Comment le président de l'Assemblée nationale trouve l'idée du poste de vice-président

Datouo Theodore Pan Évènement historique

Mon, 6 Apr 2026 Source: L'Indépendant n°1017

Un événement historique s’est ouvert, le jeudi 2 avril 2026 au Palais de Verre de Ngoa-Ekellé. En effet, pour la première fois depuis l’avènement du Sénat, les deux chambres du parlement se sont réunies en Congrès. Il était question de modifier certaines dispositions de la Loi fondamentale, sous l’impulsion du chef de l'État, Paul Biya. Sous les dorures du Palais de Verre, le décor était celui des grands jours pour l’ouverture du 6ème Congrès du parlement.

La séance plénière, moment rare de la vie institutionnelle camerounaise, a réuni députés et sénateurs autour d’un ordre du jour crucial : une autre révision constitutionnelle. Les travaux étaient dirigés par le Très Honorable Théodore Datouo, Président de la Chambre basse et, par extension, Président du Congrès. Pour l'assister dans cette mission de haute portée législative, il y avait Sa Majesté Aboubakary Abdoulaye, Président du Sénat, et d’André Noël Essian, secrétaire général de l’Assemblée nationale.

Dès l’entame de son discours d’ouverture, Théodore Datouo a tenu à rappeler le cadre juridique de cette assise. En effet, conformément aux dispositions de l'article 14, alinéa 4 de la Constitution, les deux Chambres du parlement se réunissent en Congrès à la demande du chef de l'État : pour entendre une communication ou recevoir un message du Président de la République ; pour recevoir le serment des membres du Conseil Constitutionnel ; enfin, pour se prononcer sur un projet ou une proposition de révision constitutionnelle.

S’appuyant sur l’article 63, alinéa 1 de la Constitution, le successeur de Cavayé Yeguié Djibril a précisé que l'initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au président de la République et au parlement. Pour le cas qui est soumis au parlement, l'initiative vient du Président de la République, Paul Biya, « Principal Artisan du cadre démocratique et du foisonnement des libertés dont jouissent de plus en plus les Camerounais en ce moment ».

Il va rappeler que s'agissant de l'exercice hautement républicain qui interpelle le parlement, le texte doit être adopté à la majorité absolue des membres du Congrès. Ce projet de révision ne survient pas dans un vide politique. Il s’inscrit dans le prolongement de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Lors de son investiture solennelle le 6 novembre dernier, le chef de l’État avait tracé les sillons de ce nouveau mandat : bâtir un Cameroun stable, uni et prospère. Cette modification constitutionnelle apparaît ainsi comme le premier levier institutionnel pour traduire en actes les promesses faites au « peuple souverain ».

Le président du Congrès a d’ailleurs souligné que le chef de l’État reste, par cette démarche, « à l’écoute constante des aspirations de ses compatriotes ». D’après Théodore Datouo, il ne fait aucun doute que l'esprit du projet soumis à l’examen se situe en droite ligne de cet engagement renouvelé du chef de l'État et de son appel à l'union sacrée. Mais au-delà, va-t-il ajouter, l'initiative du président de la République participe de sa volonté bien connue, car maintes fois affirmée, pour une amélioration constante des institutions de la République ; des institutions qu'il faut adapter aux exigences de l'heure afin que le pays puisse toujours et au mieux, relever les nombreux défis qui l'interpellent.

Au parlement, l’importance de l’ordre du jour a attiré un parterre de personnalités. Au premier rang, le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, accompagnait l'ensemble de son cabinet. Le corps diplomatique, les représentants des grandes organisations internationales ainsi que des figures de proue de la société civile ont également répondu présent, témoignant de l'intérêt majeur de cette réforme pour la stabilité régionale.

Source: L'Indépendant n°1017