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Ernest Ouandié

Célébrités du Cameroun

Politique

Ernest Ouandié

Homme politique

Ernest Ouandiy  Mitchell Lanczos
Date de Naissance:
1924-00-00
Lieu de Naissance:
Badoumla

Ernest Ouandié est né en 1924 à Badoumla, arrondissement de Bana, région de l’Ouest. Il décède fusillé le 15 janvier 1971 à Bafoussam sous le régime d’Ahmadou Ahidjo. Ernest Ouandié est l’une des figures de la lutte pour l’indépendance du Cameroun au sein de l’Union des populations du Cameroun (UPC). Mais également un des acteurs majeurs de la guerre civile à partir de l’indépendance en 1960 lorsque le parti déclenche une insurrection pour renverser le nouveau régime. Il est déclaré héros national par l’Assemblée nationale du Cameroun en 1991.

Son père Djemo (ou : Djeumou), grand notable badoumla, et sa mère Kapsu se seraient mariés en 1905. Ouandié, nom qui signifie « qui est dans la maison ? » ou « qui est en sécurité ? » est le cinquième de sept enfants issus de la même mère : Ngako, Yemdo, Mboutchak, Djieumo, Ouandié, Djoma et Kamdem. En 1927, alors qu'Ernest Ouandié était âgé de 3 ans, son père fut astreint aux travaux forcés non loin de Bafang, à Djimbong, située dans l'actuel arrondissement de Kekem (région de l'Ouest, département du Haut-Nkam, en pays bamiléké), dans les plantations de café appartenant aux colons français. Vers 1929, très malade, il fut renvoyé dans son foyer et ainsi il put rejoindre ses épouses et ses enfants à Bangou.

De 1933 à 1936, Ernest fut scolarisé à l'école publique de Bafoussam (quartier Famla). En 1937, il fut admis à l’examen de ceux qui devaient continuer le cycle primaire. De 1937 à 1939, il fréquenta l'école régionale de Dschang. En 1940, il fut reçu au certificat d'études primaires élémentaires » (CEPE) ainsi qu'au concours d’entrée à l'école primaire supérieure de Yaoundé où il obtint le diplôme des moniteurs indigènes (DMI).

Il épousa d'abord Njila (fille de Diffo Petko) avec laquelle il eut un enfant qui mourut en bas âge, avant leur divorce. En secondes noces, il se maria à Douala le 5 décembre 1948, avec Marthe Eding Ouandié, née en 1921, femme bakoko rencontrée l'année précédente à Édéa, où il était affecté. Cinq enfants sont issus de cette union : Philippe, Mireille, Irène, Monique et Ruben Um Nyobé. Hors mariage, il aura eu au moins trois enfants - dont une fille prénommée Ernestine, née à Yaba (Lagos, au Nigeria) le 11 mai 1961, d'une mère ghanéenne qu'il avait connue lors de son exil à Accra. Celle-ci sera retrouvée morte à Foumbot (département du Noun), en octobre 2009.

Sa famille est harcelée par le commissaire de police et chef des Brigades mixtes mobiles de Bafoussam. Sa veuve est morte à 95 ans, le 15 avril 2016, en son domicile de Bonabéri, un quartier de la ville de Douala.

Il est enseignant dans le secteur public ; sa carrière est marquée par d’innombrables affectations dites disciplinaires, en réalité à caractère politique.

*1944-1948 : il enseigne à Édéa et milite au sein de l’Union des syndicats confédérés du Cameroun (USCC). *1948 : il adhère à l’Union des populations du Cameroun (UPC).

*7 octobre 1948 : il est affecté à Dschang.

*6 novembre 1948 : il est affecté à Douala comme directeur de l’école publique du quartier New-Bell Bamiléké.

*Agé de 28 ans, il quitte sa famille à vélo pour mener une quête importante dans la lutte avec l'UPC.

*Septembre 1952 : élu vice-président de l’UPC chargé de l’organisation et directeur de la Voix du Cameroun au 2e congrès à Eséka.

*Septembre 1953 : affecté à Doumé, puis à Yoko ; il implante l’UPC dans le Mbam.

*29 juillet-12 septembre 1954 : voyage en Chine, où il assista du 9 au 15 août 1954 au Congrès mondial de la jeunesse démocratique, puis à Paris et à Moscou.

*Décembre 1954 : affectation à Batouri, puis à Bertoua

*29 janvier 1955 : à nouveau affectation à Douala, où le haut-commissaire Roland Pré entreprend de rassembler tous les dirigeants de l'UPC pour les tenir en permanence à sa portée.

*1955 : exil au Cameroun occidental.

*1956 : création du Syndicat des enseignants à Édéa.

*3 juin 1957 : le gouvernement britannique interdit l’UPC. Expulsion du Cameroun occidental et déportation à Khartoum (Soudan) avec Félix-Roland Moumié, Abel Kingué et dix autres militants nationalistes (UPC, UDEFEC et JDC).

*Mars 1959 : participation à l’Assemblée générale extraordinaire des Nations-Unies consacrée à l’indépendance du Cameroun.

*1er janvier 1960 : proclamation de l'indépendance du Cameroun.

*1960 : rencontre Albert Mukong à Accra, qui l'encourage à cesser la lutte armée maintenant que l'indépendance était acquise et à participer aux élections de 1960, ce à quoi était favorable Félix Moumié. Cette opinion fut mise en minorité avec le refus d'Ernest Ouandié, soutenu par Abel Kingué. La guerre civile commence.

*1960 : rencontre Nelson Mandela au Caire à qui il enjoint d'engager la lutte armée contre l’apartheid.

*À la suite de l'assassinat de Félix-Roland Moumié, il lui succède à la présidence de l'UPC.

*janvier 1961 : en compagnie d'Abel Kingué, se rend au Caire rencontrer les autorités égyptiennes. À cette occasion, ils dénoncèrent la coopération du gouvernement camerounais avec l'« impérialisme » (cité par Akhbar du 15 janvier 1961).

*21 juillet 1961 : retour clandestin au Cameroun depuis la frontière nigériane, prend les commandes de l'armée de libération nationale kamerunaise (ALNK) et réorganise celle-ci.

*Après la mort de Martin Singap en septembre 1961, il jette les bases d'une nouvelle organisation. Il annonce la dissolution des anciennes structures militaires et la mise en place d'une nouvelle hiérarchie, dont la direction est confiée à David Kana. Prenant la direction politique de la rébellion, il revendique « l'abrogation des accords franco-camerounais et des dispositions mettant en vacances toutes les libertés politiques, le retrait des troupes étrangères et autres techniciens militaires, l'amnistie générale inconditionnelle pour tous les faits et condamnations se rapportant à la situation politique depuis 1955, la dissolution immédiate des institutions actuelles et le retour devant les électeurs. »

*Les troupes gouvernementales, informées de sa présence dans le pays, font de sa neutralisation une priorité. La réorganisation de la rébellion s’avère être une réussite. Le colonel français Jean-Victor Blanc, véritable ministre des Forces armées camerounaises, constate que « dans le Mungo et le Bamiléké, les rebelles ont une audience plus forte que celle du gouvernement. Le chef de la rébellion, Ouandié, est un bon organisateur, un très bon propagandiste. Il a la foi et il a su la faire partager à ses hommes. L'administration civile, comme une bonne partie des forces de l'ordre, n'ont pas une foi comparable à celle des rebelles. »

*13 septembre 1962 : préside dans le maquis une assemblée populaire qu'il a convoquée. La décision de création du Comité révolutionnaire comme direction provisoire de l’UPC est prise. De même il est décidé de la création d’un état-major de l’ALNK. *25 avril 1963 : préside dans le maquis une nouvelle assemblée populaire. Cette assemblée confirme les décisions de la précédente.

*1965 : Avec l'autorisation du chef de l'État, Mgr Ndongmo, un Bamiléké, rencontre Ernest Ouandié pour étudier les conditions de sa reddition. L'affaire restera sans suite.

*19 août 1970 : arrestation à Mbanga, dans le Moungo. Il est aussitôt conduit dans les locaux de la Brigade mixte mobile (BMM) à Kondengui, près de Yaoundé, tristement célèbre pour ses salles de torture et dont le chef, Jean Fochivé, « représentait la terreur » et n'avait de comptes à rendre qu'au chef de l'État. Lors de sa détention dans les locaux de cette police secrète paramilitaire, il partagera la cellule d'Albert Mukong, ancien secrétaire général du One Kamerun de Ndeh NtumazahNote 2 et, en tant que tel, habitué des prisons politiques.

*28 décembre 1970 : comparution devant le tribunal militaire de Yaoundé en compagnie de Mgr Albert Ndongmo et de 26 coprévenus.

*5 janvier 1971 : condamnation à mort par le tribunal militaire.

En France, la plupart des grands médias (AFP, Le Monde...) diffusent la version présentée par le gouvernement d'Ahmadou Ahidjo. En revanche, le réseau Solidarité d'Henri Curiel mobilise avocats et intellectuels pour tenter d'organiser la défense juridique et médiatique des accusés, et contacte des diplomates français pour les convaincre d'intervenir. Un comité international de défense d'Ernest Ouandié est constitué, dont la présidence est assurée par le naturaliste Théodore Monod. Malgré le désintérêt des médias, plusieurs personnalités rejoignent le comité : l'ancien ministre Pierre Cot, l'écrivain Michel Leiris, le philosophe Paul Ricœur et le linguiste Noam Chomsky. À l'usine Thomson-CSF de Villacoublay, des dizaines d'ouvriers sont signataires d'une pétition de soutien.

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