Que se passe-t-il vraiment dans la région du Nord, à Poli, avec le trésorier du parti politique du MRC qu'on décrit comme étant la victime d'un règlement de compte politique ? Explications de Boris Bertolt dans ce dossier qui a l'air de rien au début, mais qui commence par prendre une dimension inquiétante.
Une nouvelle affaire aux accents politico-judiciaires secoue la ville de Poli, dans le département du Faro (région du Nord). Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) accuse le lamido-maire de Poli, Sadou Yaouba, d'avoir exercé un chantage politique contre l'un de ses responsables locaux, dans un dossier mêlant créance commerciale, détention et affrontement politique.
Les responsables du parti dans la région du Nord soulignent qu'Ibrahima Alim, trésorier régional du MRC pour le Nord, est détenu depuis le 5 mai 2026. Le MRC affirme que cette interpellation est liée à un différend portant sur le paiement d'une livraison de carburant d'une valeur de 3,5 millions de francs CFA.
Le parti soutient que cette somme correspond à des livraisons d'essence et de gasoil effectuées au profit du lamido-maire de Poli. Le remboursement a été conditionné par la démission d'Ibrahima Alim du MRC, ce que ce dernier a catégoriquement refusé.
Les avocats mandatés par le MRC ont engagé plusieurs procédures judiciaires. Ils réclament la libération immédiate de leur militant et annoncent avoir déposé une plainte pour des faits qu'ils qualifient notamment de chantage politique et d'escroquerie, afin d'obtenir le remboursement des 3,5 millions de francs CFA réclamés.
Avant son arrestation, Ibrahima Alim a confié à son entourage avoir été averti, dès le 30 avril 2026, par plusieurs connaissances proches du RDPC, qu'il ferait prochainement l'objet d'une interpellation sur la base d'accusations qu'il jugeait infondées. Son téléphone a été saisi dès son arrestation.
Cette affaire intervient dans un contexte où les rapports entre pouvoir et opposition demeurent particulièrement tendus au Cameroun. Plusieurs organisations politiques et de défense des droits humains dénoncent régulièrement des arrestations qu'elles considèrent comme politiquement motivées, tandis que les autorités rappellent, de leur côté, que toute procédure judiciaire relève de l'application de la loi.