Le conseiller technique n°2 du ministère des Sports, Cyrille Tollo, a semé le trouble sur la situation administrative du sélectionneur des Lions Indomptables, David Pagou. Dans une sortie remarquée sur Vision 4 TV, il a rappelé la procédure légale de nomination d'un entraîneur national, affirmant que le ministre des Sports n'a reçu aucune correspondance de la Présidence désignant un nouvel entraîneur. Il évoque même une possible situation d'« abandon de poste » pour Pagou, tout en précisant qu'aucune procédure n'a été entamée.
C'est une sortie qui relance la polémique autour de la situation administrative de David Pagou, sélectionneur des Lions Indomptables depuis la mise à l'écart de Marc Brys. Invité sur Vision 4 TV, Cyrille Tollo, conseiller technique n°2 au ministère des Sports et de l'Éducation physique, a détaillé la procédure normative de nomination d'un entraîneur national, laissant entendre qu'elle n'a pas été respectée dans le cas de Pagou.
« La procédure n'a pas été respectée »
« Vous savez, au niveau des Lions, sur le plan normatif, sur le plan légal, la nomination d'un entraîneur procède d'une procédure », a rappelé Cyrille Tollo. Il a ensuite énuméré les étapes : des propositions sont faites à la Présidence de la République, le Chef de l'État instruit le ministre des Sports de nommer un entraîneur, le ministre fait un communiqué, négocie les conditions salariales, et le dossier est transmis au ministère des Finances pour la prise en charge financière.
« Aujourd'hui, à date, le ministre des Sports n'a pas reçu de correspondance de la Présidence de la République désignant un nouvel entraîneur », a-t-il affirmé. Une manière de dire que la nomination de David Pagou, effectuée par la FECAFOOT et non par le ministère, ne respecte pas le cadre légal en vigueur.
David Pagou, un fonctionnaire en situation irrégulière ?
Cyrille Tollo a ensuite abordé la situation administrative de David Pagou lui-même. « Sur une chaîne concurrente, j'ai dit que David Pagou est un personnel du MINSEP, c'est un professeur d'éducation physique qui n'a jamais été mis en détachement auprès de la Fédération camerounaise de football. D'ailleurs il n'a jamais demandé lui-même à l'être. »
Il a ajouté : « Donc en réalité, si on revient au code de la fonction publique au Cameroun, on pourrait dire que Monsieur David Pagou est dans une situation d'abandon de poste, mais nous n'avons pas entamé de procédures, que ce soit. »
Une déclaration qui place David Pagou dans une situation juridique délicate : celle d'un fonctionnaire qui n'a pas été formellement détaché auprès de l'instance qui l'emploie, et dont le statut administratif est, selon le conseiller technique, irrégulier.
Un financement par la FECAFOOT, pas par l'État
Cyrille Tollo a également précisé le mécanisme de financement : « Monsieur David Pagou a été nommé par le Président de la Fédération Camerounaise de Football, mais lorsque la Fédération fait les budgets, il est pris en charge, il ne peut pas être payé par l'État, vous connaissez le mécanisme. »
En clair, David Pagou est payé par la FECAFOOT, non par l'État. Une situation qui, si elle est confirmée, contredit la thèse selon laquelle le sélectionneur serait un agent de l'État placé auprès de la Fédération. Elle expliquerait aussi pourquoi le ministère des Sports n'a pas jugé nécessaire d'entamer des procédures disciplinaires à son encontre.
Cette sortie de Cyrille Tollo intervient dans un contexte de vives tensions entre le ministère des Sports et la FECAFOOT. Depuis la mise à l'écart de Marc Brys, le ministère conteste la légitimité de David Pagou et refuse de reconnaître sa nomination. Le conflit s'était déjà manifesté par l'affrètement d'un avion par la FECAFOOT pour transporter les Lions à Garoua, alors que le ministère n'avait pas communiqué d'horaire ni de moyen de transport.
Pour l'heure, ni David Pagou ni la FECAFOOT n'ont réagi aux déclarations de Cyrille Tollo. Mais une chose est certaine : la situation administrative du sélectionneur des Lions Indomptables reste, à ce jour, floue et contestée. Un flou qui pourrait avoir des conséquences sur la préparation des éliminatoires de la CAN 2027.