Il avait quitté le Cameroun en décembre dernier dans un silence assourdissant, emportant avec lui une réputation aussi abîmée que ses valises étaient légères. Voilà que Marc Brys, l'ancien sélectionneur des Lions Indomptables, refait surface sur la scène footballistique africaine. Selon nos informations, le technicien belge est en discussions très avancées avec la Fédération Ghanéenne de Football (GFA) pour prendre en main les Black Stars du Ghana — quatre fois champions d'Afrique, cinq fois mondialistes, quart de finaliste en 2010 et qualifiés pour la Coupe du Monde 2026. Une opportunité en or pour un homme dont le parcours, avant le Cameroun, ne justifiait objectivement aucune des ambitions qu'il affiche aujourd'hui.
Soyons honnêtes sur ce que Marc Brys était avant de poser ses valises à Yaoundé : un entraîneur du ventre mou du football européen, inconnu au bataillon des grands techniciens du continent africain. Ses étapes en Belgique — OHL, Beerschot, Westerlo — n'ont laissé aucune trace dans les annales du football mondial. Pas de titre majeur, pas de parcours européen remarquable, pas de qualification historique à son actif.
C'est le Cameroun qui l'a fabriqué. C'est sous le maillot des Lions Indomptables qu'il a accédé à une visibilité internationale qu'il n'aurait jamais obtenue dans les divisions intermédiaires du football belge. La FECAFOOT, sous la présidence de Samuel Eto'o, lui avait offert l'une des sélections les plus mythiques du continent — cinq fois championne d'Afrique, pourvoyeuse de stars mondiales. Un cadeau immense pour un homme dont le CV ne plaidait pas particulièrement en sa faveur.
Un départ honteux, un manque de professionnalisme flagrant
Mais Marc Brys a choisi de mordre la main qui l'avait nourri. Son départ du Cameroun en décembre dernier a été le révélateur d'un manque de professionnalisme criant à l'égard des responsables de la FECAFOOT et en particulier de Samuel Eto'o, le président de la fédération camerounaise. Selon nos informations, le technicien belge n'a pas jugé utile de respecter les usages élémentaires qui s'imposent à tout professionnel digne de ce nom : des explications claires, une transition organisée, un respect minimal des institutions qui lui avaient fait confiance.
Partir dans un «contexte pour le moins tumultueux» — comme le concèdent pudiquement certaines sources — c'est peu dire. Brys a claqué la porte dans des conditions qui ont profondément blessé les responsables du football camerounais, laissant une sélection en plein chantier, à quelques mois d'échéances importantes. Un acte d'une légèreté déconcertante de la part d'un homme qui doit tout, ou presque, à ce pays.
Après quelques mois de silence calculé, Marc Brys est donc de retour dans le jeu africain. Et quelle entrée. La GFA vient d'évincer Otto Addo de son poste — à seulement 72 jours de la Coupe du Monde 2026 — et cherche en urgence un successeur capable de préparer une équipe compétitive pour l'échéance planétaire. Parmi les noms en lice — Hervé Renard, Tom Saintfiet, James Kwesi Appiah — c'est selon nos sources le Belge qui se trouve en pôle position, ses représentants étant engagés dans des discussions à un stade très avancé avec la fédération ghanéenne.
La conclusion du deal ne tiendrait plus qu'à quelques conditions posées par le technicien lui-même — une audace qui surprend, venant d'un homme dont le dernier poste s'est terminé en eau de boudin. Brys, visiblement, n'a pas perdu sa capacité à négocier, même quand la morale voudrait un peu d'humilité.
Pour les observateurs du football africain, cette piste soulève des interrogations légitimes. Le Ghana, nation quatre fois sacrée sur le continent, mérite-t-il un entraîneur dont le seul fait d'armes notable reste une expérience camerounaise avortée dans la douleur ? À 72 jours d'une Coupe du Monde, la GFA n'a sans doute pas le luxe de la sélectivité. L'urgence prime. Et c'est précisément ce contexte de précipitation que Marc Brys entend exploiter pour se refaire une virginité sportive qu'il a largement entamée lors de son passage calamiteux au Cameroun.
Une chose est certaine : si le deal se concrétise, le Belge devra faire preuve d'une rigueur et d'un professionnalisme qu'il n'a pas toujours su démontrer. Le Ghana, lui, n'oubliera pas aussi facilement que le Cameroun.