Cette disposition soulève une question majeure pour la décentralisation camerounaise
Dès l’exercice budgétaire 2027, l’État camerounais prévoit de prélever directement sur la Dotation générale de la décentralisation une partie des ressources dues aux communes et régions pour rembourser leurs anciennes dettes commerciales.
Les collectivités territoriales décentralisées camerounaises pourraient voir une partie de leurs ressources amputée dès l’exercice budgétaire 2027.
Dans une lettre-circulaire conjointe du 29 octobre 2026, relative à la préparation des budgets locaux, le gouvernement prévoit de prélever directement sur la Dotation générale de la décentralisation les sommes dues par les communes et régions au titre de certaines anciennes dettes commerciales.
Ces dettes résultent d’un audit des arriérés de l’État et de ses démembrements sur la période 2000-2019.
Selon les résultats rendus publics en août 2024, les dettes commerciales validées à la charge des collectivités atteignaient 14,67 milliards de FCFA.
Le mécanisme de remboursement prévoit une répartition de la charge : 70 % pour l’État central et 30 % pour les entités publiques débitrices.
Sur le stock initial, la part théorique revenant aux collectivités représente donc environ 4,4 milliards de FCFA. Ce chiffre ne correspond toutefois pas nécessairement au montant restant à prélever en 2027, les remboursements déjà effectués n’étant pas précisés.
Cette disposition soulève une question majeure pour la décentralisation camerounaise.
Alors que les communes doivent financer leurs infrastructures, l’entretien des équipements collectifs et différents services de proximité, une fraction de leurs dotations pourrait être absorbée par le règlement de dettes anciennes.
L’enjeu est désormais de connaître les collectivités concernées, les montants individuels à retenir et les conséquences sur leurs investissements locaux.
Une décentralisation financièrement autonome suppose aussi une visibilité sur les ressources réellement disponibles.
Boris Bertolt