Aristide Mono: Atagan Nji interpellé

Aristide Mono Image illustrative

Tue, 3 Feb 2026 Source: www.camerounweb.com

L'acteur public et élu local Aristide Mono a critiqué dimanche l'approche du ministère de l'Administration territoriale dans la lutte contre l'insalubrité, s'interrogeant sur la pertinence de distribuer "pelles et brouettes" aux mairies face à une crise environnementale qu'il qualifie de catastrophe. Tout en soutenant l'initiative du MINAT, il appelle à des mesures plus rigoureuses et une application stricte de la réglementation existante.

Intervenant dans une chaîne de télévision locale, Aristide Mono a soulevé des interrogations de fond sur la stratégie actuellement déployée par le ministère de l'Administration territoriale. "Le problème des ordures au Cameroun est-il réellement lié à un manque de brouettes et de râteaux ?" s'est-il interrogé, remettant en cause l'efficacité de la distribution de matériel rudimentaire aux collectivités locales.

L'élu local a questionné l'origine des ressources mobilisées pour ces opérations visibles sur le terrain. "Est-ce qu'au MINAT, il existe une ligne budgétaire dédiée à la gestion des ordures ? D'où proviennent réellement les moyens alloués pour distribuer pelles, brouettes et même les matelas que l'on voit souvent ?" a-t-il demandé, appelant à la transparence sur les fonds engagés.

Sans accuser directement, Aristide Mono a laissé planer le doute sur les véritables motivations de certaines actions. "On a parfois l'impression que certains cherchent avant tout à exister médiatiquement", a-t-il déclaré, évoquant la possibilité d'un "coup médiatique" ou d'une "stratégie de visibilité politique".

Il s'est également interrogé sur une éventuelle volonté de "mettre en difficulté Célestine Courtes en laissant penser qu'elle ne fait pas bien son travail", la ministre de l'Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable.

Pour l'acteur public, la problématique dépasse largement la fourniture d'outils aux mairies et renvoie à un problème structurel de gouvernance et de politique publique. Il appelle à "un examen rigoureux des lignes budgétaires existantes et des priorités du MINAT", un département confronté à des défis majeurs.

Au-delà des questions institutionnelles, Aristide Mono a dressé un constat alarmant de la situation environnementale du pays. "Lorsque j'étais enfant, je n'ai jamais vu autant de plastiques", a-t-il témoigné, dénonçant une dégradation progressive mais profonde du cadre de vie urbain.

L'élu local a particulièrement insisté sur la prolifération des déchets plastiques et ses conséquences sanitaires. "Lorsque, dans une ville, vous prenez un engin pour remuer le sol, vous constatez que le sol urbain est devenu un mélange de plastique. C'est extrêmement insalubre et les populations ne mesurent pas que cela est source de nombreuses maladies", a-t-il alerté.

Aristide Mono a pointé du doigt le non-respect de la réglementation existante. "La loi, voyant ce drame arriver, a interdit un certain nombre de produits. Mais cette loi n'est pas appliquée", a-t-il déploré, estimant que cette absence d'application effective a conduit à "une catastrophe écologique".

Malgré ses critiques, l'acteur public a tenu à marquer son soutien à l'initiative du MINAT. "Le ministre de l'Administration territoriale a mis le doigt là où il faut. Je le soutiens totalement et je pense qu'il doit même aller plus loin", a-t-il déclaré.

Il a notamment appelé à une implication accrue des autorités administratives et des forces de maintien de l'ordre pour appuyer les élus locaux dans la répression des infractions environnementales. "Sur le terrain, les autorités administratives et les forces de maintien de l'ordre doivent appuyer les élus locaux que nous sommes afin de réprimer", a-t-il insisté.

Cette prise de position d'Aristide Mono relance le débat sur la gouvernance environnementale au Cameroun et la répartition des rôles entre administrations centrales et collectivités locales dans la lutte contre l'insalubrité.

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