Elle a officiellement saisi le Colonel commandant la Légion de gendarmerie du Centre
C’est une affaire d’escroquerie qui vient rappeler les risques auxquels sont confrontés de nombreux agents publics en attente de leurs rappels de salaires et autres droits administratifs. Une enseignante du ministère des Enseignements secondaires a saisi la Légion de gendarmerie du Centre pour dénoncer ce qu’elle présente comme une manœuvre frauduleuse lui ayant coûté 600 000 FCFA.
Selon la plainte datée du 6 juillet 2026, relayée par la lanceur d’alertes Boris Bertolt, la plaignante, Orock Comfort, explique attendre depuis près de trois ans le paiement de plusieurs rappels liés à son avancement, son reclassement ainsi qu’à diverses indemnités.
C’est dans ce contexte, marqué par une longue attente administrative, qu’elle affirme avoir été contactée le 25 juin 2026 par un individu se présentant comme Balla Akoa Philippe Yannick (en photo). D’après son récit, ce dernier lui aurait assuré disposer de relations privilégiées au sein du ministère des Finances et se serait même présenté comme un proche parent du ministre.
Toujours selon la plainte, l’homme lui aurait expliqué qu’il pouvait faire débloquer rapidement son dossier en contrepartie du paiement de prétendus frais administratifs. Pour renforcer sa crédibilité, il lui aurait transmis des messages vocaux, des captures d’écran et utilisé un vocabulaire administratif destiné à convaincre sa victime de l’authenticité de ses démarches.
Espérant enfin percevoir des sommes qu’elle attend depuis plusieurs années, l’enseignante affirme avoir remis, le 30 juin 2026, la somme totale de 600 000 FCFA.
Elle indique qu’après l’encaissement des fonds, son interlocuteur aurait multiplié les justifications, évoquant tour à tour un dossier en attente de signature, l’absence d’un timbre ou encore l’indisponibilité du ministre, avant de devenir totalement injoignable.
La plaignante précise avoir ensuite effectué des vérifications auprès des services compétents du ministère des Finances. Selon ses déclarations, il lui aurait été confirmé que l’intéressé n’entretenait aucun lien de parenté avec le ministre et ne disposait d’aucune habilitation lui permettant d’intervenir dans le traitement des rappels de salaires.
Estimant avoir été victime d’une usurpation de qualité et d’une escroquerie, elle a officiellement saisi le Colonel commandant la Légion de gendarmerie du Centre, sollicitant l’ouverture d’une enquête afin que les responsabilités soient établies.
Cette affaire intervient dans un contexte où les retards de paiement des rappels administratifs alimentent régulièrement les frustrations de nombreux fonctionnaires. Ces longues attentes créent parfois un terrain propice aux réseaux d’intermédiaires et aux individus se présentant comme capables d’accélérer les procédures contre rémunération.