Le mépris du RDPC pour les populations de Batoufam prendra fin en 2027
Le sentiment de marginalisation des populations de Batoufam, pourtant présentées comme un bastion électoral du RDPC, prend de l’ampleur. À l’approche des élections locales de 2027, Batoufam entend réclamer la mairie et menace de sanctionner électoralement le RDPC s’il tente d’imposer un candidat, faisant ainsi planer le risque de fortes tensions postélectorales.
Il est 10 h au péage de Batoufam. Vous êtes surpris par le défilé des camions venus charger les tomates à destination du Nigeria. Contrairement aux Gabonais, les commerçants nigérians ne trient pas ; ils ne sont pas exigeants sur le caractère mûr ou non mûr des tomates. Partis de Foumbot, ces camions ramassent tout car, disent-ils, ils n’ont que 24 h pour rallier le Nigeria en passant par Bamenda jusqu’à Enugu.
Au péage de Batoufam, il n’y a pas que les tomates : ce sont des montagnes de sacs de pommes de terre et de choux. Foumban est l’un des plus grands bassins de production de produits maraîchers, une curiosité pour une localité où n’existe pas d’agriculture extensive.
Premier producteur camerounais de kola et 20e destination au monde en écotourisme, Batoufam est la localité qui accueille les rencontres sectorielles du gouverneur de la région de l’Ouest. Village d’origine de Samuel Wanko, celui qui dessina le plan d’urbanisation de la ville de Bafoussam, c’est Batoufam qui organisa, à l’initiative de la vision du président Kadhafi, la première réunion des chefs traditionnels d’Afrique.
Avec 12 000 habitants sur les 20 000 que compte l’arrondissement de Bayangam, le village d’origine de Geremi Sorel Njitap a toujours garanti la victoire au RDPC, un amour à sens unique, car de Corso Victor à Madeleine Tchuente, tout ce qui a pu être réservé à Batoufam, ce sont de maigres postes de conseillers municipaux.
L’enjeu de 2027
Batoufam veut son maire en 2027. La mobilisation, tant dans la diaspora qu’à l’intérieur du groupement, témoigne de la détermination de ce peuple à réagir face au mépris du régime RDPC.
Dans toutes les bouches, un message est envoyé aux élus, maires et députés, notamment Kouinche Albert : « Vous avez réussi ce que vous avez fait à Yaoundé lors de la présidentielle, l’on vous attend aux élections locales », disent-ils.
« No make erreur ! »
À Batoufam, le message est clair : la population choisira ses élus, peu importe qu’ils soient issus du RDPC. Le vote-sanction sera brutal si le RDPC s’obstine à imposer un candidat.
Redouter le pire
Le RDPC devra se réinventer lors de ces élections à venir. Le moindre faux pas pourrait créer des troubles postélectoraux sans précédent.
Albin Michel Njilo