Une commune peut recevoir de nouvelles compétences et rester impuissante
Bafoussam III a accueilli le 28 septembre la première journée d’une Master Class consacrée aux unités de suivi de la fiscalité locale.
Plus de vingt collectivités territoriales décentralisées de l’Ouest et du Littoral participent à cette initiative de la National School of Local Administration. Les sessions portent sur les méthodes, les outils et le management des structures chargées de suivre les recettes locales.
La décentralisation camerounaise repose souvent sur un paradoxe : les communes reçoivent des missions croissantes, mais restent dépendantes des transferts centraux. Améliorer les recettes propres peut financer voirie, éclairage, marchés et déchets avec davantage de prévisibilité.
La fiscalité locale n’est cependant pas qu’une technique de recouvrement. Elle doit reposer sur un fichier fiable, des tarifs légaux, des quittances traçables et un recours accessible. Sans transparence, la modernisation peut être perçue comme une multiplication des prélèvements.
Les outils numériques peuvent réduire les fuites, mais ils excluent si les usagers ne disposent pas de connexion ou si les communes ne sécurisent pas les données. La formation doit donc associer technologie, contrôle interne et service au contribuable.
Le résultat devra être mesuré après plusieurs mois : recettes nettes, coût du recouvrement, réduction des paiements informels et qualité des services. Une commune ne gagne la confiance fiscale que si l’habitant voit ce que son argent finance.