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Déguerpissement à ‘New-Town Aéroport’ : RECODH interpelle le gouvernement

Femme Deguerpissement Cameroun RECODH interpelle le gouvernement

Tue, 29 Jun 2021 Source: RECODH

Le Réseau Camerounais des Organisations des Droits de l’Homme (RECODH) est fortement préoccupé par l’expulsion forcée à partir du 26 juin 2021, d’environ 300 familles riveraines de l’aéroport international de Douala.

En effet, sous la menace d’une sanction de l’OACI (Organisation de l’Aviation Civile Internationale), le Préfet du Wouri avait ordonné en 2018, une grande opération de destruction de meubles et immeubles dans certains quartiers autour de l’aéroport. Selon les autorités, cette opération visait à « libérer la zone de sureté aéroportuaire occupée par les populations et certains opérateurs économiques ». Les autorités disent avoir informé les populations depuis 2016 du projet de déguerpissement.

Selon les estimations ce sont plus 5 000 personnes environ qui sont impactées par ces expulsions forcées. Une des victimes a déclaré que « Ce terrain appartient à la Communauté Bonaloka. Les documents existent. Le président de la République a installé les victimes de la catastrophe du Lac Nyos sur ces parcelles ». Pour le représentant du Préfet du Wouri, «la zone déguerpie appartient bel et bien au domaine aéroportuaire ». D’après le représentant du Préfet du Wouri, les victimes de ces expulsions forcées ne sauraient prétendre à une indemnisation de la part des pouvoirs publics dès qu’elles se sont installées de manière illégale sur le domaine privé de l’Etat.

Le RECODH rappelle que le Cameroun est parti à des instruments régionaux africains et internationaux qui protègent les droits des populations dans le cadre des expulsions forcées. A titre d’illustration, d’après l’Observation générale N° 7 (1997) relative au droit à un logement convenable du Comité des droits économiques, sociaux et culturels, « la protection contre l’expulsion forcée n’est pas liée au droit de propriété. Quel que soit le régime d’occupation – propriété, location d’un logement public ou privé, coopérative, accord collectif, bail, logement d’urgence ou provisoire ou habitat spontané – chacun a le droit d’être protégé contre l’expulsion forcée. »

Le déguerpissement de ces populations riveraines de l’aéroport international de Douala constitue des expulsions forcées qui, violent directement et indirectement les droits civils et politiques, les droits sociaux économiques et culturels consacrés par les instruments internationaux et régionaux. Le RECODH, tout en dénonçant le laxisme des autorités compétentes face aux occupations illégales de certains sites par des populations en quête d’espace de vie, recommande :

Au gouvernement :

• Indemniser et la recaser dans un délai raisonnable des familles expulsées ;

• Vulgariser les textes sur les droits de l’homme en général et sur l’accès à la propriété foncière en particulier ;

Aux OSC et partenaires au développement :

• Accompagner des populations expulsées ;

• Sensibiliser les populations sur les droits de l’homme ;

Aux populations expulsées

• Utiliser les voies de recours prévues par les textes internationaux et nationaux pour obtenir réparation.

Le Coordonnateur

National HYOMENI Paul Guy

Source: RECODH