ÉPERVIER : Alamine Ousmane Mey livre le maire de Betare Oya aux juges du TCS

Alamine Mey Ousmane Les préjudices financiers varient entre plusieurs centaines de milliers et plusieurs millions

Wed, 24 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

Une mission de contrôle du MINEPAT a révélé de nombreuses irrégularités dans l’exécution de projets financés par le Budget d’Investissement Public dans le département du Lom-et-Djerem, notamment à Bétaré-Oya. Les inspecteurs ont constaté des travaux inachevés malgré leur réception officielle, des retards importants sur plusieurs chantiers et des paiements effectués pour des prestations non réalisées, causant des préjudices financiers de plusieurs millions de FCFA. Le ministère recommande des sanctions, la reprise des travaux concernés et le remboursement des sommes indûment perçues afin de renforcer la gestion des fonds publics.

Une mission de contrôle du Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) a mis au jour de nombreuses irrégularités dans l’exécution de plusieurs projets financés par le Budget d’Investissement Public (BIP) dans le département du Lom-et-Djerem, région de l’Est. Notamment à Bétare - Oya qui a pour maire: BABA NICOLAS.

Dans un rapport transmis au préfet du département à la suite d’une mission de contrôle réalisée sur des projets exécutés en 2025, les inspecteurs du MINEPAT dénoncent des travaux inachevés, des réceptions jugées irrégulières ainsi que des dépenses publiques engagées sans contrepartie effective sur le terrain.

Des ouvrages réceptionnés malgré des travaux inachevés

Parmi les cas les plus préoccupants figure la construction d’un logement d’astreinte à l’École publique de Mararaba, dans la commune de Bétaré-Oya. Bien que le chantier ait été officiellement réceptionné à 100 % en novembre 2025, les contrôleurs ont constaté l’absence de plusieurs prestations prévues au marché.

Le rapport cite notamment des cuisines extérieures non réalisées, l’absence de plafonds, de menuiseries, d’installations électriques, de caniveaux et de dallages. Le préjudice financier est évalué à plus de 2,2 millions de FCFA.

Des constats similaires ont été relevés sur le chantier de construction d’une salle de classe au centre d’alphabétisation fonctionnelle de Bétaré-Oya. Alors que les travaux ont été réceptionnés comme achevés, le taux réel d’exécution physique n’aurait atteint que 40 %, selon les inspecteurs. Malgré cette situation, des dépenses de plus de 6,6 millions de FCFA auraient été engagées et liquidées.

Des chantiers à l’arrêt et des retards importants

Le rapport pointe également l’arrêt ou la faible progression de plusieurs projets structurants. C’est notamment le cas des travaux de réhabilitation de la bibliothèque municipale de Bétaré-Oya, dont le taux d’exécution physique est évalué à seulement 30 % alors que la totalité du délai contractuel aurait déjà été consommée.

Même constat pour les travaux de réhabilitation de la route communale reliant Mongon à Bétaré-Oya, où les inspecteurs estiment l’avancement réel à 20 % malgré une consommation du délai contractuel de 125 %.

La réhabilitation de la route Gengboutou-Mibatom présente également un retard important. Selon le rapport, les travaux n’ont même pas démarré alors que le délai contractuel est largement dépassé.

Des millions de francs dépensés sans contrepartie

L’un des principaux griefs formulés par le MINEPAT concerne la validation et le paiement de prestations qui n’auraient pas été effectivement réalisées.

À plusieurs reprises, le rapport relève que des engagements, liquidations et ordonnancements de dépenses ont été effectués sur la base de procès-verbaux de réception provisoire signés par des commissions de réception, alors même que les ouvrages étaient inachevés ou inexistants.

Les préjudices financiers identifiés varient entre plusieurs centaines de milliers et plusieurs millions de francs CFA selon les projets examinés.

Des entreprises et des maîtres d’ouvrage mis en demeure

Face à ces constats, le ministère recommande la mise en demeure de plusieurs entreprises adjudicataires afin qu’elles achèvent les travaux conformément aux cahiers de charges.

Le rapport demande également le reversement au Trésor public des sommes correspondant aux préjudices financiers constatés, aussi bien par les entreprises concernées que par les maîtres d’ouvrage et certains membres des commissions de réception.

Le MINEPAT rappelle par ailleurs aux collectivités territoriales et aux différents acteurs de la chaîne de la dépense publique leurs obligations légales en matière de certification du service fait avant tout paiement de fonds publics.

Boris Bertolt

Source: www.camerounweb.com