A Kondengui, la violence et les abus n'épargnent aucun quartier, pas même celui des VIP

Prison Centrale De Kondengui Grogne Image illustrative

Fri, 11 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Si le quartier VIP de Kondengui semble à première vue épargné par les épreuves du reste de la prison, une enquête de Jeune Afrique révèle que ni le statut social, ni la fortune, ne protègent réellement les détenus des tensions, des humiliations et des violences qui traversent l'ensemble de l'établissement pénitentiaire.

Selon Jeune Afrique, l'épouse d'Edgar Alain Mebe Ngo'o a été prise à partie par des détenues du quartier des femmes, tandis que Martin Savom, maire de Bibey, a été molesté par Achille Zogo Andela, l'oncle du journaliste assassiné Martinez Zogo. Des épisodes qui démontrent, selon l'enquête, que le statut de VIP ne constitue en rien une protection absolue contre les tensions et les règlements de comptes qui traversent la prison, y compris dans ses quartiers les plus privilégiés.

Des accusations de chantage sexuel visant un gardien

L'élément le plus grave documenté par cette enquête de Jeune Afrique concerne des accusations visant un gardien surnommé « chef Mbinda », accusé de soumettre de jeunes détenus à un chantage sexuel, sous la menace de les envoyer dans une unité disciplinaire interne à la prison. Jeune Afrique évoque également, au quartier des femmes, des pratiques d'exploitation sexuelle en échange de quelques pièces ou d'un morceau de pain, impliquant selon l'enquête aussi bien des détenus fortunés que des personnes extérieures, et jusqu'à certains gardiens eux-mêmes.

Une violence quotidienne alimentée par la surpopulation

Jeune Afrique documente enfin la banalisation de la violence physique dans les quartiers les plus surpeuplés, où la moindre altercation peut dégénérer en usage d'armes improvisées, dans un climat de peur permanente où même les détenus les plus robustes évitent, selon un témoignage recueilli par l'enquête, de prendre la parole de peur de déclencher un affrontement.

Ce que cette cartographie des violences, établie par Jeune Afrique, met en évidence, c'est l'incapacité structurelle de l'administration pénitentiaire à garantir la sécurité et la dignité de l'ensemble des personnes placées sous sa responsabilité, la fortune ou l'influence politique offrant tout au plus un confort matériel, mais jamais une garantie totale contre les abus qui gangrènent l'ensemble de l'établissement.

Source: www.camerounweb.com