Ancien commandant redouté de l’ADF, le Général Sniper – de son vrai nom Yannick – occupait le troisième échelon de la hiérarchie rebelle ambazonienne. Mais son parcours bascule lorsqu’un acteur clé affirme l’avoir convaincu de déposer les armes au nom de l’unité nationale. Dans un témoignage exclusif, ce médiateur révèle avoir personnellement négocié la libération de la sénatrice Regina Mundi, enlevée par les séparatistes, et dénonce des pressions venues de la hiérarchie, notamment des instructions attribuées à Ferdinand Ngoh Ngoh pour son exécution. Une histoire de paix, de trahison et de survie, qui éclaire d’un jour nouveau les dessous de la crise anglophone au Cameroun.
Voici le Général Sniper. Certaines personnes l’appellent Logro, mais son véritable prénom est Yannick. Cet homme était l’un des combattants ambazoniens les plus redoutés au sein de l’ADF. Il occupait la troisième position dans la chaîne de commandement : après le Général Ivo venait le Général Efang, et après le Général Efang venait lui. On l’appelait « Général Sniper », parce que, disait-on, il ne manquait pas sa cible et accomplissait toujours les missions qui lui étaient confiées.
Si je commence à vous raconter toute son histoire et tout ce qu’il a fait, 2027 nous trouvera encore ici sans que j’aie terminé. Mais grâce à Dieu, qui s’est servi de moi pour lui parler, j’ai réussi à le convaincre de sortir de cette situation et d’embrasser la vision d’un Cameroun uni et indivisible, au nom de la paix, de la justice, de l’unité et du développement de notre cher pays, le Cameroun.
Mais ce n’est même pas là l’essentiel de l’histoire.
Cet homme faisait partie de ceux qui détenaient la sénatrice Regina Mundi lorsqu’elle avait été enlevée par des combattants ambazoniens. Selon les informations dont je disposais à l’époque, Ferdinand Ngoh Ngoh aurait, par l’intermédiaire de la hiérarchie concernée, donné des instructions visant à faire exécuter la sénatrice. J’étais au courant de ce qui se passait.
J’ai appelé ce jeune homme. J’ai parlé à sa conscience. Je l’ai supplié. Je lui ai expliqué pourquoi il ne devait pas tuer cette femme : elle était une mère, une grand-mère, une femme, une mère de l’humanité, et rien ne justifiait qu’on lui ôte la vie. Il subissait énormément de pression et se trouvait face à un véritable dilemme.
À la suite de nos échanges, nous avons élaboré un plan. Il a organisé l’évasion et la libération de la sénatrice Regina Mundi de manière à donner l’impression que son camp avait été attaqué et que, dans la confusion, il avait dû prendre la fuite, permettant ainsi à la sénatrice d’être libérée puis récupérée.
C’est cette version que beaucoup de personnes connaissent. Mais je soutiens que j’étais personnellement intervenu auprès de ce jeune homme afin d’obtenir la libération de la sénatrice.
Je soutiens également qu’après la libération de cette femme, et parce qu’elle n’avait pas été exécutée, Ferdinand Ngoh Ngoh était furieux et qu’un projet visant à éliminer ce jeune homme aurait ensuite été mis en place avec certains éléments de l’ADF.
Lorsque sa propre vie s’est retrouvée en danger, je l’ai invité à venir me rencontrer. Il est venu me voir, comme vous pouvez le constater dans cette vidéo. Je lui ai dit : « Il faut arrêter ce combat. Le moment est venu d’embrasser définitivement la paix. »
Il a accepté. Il a choisi la paix et un Cameroun uni et indivisible. Aujourd’hui, il est fier de travailler en collaboration avec moi pour la paix et l’unité du Cameroun, particulièrement dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Voilà pourquoi, lorsque je parle de Ferdinand Ngoh Ngoh, je parle de faits et d’informations dont j’affirme avoir eu directement connaissance. Je ne parle pas sur la base de simples suppositions.