La mise en scène d'une démission : comment le Président a simulé la maladie pour préparer sa sortie

Etoudi Number One Image illustrative

Thu, 27 Aug 2026 Source: www.camerounweb.com

Les révélations de Jeune Afrique sur les circonstances entourant la démission d'Ahmadou Ahidjo, en novembre 1982, dévoilent une opération savamment orchestrée, où la mise en scène d'un mal de santé aurait servi de couverture à une transition présidentielle minutieusement préparée en coulisses.

Selon les informations rapportées par Jeune Afrique, Ahmadou Ahidjo a multiplié, dans les semaines précédant l'annonce officielle de sa démission, des épisodes de « maladie », dont certains auraient été délibérément simulés. Le média rapporte un épisode particulièrement révélateur survenu fin octobre 1982 lors d'un voyage à Grasse, en France : le président aurait avalé une dizaine de pilules devant Guy Penne, émissaire du président français François Mitterrand, dans le but manifeste de crédibiliser l'image d'un homme surmené et affaibli.

Un retour secret pour peaufiner l'annonce

Toujours selon Jeune Afrique, ce numéro de dissimulation aurait précédé un retour discret à Yaoundé, où Ahmadou Ahidjo aurait mis la dernière main à son allocution radiodiffusée, prononcée le 4 novembre 1982 sur les ondes de Radio Cameroun. Le média souligne que cette démission, loin d'être un geste spontané dicté par la fatigue, s'apparentait davantage à une mise en retrait stratégique, le président conservant dans le même temps la direction du parti unique, l'Union nationale du Cameroun (UNC).

Ce que Jeune Afrique met ainsi en lumière, c'est le décalage entre l'image d'une transition pacifique, saluée à l'époque comme un exemple rare de passation de pouvoir sans heurts en Afrique, et la réalité d'un calcul politique visant à permettre à Ahmadou Ahidjo de garder la main sur les leviers du pouvoir par le biais du parti, tout en cédant formellement la présidence à son Premier ministre, Paul Biya. Un jeu de dupes qui allait, dans les mois suivants, se retourner contre son instigateur.

Source: www.camerounweb.com