La mort prématurée de Jeanne-Irène Biya est l'un des sujets qui reviennent avec insistance sur l'espace public. Roger Motaze, aide de camp de Paul Biya, était très proche de sa tante Jeanne-Irène. Ce capitaine vit très mal le décès brutal le 29 juillet 1992 de la première dame et ce d'autant plus que quelques mois avant, la concernée l'avait tant appelé à l'aide, dévoile le lanceur d'alerte Zang.
En effet, dit-il, confident de sa tante, elle lui faisait part de ses nombreuses craintes et inquiétudes et du fait qu'elle voulait reprendre sa liberté très loin du Cameroun. La famille royale belge dont elle était d'ailleurs très proche via son amitié avec la reine Fabiola de regrettée mémoire lui offrait d'ailleurs hospitalité.
Le capitaine Roger Motaze relativisait la situation en disant à sa tante qu'elle devait se reprendre car rien ne pourrait lui arriver tant qu'il vivrait, surtout qu'elle et le président étaient un couple exemplaire à ses yeux et aux yeux du peuple camerounais.
La mort au mois de mai 1992 par accident sur la route d'Obala d'un jeune lieutenant-colonel soupçonné d'être l'organiseur de cet exil programmé de la première dame (et donc d'avoir une quelconque liaison avec elle selon d'autres sources, Ndlr) et la mort même de la première dame en juillet de la même année auront raison du mental du capitaine Motaze qui va s'en vouloir de n'avoir pas été assez à l'écoute de sa tante bien aimée.
Quelques semaines après l'enterrement de la première dame, le président nouvellement veuf, sentant bien que son aide de camps ne vit pas vraiment bien le deuil brutal de sa tante, va l'inviter à sa table au palais afin de partager un repas entre père et fils comme au bon vieux temps.
À la suite de ce repas, le président va le commissionner pour Mvomeka'a afin de lui rapporter des documents d'État nécessitant sa diligence. Le capitaine Roger Motaze se met donc en route juste après en se faisant accompagner par un autre officier de l'armée.
Il roule normalement jusqu'à Sangmélima, le temps pour lui de dire bonjour à N'na Ze le maire de la ville de l'époque en lui disant qu'il revient. Sauf qu'il ne reviendra plus jamais car à quelques encablures de Meyomessala, le frein et l'embrayage de voiture ne fonctionnant plus.
La suite sera un accident de circulation. Roger Motaze meurt sur le coup tandis que l'autre officier qui l'accompagnait s'en sort indemne. Ainsi prend fin la vie du capitaine sur la route la plus sûre du pays. Il avait 36 ans à peine.