Brys viré mais toujours payé jusqu'en septembre 2026 — Jeune Afrique révèle pourquoi l'État n'a pas osé couper le robinet

Eto'o Brys Sam Image illustrative

Mon, 16 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

Il ne dirige plus les Lions Indomptables depuis des mois. Il n'a pas encore retrouvé de club. Et pourtant, Marc Brys continue de percevoir chaque mois son salaire — versé rubis sur l'ongle par l'État camerounais jusqu'en septembre 2026, terme de son contrat. Une situation que Jeune Afrique révèle en exclusivité ce 15 mars 2026, dans une enquête sur la décision de la FECAFOOT de prendre en charge les salaires de tous ses sélectionneurs nationaux.

La raison de cette apparente générosité de l'État est clairement expliquée par une source interne au MINSEP interrogée par Jeune Afrique : « L'État a préféré respecter ses engagements et verser l'intégralité de son salaire jusqu'à la fin du contrat, afin d'éviter que cela se termine devant la FIFA. » Le précédent qui hante les esprits au ministère, c'est celui d'António Conceição, limogé en février 2022 par Eto'o — avec l'accord de Paul Biya — et dont le contentieux devant la FIFA a coûté au Trésor public un peu plus de 1,5 million d'euros, majoré d'indemnités diverses.

Autrement dit : l'État camerounais paie Marc Brys pour ne pas payer davantage plus tard. Une logique comptable défensive, certes, mais qui illustre aussi le coût réel des décisions impulsives dans la gestion du football national.

David Pagou : premier sélectionneur de l'histoire payé par la FECAFOOT

La nouveauté historique, révèle Jeune Afrique, c'est que David Pagou — nommé en urgence pour remplacer Brys deux semaines avant la CAN au Maroc, où les Lions ont atteint les quarts de finale avant d'être éliminés par le pays organisateur (0-2) — est le premier sélectionneur de l'équipe première masculine à être contractuellement lié à la FECAFOOT et payé par elle, et non par l'État. Le montant exact de son salaire n'a jamais filtré, mais le principe, lui, est historique.

Samuel Eto'o l'a lui-même annoncé lors de son interview à Digital B Agency, citée par Jeune Afrique : « Nous payons désormais les salaires de tous les sélectionneurs. » Onze techniciens et leurs staffs respectifs — une charge inédite pour la fédération.

Face à cette offensive d'Eto'o sur le terrain de l'autonomie financière, le ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi — dont les relations avec le président de la FECAFOOT sont décrites par Jeune Afrique comme « notoirement exécrables » — a choisi la tactique du silence. « Les instructions venues d'en haut sont les suivantes : on observe, on ne bouge pas, on ne fait aucune allusion. Nous verrons bien si la fédération parvient effectivement à assumer ces salaires », confie un proche du ministre à Jeune Afrique. Une attente calculée qui ressemble à un pari : que la FECAFOOT trébuche d'elle-même sur ses nouvelles ambitions financières.

Source: www.camerounweb.com