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les Camerounais, le travail et la précarité : Postes de travail cherchent employés

Fri, 1 May 2015 Source: Le Jour

Les projets structurants, les réseaux et télécommunications sont parmi les nouveaux gisements d’emplois qui existent au Cameroun.

Al’heure de la récession économique et de la raréfaction des emplois, des espoirs demeurent. D’innombrables secteurs d’activités regorgent encore de postes à pourvoir. Les projets structurants, et d’autres projets de développement laissent entrevoir de nombreuses opportunités. Les centres de formation de l’enseignement supérieur professionnel forment aux « métiers d’avenir ». Il en existe une pléthore. Un nombre important de secteurs porteurs d’emplois. Pas moins de 37 d’entre eux ont été recensés en 2014. L’étude de faisabilité qui aboutit à cette découverte laisse entrevoir des possibilités d’emploi dans des domaines aussi connus que le commerce des boissons, la boulangerie, la pneumatique, la quincaillerie, l’agriculture, la micro-finance ou encore le …football.

Mais il y a plus intéressant encore au Cameroun. Les projets de construction d’infrastructures d’utilité publique par exemple offrent de nouvelles possibilités de travail pour les sansemploi. Les emplois dans ce secteur habituellement appelé Btp (Bâtiment et travaux publics) sont générés par des grandes opérations comme la construction de l’autoroute Douala-Yaoundé ou encore l’aménagement de la « Ring Road » à réaliser au Nord-Ouest. De même, la possible construction d’un nouvel aéroport dans le pays pourrait accroître le besoin en ingénieurs spécialisés dans le secteur Bâtiment-travaux publics. Le livre des grands chantiers du Cameroun recense 13.752 emplois à répartir dans la construction d’une usine de transformation d’aluminium à Kribi, la construction d’un barrage hydroélectrique dans la région du Littoral, l’exploitation du fer de Mbalam, du nickel, du cobalt, du manganèse de Nkamouna, dans la région de l’Est, le projet d’exploitation de la bauxite de Ngaoundal, dans la région de l’Adamaoua.

La construction du Port en eau profonde de Kribi, celle du deuxième pont sur le fleuve Wouri et l’exploration du pétrole vont nécessiter la présence de mécaniciens, de soudeurs, de chaudronniers, d’électriciens navals, de matelots et autres navigants ainsi que des gens de mer. Globalement et dans le même registre, les opportunités d’emploi sont encore plus nombreuses. 29.711 emplois ont été recensés en 2014 par le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle dans des projets en cours de réalisation ou encore en étude dans sept des dix régions du Cameroun (Littoral, Centre, Sud-Ouest, Sud, Nord-Ouest, Adamaoua, Est). Le projet d’hévéa du Sud a le plus grand nombre d’emplois avec 6.842 postes. Il est suivi par le projet de construction de la centrale thermique de Lom Pangar avec 5.000 emplois.

Mais il y a mieux : le projet du Port en eau profonde de Kribi, à lui seul, va générer 200.000 emplois, pas moins. Pour nombre de métiers ou postes comme la chaudronnerie ou les métiers maritimes, il n’y a presque pas encore de maind’oeuvre qualifiée. Le pays doit former des professionnels, mais ce n’est pas chose aisée. Le Cameroun risque de voir le travail de ses fils arraché par la main-d’oeuvre étrangère. Ce ne sont pas les seuls secteurs qui semblent « nouveaux » aux yeux des Camerounais. Il y a encore plusieurs secteurs sur lesquels les innombrables chercheurs d’emplois pourraient jeter leur dévolu. En tout cas, les centres de formation professionnelle n’hésitent pas à leur proposer des débouchés jugés « très intéressants ».

Qhse, réseaux et télécoms…

Ici, l’on parle beaucoup des spécialités nouvelles, de métiers qui font fureur : les Qhse (Qualité-hygiène-sécuritéenvironnement), les réseaux et télécommunications, le commerce et ses différentes filières, ou encore l’attelage robotique-informatique. Commençons par les Qhse dont les experts prédisent qu’il « va exploser dans cinq ans ». C’est la formation-chouchou des instituts supérieurs professionnels. « De plus en plus, les entreprises sont soucieuses de la qualité du travail, de la sécurité des employés, de l’hygiène et de l’environnement qui les entoure. En un mot, la prévention et la gestion des risques professionnels.

C’est pourquoi elles recrutent de plus en plus d’experts en Qhse », nous explique Timoléon Nanfack, un expert en management général et directeur de l’Institut supérieur des technologies avancées (Ista), à Douala. Sa collaboratrice Noël Nana, fait savoir qu’« avec la nécessité de se faire certifier, les normes internationales Iso 9001 pour le management, iso 14000 pour l’environnement, Iso 18001 pour la sécurité au travail, les entreprises s’arriment ». Elle cite alors l’exemple d’Eneo qui affiche « zéro accident ». Le groupe Bolloré, Hysacam, Les Brasseries du Cameroun et Cimencam se sont aussi mis au Qhse. Timoléon Nanfack indique que comme la compagnie nationale d’électricité, la plupart des grandes entreprises du Cameroun recrutent des chargés Qhse qui doivent veiller à la sécurité du personnel, à sa formation en matière de prévention, au respect des normes et à la fiabilité des installations dans l'entreprise.

A l’Ista, l’on compte déjà 34 inscrits en master de la filière Qhse. La direction de l’établissement note cependant qu’il y a encore des entreprises qui ne veulent pas adopter le nouveau système. La raison étant qu’il leur coûte cher. Les employeurs du secteur des télécommunications n’ont pas cette crainte-là. Le besoin pressant ne leur laisse pas trop le choix. Avec la libéralisation de l’audiovisuel et l’arrivée des entreprises de téléphonie mobile, les techniciens de télécommunications ont trouvé une vraie aubaine. Le secteur « réseaux et télécoms » se présente comme un vrai gisement d’emplois. « Au départ, il n’y avait que Camtel. Puis Mtn et les autres sont arrivés. Maintenant, les pylônes se multiplient et demandent un peu plus de maind’oeuvre », constate M. Nanfack pour qui « les réseaux et télécoms sont les métiers de demain. Rien ne se fera plus sans cela, acquiesce- t-il. Il n’y a pas que la téléphonie mobile qui est concernée. Les réseaux et télécoms absorbent aussi le marché des « câblodistributeurs » entre autres.

L’informatique n’est pas en reste, elle qui permet déjà à de nombreux jeunes Camerounais de gagner leur vie. Les « social media », ces jeunes maîtres de la souris et du clavier qui ont pour métier la gestion de l’image de marque des entreprises à travers communiqués, tweets, newsletters, etc. Des travaux qui leur permettent déjà de gagner leur vie assez aisément. L’on parle de centaines de milliers de francs par mois. Le métier de commercial fait aussi partie des plus porteurs d’emploi. « Les trois quarts des entreprises qui signent des partenariats avec nous ou qui viennent demander des étudiants qui vont être insérés recherchent les étudiants de la filière marketing-action commerciale. Soit neuf demandes sur dix », fait valoir Noël Nana. Responsable des stages et de l’insertion professionnelle au sein du complexe Institut universitaire du Golfe de Guinée (Iug), elle explique que les entreprises produisent beaucoup plus pour satisfaire le désir du client.

Ceci explique la présence des filières commerce et gestion, marketing, action commerciale, marketing-management opérationnel dans la plupart des instituts universitaires d’enseignement professionnel. Mme Nana donne aussi une information qui va à coup sûr intéresser les femmes. Elle nous apprend que les secrétaires qui sont formées à l’Iug s’insèrent aisément dans le monde professionnel. « Tout juste un an après leur sortie », précise-telle. La liste des secteurs porteurs de l’emploi ne serait pas complète si l’on ignorait le segment robotique- informatique. Celui-ci ne peut pas encore faire le bonheur des potentiels chercheurs d’emploi. C’est une discipline pas encore connue dans les écoles et universités. Elle est en cours d’importation et ne sera introduite au Cameroun que d’ici 10 à 15 ans. Elle permet d’automatiser les systèmes de gestion dans les entreprises, mais fait de moins en moins appel à la maind’oeuvre humaine, supplantée par les machines. Sombre perspective ?

Auteur: Le Jour