De la crise de 2016 au défilé du 20 mai : le St Joseph’s College face à la guerre, selon Jeune Afrique

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Wed, 14 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Dix ans après le début du conflit dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, le St Joseph’s College n’a pas été épargné, rappelle Jeune Afrique.

Selon le magazine, le 17 septembre 2018, des hommes armés de fusils artisanaux et de machettes ont fait irruption sur le campus, provoquant un mouvement de panique. Vingt élèves ont été conduits à l’hôpital, les activités ont été interrompues, et l’établissement a été délocalisé sur le campus du Bishop Rogan College, un autre établissement confessionnel de Buea.

Jeune Afrique retrace comment la question éducative a nourri la révolte de 2016. Lorsque les avocats ont réclamé une meilleure prise en compte de la Common Law, les enseignants ont dénoncé « une francophonisation des écoles anglophones ». Le magazine cite le universitaire Fontem Neba, figure du mouvement, qui s’indignait qu’on affecte dans les écoles anglophones des enseignants ne comprenant pas l’anglais.

Le magazine décrit ensuite l’engrenage : les autorités s’enferment dans le déni et répriment les protestataires, des images de soldats humiliant des étudiants de l’université de Buea suscitent l’indignation, les leaders instaurent une journée ville morte chaque lundi, leurs arrestations radicalisent le mouvement, et les groupes armés décrètent le boycott total de l’éducation publique d’État. Jeune Afrique y voit le début d’un harcèlement continu contre élèves, enseignants et établissements.

Dix ans plus tard, selon le magazine, les effectifs du collège ont fortement baissé, notamment en raison des craintes des parents francophones. La vie a toutefois repris un semblant de normalité : le 20 mai 2025, ses élèves ont participé au défilé de la fête de l’Unité, une première depuis 2016. Jeune Afrique relève que leur passage n’est pas passé inaperçu, en raison d’un pas curieux et d’une démarche traînante censée rappeler celle de Paul Biya. Le magazine ajoute qu’un an plus tard, en 2026, la police leur a intimé l’ordre de « bien lever le pied ».

Le magazine souligne enfin le prestige du collège, dont la discipline attire de nombreux parents francophones, et cite parmi ses anciens élèves l’ancien Premier ministre Peter Mafany Musonge, Ivo Desancio Denwo, chef de la sécurité de Paul Biya, l’ancien envoyé spécial de l’ONU Simon Munzu et le champion d’athlétisme Emmanuel Eseme.

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