Maurice Aurélien Sosso : « Je n’ai jamais perdu un patient sur une table d’opération »

Sosso Aurelien Maurice   Ministre Image illustrative

Mon, 7 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Dans un entretien accordé à l’émission L’Arène sur Canal 2, le Professeur Maurice Aurélien Sosso, ancien recteur de l’Université de Yaoundé I, s’est livré sans détour sur son parcours, sa rigueur médicale et les défis de sa gestion à la tête de la plus grande université camerounaise. Médecin de formation et chirurgien de renom, il a tenu à rappeler les principes qui ont toujours guidé sa pratique médicale.

« Je n’ai jamais perdu un patient sur une table d’opération » : le serment du chirurgien minutieux

Pour le Pr Sosso, la réussite d’une intervention chirurgicale ne doit rien au hasard. Elle est le fruit d’une préparation rigoureuse et d’une méticulosité sans faille. C’est sur ce principe qu’il a bâti sa carrière de chirurgien. « Je n’ai jamais perdu un patient sur une table d’opération. Pourquoi ? Parce que je suis minutieux, je suis précautionneux », a-t-il affirmé avec conviction[citation:fondamental]. Il insiste sur une étape qu’il juge cruciale : la consultation préopératoire. « Je ne peux pas opérer un malade sans qu'il n'y ait une visite avant, c'est-à-dire que l'anesthésiste vient le voir pour savoir s'il n'a pas d'autres maladies qui peuvent compliquer une intervention. » Cette approche, centrée sur la sécurité du patient, témoigne d’une exigence professionnelle qui a marqué sa carrière.

Son engagement pour le service public a débuté très tôt. « J'intègre la fonction publique en 1980 (à l'âge de 25 ans). On m'affecte à Mora, comme médecin chef. Je transforme l'hôpital de Mora en un véritable hôpital d'arrondissement », se souvient-il[citation:fondamental]. Cette capacité à transformer un établissement en difficulté annonçait déjà son futur rôle de gestionnaire. À la tête de l’Université de Yaoundé I, il a été confronté à un tout autre défi, non plus sanitaire mais budgétaire. Interrogé sur son « séjour en tant que recteur » et la satisfaction qu’il en retire « du point de vue du management de la ressource humaine et structurel », il a usé d’une métaphore pour évoquer les contraintes financières. « Si on vous demande d'aller à Mbalmayo, et vous savez que le voyage coûte 1000F, mais on vous donne 20F pour y aller et on vient vous demander si vous avez été satisfait du voyage, qu'est-ce que vous diriez ? Les problèmes de l'université c'est aussi les problèmes de financement », a-t-il expliqué, soulignant les difficultés à mener à bien sa mission avec des moyens limités[citation:fondamental].

Un bilan contrasté entre classements internationaux et critiques sur la gouvernance

Malgré ces difficultés budgétaires, l’ancien recteur revendique un bilan académique solide. Il se targue d’avoir hissé l’institution dans le cercle fermé des meilleures universités d’Afrique. « Quand je quittais l'université de Yaoundé 1, elle était dans le classement des meilleures universités d'Afrique », a-t-il déclaré, rappelant même ses ambitions dès sa prise de fonction en 2012[citation:fondamental]. En effet, les classements internationaux, notamment celui de US News & World Report, ont régulièrement placé l’Université de Yaoundé I comme la meilleure d’Afrique francophone subsaharienne durant son magistère. Cependant, ce bilan est controversé. La gestion du Pr Sosso a également été émaillée de conflits et d’accusations. Plusieurs affaires, notamment un contentieux l’opposant au Dr Ndock Ndock pour des questions de réintégration et de promotion, ont défrayé la chronique, alimentant les critiques sur son style de management perçu comme autoritaire par certains. Une autre affaire concernant l’annulation d’un doctorat, pour laquelle il avait été poursuivi pour abus de fonction, a finalement été classée, la justice n’ayant pas retenu de charges suffisantes contre lui.

L’intervention du Pr Maurice Aurélien Sosso dans L’Arène dresse le portrait d’un homme à la carrière double : un chirurgien dont la rigueur est son fer de lance et un administrateur qui, entre succès académiques et controverses de gestion, a marqué de son empreinte l’Université de Yaoundé I.

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