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Crise au RDPC - Pitoa : le maire Yerima Dewa et sa base électorale à couteaux tirés

RDPC Pitoa Maire Yerima Dewa Camerounweb La pomme de discorde est un projet de construction d’une école primaire dans le village de Djalingo

Mon, 29 Nov 2021 Source: Le Messager

La pomme de discorde est un projet de construction d’une école primaire dans le village de Djalingo Sambo d’une enveloppe de 196 millions accordée par le ministère de l’Economie, du Plan et de l’aménagement du territoire (Minepat) que le maire a jugé de délocaliser dans son village natal à Badjouma Radier.

La face cachée de cette crise entre l’homme d’affaire Yérima Dewa, Maire de la Commune de Pitoa située dans le département de la Bénoué, Région du Nord et les populations des villages de Djalingo Sambo, Cékande, Samtali et Bara, bénéficiaires de cette école moderne, fruit d’un financement du Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire par le chef de ce département ministériel Alamine Ousman Mey.

Le projet de travaux de construction de trois blocs de deux salles de classe équipés, d’un bloc de deux logements d’astreinte pour les maîtres, d’une clôture et d’un forage à énergie solaire à l’école publique de Djalingi Sambo, village situé à 6km de Pitoa, chef-lieu de cet arrondissement.

Après le montage et la maturation de ce projet d’école dans ledit village, le très célèbre Maire du Fsnc d’Issa Tchiroma Bakari veut régler ses frasques politiques avec ces villages qui l’ont déjoué dans les urnes aux élections municipales de 2020 en votant le Rdpc.

Le Maire froisse ainsi la décision du ministre de l’Economie en détournant cette école moderne d’une valeur de 196 millions de francs après le démarrage des travaux par l’entreprise Namou. « L’école primaire de Djalingo Sambo n’a pas d’effectif consistant, cette école doit être délocalisée » argumente le maire alors que les habitants de ces villages crient au règlement de compte politique.

« Lors des élections municipales de 2020, nous avons voté le Rdpc à 100% au détriment du Fsnc, parti politique du maire et il nous a promis le dur » explique Moussa. Le directeur de cette école M. Mang Egri affirme que lui et ses 6 autres collègues enseignants travaillent dans des conditions difficiles sous les arbres et hangars par manque des salles de classe dans une école à cycle complet devenue école publique depuis plus de 5 ans.

« Voilà enfin la fin du calvaire. A peine les travaux entamés, nous voyons arriver une Benne pour transporter les objets à destination de Badjouma Radier, village natal du maire » explique le directeur. C’est ainsi que le maire Yerima Dewa informe verbalement les populations de ces villages que l’école sera délocalisée à Badjouma Radier.

Colère

Cette décision est prise conjointement avec le chef du village de Guébaké M. Hayatou, représentant personnel du Lamido de Garoua Sa Majesté Ibrahim El Rachidini. Le camion pour récupérer les matériels et matériaux envoyé à deux reprises le 23 et le 26 novembre rencontre la colère des populations.

Les parpaings déjà frappés, le forage creusé et les magasins de stockage des matériels et ciment pour les travaux sont confisqués par les populations qui menacent d’incendier le véhicule. Les populations des villages de Djalingo Sambo, de Samtali, de Guidjarou, de Cékande, de Bara qui bénéficient de cette école moderne se voient déposséder de ce joyau architectural.

Le représentant du Lamido de Garoua M. Hayatou ayant pactisé avec le maire de Pitoa menace de destituer Issiakou Yaya, un jeune de moins de 25 ans, chef des villages de Cékande, Bamenda, Nigériaré, Sabongari, Nibango, Kirambo, Kolché Daniel, Nguessa, Djabi, Hippé Djaolewa, Ngasko, Domri, Samtali, Carrière Cékande et Tondiré, car ce dernier soutient les populations en rage contre la délocalisation de cette école par le Maire Yérima Dewa.

Les habitants de cette chefferie de plus de plus de 12 villages, composés des Fali, des Toupouri, des Moufou, des Moudang, des Sara, des Peulh, des Guiziga vivant en par- faite harmonie avaient refusé de voter le Fsnc du Maire Dewa en 2020. « Il est très arrogant et irrespectueux envers les autorités administratives, traditionnelles et tous parce qu’il est riche, mais nous avons marre de l’avoir comme maire » explique un habitant de Djalingo Sambo.

Ce vote sanction contre le Fsnc a donné 8 conseillers municipaux au Rdpc au sein du conseil municipal de la commune pendant que le Maire jurait avant les élections que le Rdpc n’aura aucun conseiller municipal dans la commune de Pitoa. Il cherche à découdre avec ses détracteurs en délocalisant leur école dans son village natal Badjouma Radier qui l’a voté à 100%. Il explique avoir construit en 2020 un bloc de deux salles de classe dans cette école de Djalingo Sambo sur fonds propres de la Commune.

La population ne digère pas cette délocalisation et saisit le lamido de Garoua, le Sous-préfet de Pitoa, le préfet du département de la Bénoué et le Gouverneur de la région du Nord. On attend la suite de ce dossier brulant qui baisse la côte de popularité du maire et le met dans une position défavorable aux élections municipales de 2025, qui se croyait tout permis pour imposer ce qu’il veut. Les habitants ayant compris son jeu ont fait obstruction. Affaire à suivre.

Source: Le Messager