'On m’a dit de venir pour laver mon nom'
Sally Ndape, activiste basée à Buea, dans la région du Sud-Ouest, est actuellement en garde à vue à la gendarmerie de Buea. Elle fait l'objet d'une série d'accusations pénales, notamment de cyberharcèlement, de menaces de mort et de harcèlement.
En effet, l’arrestation de Mme Ndape, le 30 avril 2026, fait suite à des mois de tensions croissantes sur Internet et à des plaintes officielles déposées par des personnalités de premier plan, dont le vice-président de l’Assemblée générale du Barreau du Cameroun, l’avocat Edward Ewule Lyonga.
Selon les enquêteurs, Mme Ndape avait été convoquée à trois reprises pour répondre à ces accusations, mais elle ne s'était pas présentée. À deux reprises, elle aurait affirmé se trouver dans la région de l'Extrême-Nord, alors que son activité sur les réseaux sociaux semblait indiquer qu'elle se trouvait au village de Wotutu. Son absence de réponse a conduit la gendarmerie à porter l'affaire à un niveau supérieur et à demander l'autorisation de l'arrêter, autorisation qui a finalement été accordée après l'intervention des autorités supérieures.
Cependant, Ndape a donné une version différente des faits. S'adressant à un confrère journaliste de Cameroon News Agnecy, elle a nié avoir été arrêtée, insistant au contraire sur le fait qu'elle s'était rendue volontairement au poste de gendarmerie après avoir été informée de la situation. Elle a déclaré n'avoir jamais reçu de convocation officielle et n'avoir pris connaissance de l'affaire que par l'intermédiaire d'un contact au bureau du procureur général. Selon elle, la Légion avait présenté une convocation et faisait pression pour obtenir un mandat d'arrêt.
Elle a expliqué qu’on lui avait conseillé de se présenter en personne pour clarifier la situation. « On m’a dit de venir pour laver mon nom », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’à son arrivée, elle avait au contraire été placée en détention.