Pour la première fois depuis des mois de spéculations, Jeune Afrique met un mot précis sur le motif médical qui a conduit Paul Biya à Genève. Selon les révélations exclusives du journal publiées ce 16 juin 2026, le président camerounais souffre d'un problème au genou — «sans précision sur la nature exacte de l'affection», nuance le journal, s'appuyant sur une source à la présidence. Une opération qui était planifiée «pour une prise en charge générale et une intervention au genou» bien avant les célébrations du 20 mai — et qui a été retardée, repoussée, puis finalement précipitée par le malaise de la réception nationale.
La révélation la plus significative de Jeune Afrique sur l'état de santé de Paul Biya est chronologique. «Les médecins du Chef de l'État recommandaient à Paul Biya une hospitalisation depuis plusieurs semaines» avant son départ du 7 juin. Cette phrase dit que le malaise du 20 mai n'était pas un événement imprévisible — c'était l'aboutissement prévisible d'une dégradation médicale que les praticiens avaient anticipée. Le président avait une affection au genou. Ses médecins voulaient l'hospitaliser. Et malgré tout, il est resté — pour présider le défilé, pour gérer les dossiers urgents, pour ne pas envoyer de signal de faiblesse.
Le résultat : il chute lors de la réception officielle. Les médecins suisses et français de son équipe personnelle interviennent en urgence. «Des praticiens européens sont ensuite dépêchés en renfort à Yaoundé» pour stabiliser son état, révèle Jeune Afrique. Et c'est seulement dix-huit jours après ce malaise que l'hospitalisation a finalement lieu — dans une clinique privée genevoise dont le nom n'est pas communiqué officiellement.
Jeune Afrique révèle que le séjour genevois de Paul Biya, «initialement prévu pour deux semaines, a d'ores et déjà été prolongé». Un délai étendu qui dit soit la complexité de l'intervention au genou, soit des complications médicales supplémentaires que la présidence ne divulgue pas. À 93 ans, une opération chirurgicale — même réputée bénigne à un âge plus jeune — représente un risque médical sérieux qui nécessite une convalescence prolongée et un suivi intensif.
À l'issue de son hospitalisation, note encore Jeune Afrique, «Paul Biya ne devrait pas rentrer directement au Cameroun, mais poursuivre son séjour en Suisse». Genève comme résidence de fait. La Suisse comme extension du palais présidentiel camerounais — selon la formule que le journal avait utilisée dans une précédente enquête. Un Chef de l'État absent pour une durée indéfinie, soigné à des milliers de kilomètres de son pays, pendant que les grands dossiers attendent — et que les clans continuent de se battre.