Les lieux de culte peuvent désamorcer une rumeur avant qu’elle ne devienne violence
La Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme annonce un colloque du 7 au 9 octobre au Palais des congrès de Yaoundé.
Le thème porte sur les religions et la promotion de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble au Cameroun. Le choix reconnaît le poids des églises, mosquées et communautés traditionnelles dans la vie quotidienne et la médiation locale.
Les responsables religieux interviennent dans les familles, les écoles et les quartiers. Ils disposent d’une capacité rare à diffuser rapidement des messages. Cette influence crée aussi une responsabilité face aux discours de haine, à la stigmatisation et aux manipulations politiques.
Le Cameroun a déjà organisé de nombreuses rencontres sur le vivre-ensemble. Leur faiblesse récurrente est le suivi. Une déclaration finale sans mécanisme local risque de rester éloignée des zones où les tensions sont les plus fortes.
Le colloque pourrait produire des protocoles concrets : réseau d’alerte entre communautés, langage commun contre la haine, formation des prédicateurs, médiation et collecte de données sur les incidents.
Sa crédibilité dépendra enfin de la diversité des participants. Les femmes, les jeunes, les minorités religieuses et les acteurs des régions en crise doivent être entendus, pas seulement représentés sur la photo officielle.