Au-delà du geste polémique et de la sanction disciplinaire, la suspension de Samuel Eto'o révèlerait un conflit profond avec le président de la CAF, Patrice Motsepe, autour de l'avenir de la Coupe d'Afrique des Nations.
La sanction est tombée ce jeudi 15 janvier 2026. Le Jury disciplinaire de la Confédération Africaine de Football (CAF) a condamné Samuel Eto'o Fils, président de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT), à quatre matchs d'interdiction d'accès aux stades et à une amende de 20 000 dollars américains pour « mauvaise conduite » lors du match Maroc-Cameroun disputé le 9 janvier à Rabat dans le cadre de la TotalEnergies CAF Coupe d'Afrique des Nations Maroc 2025.
Reconnu coupable de violation des principes de fair-play définis à l'article 2, paragraphe 3, des Statuts de la CAF ainsi qu'à l'article 82 du Code disciplinaire, l'ancien capitaine des Lions Indomptables paie aujourd'hui le prix de son comportement jugé inapproprié.
Pour Patrick Lally, journaliste sportif, le geste de Samuel Eto'o reste « indigne d'un président de fédération ». Toutefois, l'analyste nuance : « L'amour de la patrie a pris le dessus sur la colère ». Une explication qui traduit la passion débordante de l'ancien Ballon d'Or africain pour les couleurs camerounaises, mais qui ne suffit pas à justifier un tel écart de conduite aux yeux des instances continentales.
Mais derrière cette sanction officiellement motivée par un comportement antisportif se dessinerait un tout autre tableau. Selon nos informations, Samuel Eto'o entretiendrait des relations tendues avec Patrice Motsepe, président de la CAF, autour d'un dossier stratégique : la fréquence de la Coupe d'Afrique des Nations.
Eto'o militerait avec fermeté pour un retour à un rythme biennal (tous les deux ans) de la CAN, contre le format quadriennal (tous les quatre ans) que défendrait le camp de Motsepe. Cette divergence de vision sur l'avenir de la compétition phare du continent aurait créé une fracture profonde entre les deux hommes.
La sanction disciplinaire infligée au président camerounais pourrait ainsi masquer les « zones d'ombre » de ce bras de fer politique au sommet de l'instance africaine. Une punition exemplaire pour calmer les ardeurs d'un opposant trop remuant ?
Dans son communiqué, la CAF a annoncé qu'elle « ne fera aucun autre commentaire sur cette affaire ». Un silence qui alimente les spéculations et laisse planer le doute sur les véritables enjeux de cette sanction.
Samuel Eto'o, figure iconique du football africain devenu homme de pouvoir, devra désormais composer avec cette interdiction de stade lors des prochains matchs de la CAN. Mais le véritable match, lui, se joue peut-être loin des pelouses, dans les couloirs feutrés de la CAF.