Les dernières déclarations d'Issa Tchiroma Bakary ne passent pas inaperçues. Dans son message adressé à la jeunesse camerounaise depuis la Gambie, le président élu par le peuple a employé des formules qui alimentent aujourd'hui toutes les spéculations sur ses intentions et sa stratégie pour, selon ses termes, récupérer "un pouvoir volé".
C'est un passage précis de sa déclaration qui retient aujourd'hui l'attention des observateurs : "Et je vous le dis : quelque chose de grand arrive. Nous mettons en place un cadre clair pour que le peuple — et d'abord la jeunesse — prenne sa place, s'organise, s'exprime, et passe. Vous en verrez bientôt la forme. Vous en verrez surtout la force."
Le mot "force" interroge. De quelle nature sera-t-elle ? Politique, populaire, ou autre ? Issa Tchiroma Bakary n'apporte aucune précision, laissant le champ libre aux interprétations.
Certains y voient une mobilisation citoyenne pacifique, d'autres une pression politique accrue. Mais une partie des observateurs s'interroge sur la possibilité d'actions plus radicales, surtout au regard d'un autre passage de sa déclaration : "La mort de Justin et les souffrances de toutes les victimes de cette répression ne resteront pas impunies."
Ces déclarations interviennent dans un climat de fortes tensions politiques au Cameroun. Depuis la présidentielle contestée d'octobre 2023 et la répression qui a suivi, le pays reste profondément divisé. Plus de 2 500 personnes auraient été arrêtées, selon les chiffres avancés par l'opposition, et plusieurs décès en détention ont été rapportés, dont celui de Justin Hara que mentionne Tchiroma.
La question du "comment" se pose désormais avec acuité. Comment Issa Tchiroma Bakary, depuis son exil gambien, compte-t-il concrétiser ses promesses ? Quels moyens envisage-t-il réellement ?
L'armée, élément clé de l'équation
Au cœur des interrogations figure le positionnement de l'armée camerounaise. Dans un contexte hypothétique de confrontation, sur qui pourrait compter le pouvoir en place ?
Cette question n'est pas nouvelle. Les forces armées camerounaises ont payé un lourd tribut dans les conflits du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (crise anglophone) ainsi que dans la lutte contre Boko Haram dans l'Extrême-Nord. Des milliers de soldats ont perdu la vie, et le moral des troupes serait, selon certaines sources, au plus bas.
Fait notable : Paul Biya a multiplié les références à l'armée lors de ses trois dernières apparitions publiques. Le 6 novembre 2024 lors de sa prestation de serment, le 31 décembre 2025 dans son discours de fin d'année, et le 10 février dernier lors de son adresse à la jeunesse, le président a systématiquement rendu hommage aux forces armées.
Coïncidence ou stratégie délibérée pour s'assurer de la fidélité de l'institution militaire ?
Entre spéculation et réalité
Il convient toutefois de rester prudent face aux interprétations. Aucune déclaration explicite d'Issa Tchiroma Bakary ne mentionne le recours à des moyens violents. Le terme "force" peut revêtir de multiples significations : force de la mobilisation populaire, force du droit, force de l'organisation politique.
Néanmoins, dans le contexte camerounais actuel, chaque mot pèse lourd et résonne différemment selon les camps. Pour ses partisans, Tchiroma incarne la détermination et le changement. Pour le pouvoir en place, il représente une menace à l'ordre établi.
Les prochaines semaines seront déterminantes. La communauté internationale observe avec attention l'évolution de la situation camerounaise. Les acteurs régionaux, notamment la CEMAC et l'Union africaine, pourraient être appelés à jouer un rôle de médiation si les tensions devaient s'intensifier.
En attendant, la phrase d'Issa Tchiroma résonne comme un avertissement ou une promesse, selon le point de vue : "Vous en verrez surtout la force."
COUP DE TONNERRE : ISSA TCHIROMA ANNONCE ANNONCE SON RETOUR AU CAMEROUN AVEC LA FORCE
Les Camerounais se demandaient comment est-ce que Tchiroma comptait-il récupérer son pouvoir volé par Paul Biya. La réponse a finalement été esquissée hier, lors de son message à la jeunesse. Il a déclaré : « Et je vous le dis : QUELQUE CHOSE DE GRAND ARRIVE... VOUS EN VERREZ SURTOUT LA FORCE... ».
La question est désormais de savoir de quelle « force » parle-t-il. Usera-t-il de tous les moyens, y compris la lutte armée autorisée par les conventions internationales lorsque le peuple se trouve en état de légitime défense ? Surtout qu'il rappelle de façon précise avec fermeté dans sa déclaration que : « La mort de Justin et les souffrances des victimes de cette répression ne resteront pas impunies ».
Face à cette nouvelle orientation de la lutte, les soldats camerounais risqueront-ils leur vie pour défendre un homme de 93 ans dont 43 passés à la tête de l'Etat, devenu sénile, incapable de gouverner et qui ne garantit aucun avenir au peuple camerounais ? Ce qui n'est pas très sûr vu le moral très bas des troupes dont des milliers d'entre eux ont perdu la vie dans le Noso et dans la lutte contre Boko Haram sans la moindre compassion de Paul Biya.
Paul Biya en est très conscient. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard s'il a multiplié les gestes pour amadouer l'armée lors de ses trois dernières sorties : pendant sa prestation de serment le 6 novembre dernier, lors de son discours de fin d'année le 31 décembre 2025, et ce 10 février lors de son adresse à la jeunesse.
Si ce n'est un matin, ce sera un soir !
𝑷𝒂𝒖𝒍 𝑪𝒉𝒐𝒖𝒕𝒂 (𝑷𝑪)/𝙇𝙚 𝙏𝙜𝙫 𝙙𝙚 𝙇'𝙞𝙣𝙛𝙤