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Douala 3 : les populations de « Dibamba Pont » en colère

Douala3 Populations Dibamba Pont Camerounweb Elles dénoncent des arnaqueurs et autres vendeurs d’illusions qui veulent s’accaparer leurs terres

Thu, 16 Dec 2021 Source: Le Messager

Elles sont sorties dans ce quartier de Douala 3è pour dénoncer des arnaqueurs et autres vendeurs d’illusions qui veulent s’accaparer leurs terres.

L’ambiance est on en peut plus déconcertante. En effet, les populations de ce quartier situé dans la périphérie de Douala sont en colère. Et elles l’ont fait savoir sans ménagement devant des autorités administratives stupéfaites. Sur les pancartes, on peut y voir des appels au secours et des dénonciations qui fusent.

Par plusieurs dizaines elles se mobilisées très tôt et appellent au secours du gouvernement et partant du chef de l’Etat. « Ce qui se passe ici est absurde. Nous sommes des camerounais et ne pouvons subir un tel sort. Paul Biya est un homme de paix et ne saurait laisser perdurer une telle forfaiture », dénoncent-elles.

C’est que ces populations sont sous la menace de déguerpissement depuis peu. Sur ces espaces où elles sont installées depuis plus de 10 ans pour certains, des particuliers disent avoir des titres fonciers. « Ce qui est une grosse incongruités dans un pays comme le nôtre », dénonce un riverain.

A le croire, « des hommes sans foi ni loi veulent déposséder les populations de leurs biens et créer une émeute avec la compli cité des pouvoirs publics »

Il est à noter que depuis 2005, la communauté Bonelang autochtone desdits lieux a aménagé 187 hectares pour s’installer dans cette zone de mangrove autrefois inhabitée. Parcelle ayant été régulièrement titrée. De toutes vraisemblances, après avoir exproprié les populations en 2012 pour la construction du stade de Japoma, l’Etat a ensuite délocalisé le stade à Japoma en raison du caractère inapproprié du sol mais sans indemnisation des populations comme initialement prévu.

Titres fonciers

Entre temps, ce désistement de l’Etat et le défaut d’indemnisations confortent les riverains dans l’idée que l’espace reste leur propriété. Problème, des particuliers brandissent depuis peu des titres fonciers sans aucun des préalables requis notamment les levées topographiques. « Voyez-vous ! Des gens viennent et attestent de ce qu’ils ont des titres fonciers sur lesdits espaces… surprenant nonnn !» Se demandent les riverains.

Selon les sources du Messager, il est clair qu’en l’espace d’un an, pas moins de 9 titres fonciers ont été délivrés à divers particuliers sans levées topographiques sur une parcelle de pas moins de 857 hectares à Dibamba.

Des titres fonciers dénoncés comme frauduleux par les populations qui ont saisi le tribunal administratif du Littoral à travers leurs avocats. Les autorités administratives sont également informées de ce dossier qui donne lieu à des arrestations et intimidations à la pelle des riverains depuis quelques temps.

L’un des derniers cas en date. Le Sieur Pierre Christian Onguene et son collaborateur. L’enquête ouverte à la Police judiciaire est bloquée pour des raisons floues tout comme la procédure devant le tribunal administratif du Littoral.

Il faut dire que selon des organisations non gouvernementales, il s’agit d’une affaire à tirer au clair par ceux qui nous gouvernent. Car disent-elles, comment peut-on permettre à une frange de posséder des espaces pouvant desservir des centaines de camerounais.

Toutefois, l’affaire qui est portée à la présidence de la République attend l’arbitrage du chef de l’Etat. Lui qui n’a de cesse de promouvoir le bien-être des camerounais et de lutter contre l’expropriation foncière. Affaire à suivre…

Source: Le Messager