Les recherches se poursuivaient ce mercredi et le bilan pourrait encore s’alourdir
107 morts. C’est le bilan provisoire annoncé mardi par le maire de Garoua-Boulaï, Adamou Abdon, après l’effondrement d’une galerie sur le site aurifère de Zamboï, à la frontière avec la Centrafrique. Les recherches se poursuivaient ce mercredi et le bilan pourrait encore s’alourdir.
Le site, qui s’étend de part et d’autre du fleuve Kadéï, dont le cours a été détourné pour l’extraction, attire de nombreux creuseurs camerounais, centrafricains, tchadiens, maliens et burkinabè, venus exploiter l’orpaillage artisanal.
Ce drame s’inscrit dans une filière marquée par un écart massif entre production déclarée et exportations réelles. En 2023, selon l'ITIE, le Cameroun n’a officiellement déclaré que 22,3 kg d’or exporté, tandis que les Émirats arabes unis ont déclaré avoir importé plus de 15 tonnes d’or en provenance du Cameroun. Entre 2021 et 2025, les exportations officiellement déclarées par le Cameroun n’auraient représenté qu’une fraction infime des volumes effectivement acheminés vers Dubaï.
En pleine saison des pluies, la région reste exposée à de nouveaux accidents, faute d’un encadrement suffisant de l’orpaillage. L’ampleur du trafic d’or vers Dubaï et les enquêtes lancées sur les réseaux d’extraction, de licences minières et d’exportation, alimentent des interrogations sur d’éventuelles complicités au sein des sphères du pouvoir.