Le 16 décembre, le Cameroun et les États-Unis ont signé un accord de santé sur cinq ans, d'un montant de 400 millions de dollars. Washington promettait aussi 30 millions de dollars au HCR au Cameroun, officiellement pour faciliter le retour volontaire des réfugiés. Mais Jeune Afrique révèle que les communiqués de l'époque ne disaient pas tout.
Selon le magazine, la vérité est apparue en juin, quand le département d'État a publié discrètement un protocole d'accord conclu le même jour. Par ce texte, le Cameroun s'engage à accueillir jusqu'à 1 000 personnes expulsées des États-Unis.
Jeune Afrique rapporte qu'à Yaoundé, les autorités sont restées évasives. Le 17 février, la police judiciaire a placé en détention trois journalistes et un pigiste qui enquêtaient sur ces expulsions.
Le magazine situe l'accord dans un mouvement plus large. Citant l'ONG Third Country Deportation Watch, il indique que les États-Unis ont signé au moins 35 accords de ce type depuis janvier 2025, dont 14 avec des pays africains. Il cite aussi une enquête du consortium coordonné par Forbidden Stories, selon laquelle le bureau d'Ehrhardt prévoit de dépenser environ 410 millions de dollars pour conclure ces accords.
Reste la question juridique. Jeune Afrique rappelle que la Cour suprême américaine a autorisé le 29 septembre, à titre provisoire, la reprise des expulsions, après leur annulation par des juridictions inférieures. Les plaidoiries sont prévues en décembre, pour une décision définitive l'an prochain. Plusieurs ONG, rapporte le magazine, jugent ces expulsions illégales