de fer

Les camerounais ont bâti les chemins de fer de leur mains, ce qui faisait la fierté nationale, le régime Biya est venu brader tout ce patrimoine au français Bolloré. Précision que lorsque le Cameroun bradait les chemins de fer à Bolloré, l’État avait un marché de 400 milliards de FCFA sur le pipeline Tchad-Cameroun, le régime a tout simplement remis ce marché sans contrepartie au groupe français.

Et comme cela ne suffit pas, durant les 18 années d’exploitation du chemin de fer, non seulement la France la laissé se dégrader l’infrastructure en ne misant que sur le fret, le cahier des charges sera ignoré jusqu’à l’hécatombe du 21 Septembre 2016 à Eseka. Là encore, la trahison sera mise en avant, car malgré les centaines de morts, le régime Biya a préféré renforcer les capacités de Bolloré dans Camrail, l’accident leur a plutôt servi de prétexte pour régler les comptes entre pontes du régime. Alors que les populations célébraient les un an de la catastrophe, le ministre des transports était à l’aéroport accueillir le président Biya venu d’un long séjour de l’étranger. Voilà le régime que Tchiroma dit protéger le Cameroun contre les puissances extérieures.

Pétrole

Le FMI vient d’exiger au Cameroun plus de transparence dans la gestion du pétrole, nulle ne sait comment les revenus de la SNH sont gérés au Cameroun, et selon certains analystes, ils serviraient de caisse noir du régime Biya .Que Tchiroma nous dise donc comment les richesses pétrolières du Cameroun exploitées depuis plus de 40 ans sont sécurisées par le régime Biya pour le Cameroun.

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Rappelons qu’à côté de la SNH, il y a la CSPH dont les experts disent être un gouffre à sous, une structure dans laquelle, ne travaille que les progénitures des pontes du régime Biya.

La bauxite

Les mines du sous-sol camerounais seraient protégées par le régime Biya selon le ministre Camerounais Issa Tchiroma. Alucam exploite la bauxite au Cameroun depuis plusieurs décennies, elle cristallise le pillage du Cameroun par la France dont l’AFD est présentement le plus gros actionnaire privé depuis le départ de Rio Tinto. Que Tchiroma qui dit que les puissances étrangères veulent faire main basse sur les richesses du pays explique ou vont les recettes de cette usine, et justifie par la pourquoi les camerounais meurent à cause des délestages depuis plus de 20 ans alors qu’Alucam et Socatral, filière dérivée appartenant aux français consomme plus de 50 % de la production nationale d’électricité. A quel niveau donc le régime Biya protège nos intérêts ? Rappelons au ministre Tchiroma que Rio Tinto est parti de lui-même en 2014.

Le cobalt

En Février 2018, le fondateur du groupe Geovic William Alan Buckovic qui était pour la circonstance accompagné de son directeur général, Michael T. Mason a été reçu par la présidence de la république du Cameroun, le groupe américain était de retour au Cameroun pour le projet d’un des plus gros gisements de cobalt au monde, le projet de la Nkamouna. Le gouvernement a promis tous les appuis nécessaire pour que ce groupe qui en 2013, annonçait avoir trouvé un partenaire minier chinois pour son développement, la Jiangxi Rare Metals Tungsten Holdings Group Company Ltd (“JXTC”) de Nanchang. Geovic Mining Corp détient depuis 2003 les droits d’exploitation, pour 25 ans renouvelables, à travers sa filiale camerounaise, Geovic Cameroon (Geocam) dont le capital détenu à hauteur de 20 % par 4 Camerounais jamais identifiés.

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Les chinois effectueront une visite sur le site et ne donneront plus jamais signe de vie, accusé d’avoir trompé ses actionnaires par la commission boursière américaine, Geovic Mining corp avait été exclue de la bourse de Toronto.

Le fer de Mbalam-Nebala

Le fer de Mbalam est troisième réserve mondiale de fer. Aujourd’hui propriété de la firme Australienne Sundance, depuis une dizaine d’année, est incapable de trouver les financements pour démarrer le projet, rappelons que c’est l’un des projets avec celui de la bauxite de Rio Tinto ayant justifié le port de Kribi. Sundance doit exploiter le fer et l’exporter sans transformation locale, le gouvernement était même prêt à leur construire une ligne de chemin de fer pour les aider à piller le pays, sans oublier les concessions environnementales et fiscales incroyables accordées aux australiens par le régime Biya. Notons que les 2/3 de ce gisement de fer se trouvent au Congo.

Bauxite de Mini Martap

Le plus gros gisement de Bauxite du Cameroun, deuxième en Afrique, c’est depuis 2004 que le régime Biya a bradé toutes ces ressources a une start-up américaine nouvellement crée, l’entreprise Hydromine dirigée par Peter Lionel Briger. Malgré plusieurs tentatives de rapprochement avec les chinois, le groupe américain n’arrive pas à trouver de partenaires pour développer ce projet .Que le ministre Tchiroma nous dise par quel mystère le régime Biya sécurise nos minerais pour les futures générations.

Le fer de Nkout

La plus grosse réserve de fer du Cameroun devant Mbalam-Nebala dont une partie est au Congo est depuis plusieurs années détenu par un groupe anglais Affero Mining ,Affero Mining n’ayant pas d’argent pour développer le projet, avait en 2015 revendu près de 45 % de ses actifs dans le projet de fer a un autre groupe britannique International Mining & Infrastructure Corporation (IMIC).Voilà comment le régime Biya a bradé nos richesses aux grandes puissances ,que le ministre nous disent de quoi il est réellement question.

Le gaz

La plus grosse réserve de gaz au Cameroun, celui d’Etinde dans le Sud-Ouest a été bradé depuis 2008 a un groupe britannique du nom de Bowleven, ce groupe n’ayant pas les moyens pour démarrer les explorations, va solliciter New Age toujours une entreprise britannique et le russe Lukoil pour renflouer ses caisses, les deux entreprises reprendront le capital de Bowleven a 35,5 % de part chacun, mettant Bowleven en minorité.

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Le gaz liquéfié de Kribi

Ce gisement de gaz dont l’exploitation est entrée en cours il y a quelques semaines est un projet dont la licence est détenue par un consortium d’entreprises françaises, notamment Perenco et GDF ayant comme associé le Chine dans GDF Exploration.

Travaux publics

Dans la stratégie de Macron pour l’Afrique une fois élu, il avait déclaré que son combat serait de renforcer les positions des entreprises françaises en déclin sur le continent.

Il a sans doute été écouté par le Cameroun que l’on croyait avoir fait le pivot vers la Chine et les BRICS .Les entreprises françaises ne se sont jamais sentis aussi puissant au Cameroun.

Alors qu’il y a deux mois Sogea Satom raflait deux gros projets routiers de plus de 100 milliards de FCFA pour les routes Lena-Tibati et Olama Digambo, Razel vient de gagner un marché de 22 milliard de FCFA pour refaire les routes dans la ville de Garoua.

Les entreprises françaises sont de retour au Cameroun dans les BTP alors qu’elles étaient mis à mal par les chinois après le partenariat initié entre la Chine et le Cameroun en 2007.

Razel est sur la quasi-totalité des projets routiers financés par l’AFD et la Banque africaine de développement et la Banque mondiale au Cameroun.

Entre temps, pour se remettre de la concurrence de Dangoté, Cimencam vient d’être autorisé à lancer une deuxième grande cimenterie à Figuil pour près de 40 milliards de FCFA, ce qui lui permettra de Contrôler les régions du grand nord jusqu’au Tchad.

Auteur: Albin Njilo