Jeune Afrique : Amougou Belinga, le magnat qui se croyait au-dessus du régulateur

Jpamougoubelinga Image illustrative

Fri, 2 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Pendant des années, Jean-Pierre Amougou Belinga a donné l'image d'un homme que personne ne pouvait inquiéter. Selon l'enquête publiée par Jeune Afrique, son groupe médiatique (le quotidien L'Anecdote, la radio Satellite FM et la chaîne Vision 4) cumulait depuis longtemps les entorses à la déontologie, sans jamais avoir été frappé par une sanction de cette ampleur.

Jeune Afrique rappelle que le groupe est « réputé pour ses dérives » : fausses informations, notamment l'annonce erronée de la mort du président gabonais Ali Bongo Ondimba en 2018, et discours de haine ou stigmatisants. Le magazine souligne que l'homme d'affaires affichait alors un dédain assumé envers le Conseil national de la communication (CNC), son ancien président Peter Essoka et ses décisions.

D'après Jeune Afrique, cette assurance reposait sur une proximité supposée avec le ministre de la Justice, Laurent Esso. Ce réseau d'influence aurait contribué au sentiment d'impunité d'un homme que le média qualifie ailleurs de celui « qui faisait trembler Yaoundé ».

Tout change avec son arrestation dans l'enquête sur l'assassinat du journaliste Martinez Zogo. Jeune Afrique indique que le magnat, désigné comme commanditaire présumé, aurait depuis « réduit la voilure » : son empire s'est séparé de Télésud, un actif international, et plusieurs journalistes vedettes ont quitté le groupe. Bruno Bidjang, le dernier en date, a lancé son propre média.

Le portrait que dresse Jeune Afrique est celui d'un bâtisseur d'empire dont l'autorité s'effrite. La suspension d'un mois de Vision 4 prononcée par le CNC le 29 septembre marque, selon le magazine, un net retournement du rapport de force. Rappelons que Jean-Pierre Amougou Belinga bénéficie de la présomption d'innocence dans l'affaire Zogo.

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