Dernière minute : sécurité renforcée à Douala

Autoroute Douala Yaounde Rond Point.jpeg Le Bataillon d'intervention rapide

Tue, 7 Jul 2026 Source: www.camerounweb.com

Dans la grammaire géopolitique de l’Afrique centrale, la sécurité des infrastructures portuaires n’est pas une simple variable d’ajustement, mais un impératif de souveraineté, introduit Dr Georges Martial Ngalieu, journaliste et écrivain. C’est sous ce prisme d’une analyse profonde des menaces contemporaines que le ministre Joseph Beti Assomo a inauguré la nouvelle base du BIR zone Douala, continue la source que notre rédaction relaie.

Pour le membre du gouvernement, sécuriser la métropole économique équivaut à prémunir le moteur de croissance de l’hinterland contre les assauts de l’insécurité asymétrique.

De l’onde de choc de Bakassi à l’émergence d’une riposte intégrée

Pour appréhender la portée de cette infrastructure, il convient d’en décoder la trajectoire historique. La réorganisation de la défense maritime camerounaise trouve son origine dans la rétrocession de la presqu’île de Bakassi, actée par l’arrêt de la Cour internationale de Justice du 10 juin 2002, puis consolidée par les Accords de Greentree en 2006 et le transfert définitif de souveraineté en août 2008. Ce redécoupage frontalier a généré de nouvelles vulnérabilités, rapidement exploitées par une piraterie maritime agressive dans le Golfe de Guinée.

Les années 2010 et 2011 ont constitué un point de rupture critique. Les assauts répétés contre les navires Argo, North Spirit, Olokun 4, Salma, Amerigo Vespucci et Moungo 7, doublés de l’attaque audacieuse de l’agence Ecobank de Bonabéri, ont mis en évidence la nécessité d’un verrouillage sécuritaire rigoureux. La réponse du Haut Commandement fut immédiate et structurée : mise sur pied du BIR Delta, d’un Centre d’Instruction dédié, implantation de la base logistique de Man O War Bay, et création dès 2007 d’un Groupement Logistique de Transit à Douala, précurseur de l’actuel BIR Zone Douala.

L’ingénierie militaire contre la tyrannie des marées

L’édification de la nouvelle base répond d’abord à un impératif d’efficacité opérationnelle. L’ancien site, logé au sein de la base navale de Douala, souffrait d’une sédimentation chronique. Cet ensablement forçait les vecteurs nautiques à n’appareiller qu’en période de marée haute, grevant lourdement la réactivité des forces d’élite lors des alertes d’urgence. De plus, la dispersion des services de soutien dans des locaux locatifs extérieurs nuisait à la cohérence du commandement.

La nouvelle base résout cette équation logistique en concentrant, sur un site unique et hautement sécurisé, l’ensemble des capacités d’intervention : Le poste de commandement du BIR Zone Douala ; Un atelier naval moderne pour la maintenance rapide des embarcations de combat ; Une station autonome de traitement des eaux et des magasins logistiques de pointe ; Un réfectoire et le centre alimentaire méridional.

Cette rationalisation de l’espace garantit une projection rapide des forces et optimise la coordination tactique des unités.

Un pacte de confiance entre l’Armée et les acteurs du développement

La cérémonie d’inauguration a également mis en lumière l’indispensable synergie civilo-militaire. Le Maire de la ville de Douala, le Dr Roger Mbassa Ndinè, a rappelé le rôle de premier plan que joue la cité en tant que hub d’Afrique centrale. À sa suite, le Directeur Général du Port Autonome de Douala, Cyrus Ngo’o, a souligné la contribution majeure de cette base à la protection des investissements portuaires. Le ministre de la Défense lui a d’ailleurs adressé des remerciements appuyés pour l’accompagnement foncier décisif consenti par le PAD dans la matérialisation de ce projet d’intérêt national.

L’excellence militaire a également été célébrée à travers l’élévation du Général de brigade Ngolo Ngomba Tobie Gabriel, commandant de la RMIA2, à la dignité de Grand officier de l’Ordre national de la valeur. À cette occasion, Joseph Beti Assomo lui a réitéré les consignes du chef de l’État : intensifier la synergie interarmées pour éradiquer le grand banditisme et la piraterie.

Vers un maillage sécuritaire total

Le coordonnateur général des BIR, le Général de brigade François Pelene, a précisé que cette infrastructure s’inscrit dans une logique de quadrillage global du territoire. Si la base de Douala verrouille la façade méridionale, une seconde implantation similaire est déjà projetée à Ngaoundéré pour ceindre la partie septentrionale du pays.

Le dévoilement de la plaque commémorative et la coupure du ruban symbolique, sous le regard avisé de figures de l’armée à l’instar du Colonel Gabriel Touang Djakinkreo, marquent ainsi l’avènement d’une ère nouvelle. Le Cameroun réaffirme sa position de puissance navale stabilisatrice dans le Golfe de Guinée, prouvant que la protection de son économie repose sur une défense souveraine, moderne et inexpugnable.

Source: www.camerounweb.com